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Disques

Heimat – Zwei

Après cinq ans d’absence, Armelle Oberlé et Olivier Demeaux, en vacances de The Dreams et Cheveu, reviennent en duo avec Heimat. Ce “Zwei” enfonce le clou d’une cold wave occulte au raffinement inespéré.

Certains artistes français auraient-ils voulu récemment construire une œuvre musicale en concassant différentes langues sur leurs derniers disques ? L’écoute de “Innéisme” de My Jazzy Child, “De Mòrt Viva” de Sourdure ou aujourd’hui “Zwei” de Heimat donne l’impression d’une envie de manipuler la parole avec des synthétiseurs pour créer une musique à la fois électronique et régionale. Heimat, c’est le duo formé par Armelle Oberlé – on ne recommandera jamais assez de réécouter “Morbido” de The Dreams, où elle officie également – et Olivier Demeaux, qui joue dans Cheveu.

Si le chant d’Armelle Oberlé invoque par instant le fantôme ténébreux de Nico, et que “Deine Frau” rappelle quelques moments particulièrement désolés de “Desertshore”, c’est pour mieux s’en abstraire par un trip sombre dans une campagne européenne orchestré par Olivier Demaux. Les percussions martiales de “Ita”, les rythmiques à la fois chaloupées et nonchalantes de “Unterwegs”, l’eurodance polyglotte pleine de basses compressées de “Tu Médio” sont comme les étapes d’un voyage entre Strasbourg et Cologne, avec un gros détour par Turin.

Les deux plages instrumentales que sont “Kavèrgnié” et “La Colline” constituent des intermèdes à la fois salvateurs et, paradoxalement, inquiétants. Leurs ambiances hypnotiques sont construites à partir de quelques petits détails, là un sample déformé, ici une basse fatiguée et un arpège de guitare, et elles donnent furieusement envie de retrouver ces documents sonores sur un disque solo d’Olivier Demeaux. Une étrange respiration au milieu de ces trente minutes qui se terminent en apothéose avec un “Die !”, dont on cherche encore la traduction, porté par la voix explosive d’Armelle Oberlé.

Derrière les boucles entêtantes de ce “Zwei” sorti sur le label Teenage Menopause, Heimat raconte des histoires de ce début de siècle torturé pendant environ 30 minutes et onze morceaux. Accueillons-les sans attendre.

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