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Sur la platine de Roseland

Autrice l’automne dernier d’un troisième album, “Beyond the Usual”, la Bordelaise Emeline Marceau, aka Roseland, réussit mieux que jamais la synthèse entre aspirations pop et folk, énergie rock et un côté plus éthéré. Elle donne ainsi vie à onze chansons, composées entre 2021 et 2023, période où le monde s’est rouvert et durant laquelle la musicienne a aussi eu une fille, ce qui a amené son lot d’émotions, mises en musique avec brio. On vous met bien évidemment le lien d’écoute en bas de cet article, mais on vous propose de découvrir une partie de l’univers de Roseland via sa sélection de quelques morceaux qui comptent pour elle, et qui tracent en creux un parfait aperçu des influences qui irriguent sa musique !


Adrianne Lenker – Anything (live)

Je suis une grosse fan de Big Thief, le groupe d’Adrianne Lenker. Elle fait partie des artistes qui m’ont le plus touchée et inspirée ces dernières années. Elle dégage quelque chose de très mélancolique, lumineux, sincère et poétique en même temps ; elle chante divinement bien et ses arpèges et ses harmonies sont toujours des orfèvreries pour moi ! A l’image de ce morceau, qui me touche beaucoup par son minimalisme et sa mélodie en dentelle.


Sorry – Life in This Body

Je suivais un peu le groupe sur ces premiers albums, mais sur “Cosplay”, le dernier en date, j’ai vraiment accroché. J’aime bien leur côté pop un peu bricolé dans l’écriture et les mélodies, mais aussi leurs arrangements parfois assez tranchés. Dans cette chanson, il y a un côté très brut qui me touche. L’émotion qui se dégage de cette guitare acoustique, des paroles, du chant assez fragile, et de toute la tension qui monte sur la fin, avec ces cordes en clair-obscur, tout ça me porte assez loin.


Mk.Gee  – Alesis

J’ai découvert ce guitariste il y a quelques mois. Au départ, je trouvais sa musique assez alambiquée et ça ne me touchait pas trop, mais j’avais toujours envie d’y revenir car il avait un son qui me rappelait des textures eighties assez cool, avec  – en plus – une approche plutôt moderne. Son chant, qui me fait parfois penser à celui de Sting, et surtout, son jeu de guitare si particulier, très délicat et dynamique, ont quelque chose d’assez original. On ne sait jamais trop ce qu’on entend dans sa musique, si c’est de la guitare, du synthé, ou les deux… En live, il me semble qu’il utilise un VG-8, vieux pédalier des années 90 avec une sorte de capteur monté sur sa guitare, qui lui permet de générer des sons un peu synthétiques. Bref, il a une vraie patte artistique et un sens assez poussé de la prod aussi ! Sur cette chanson, j’adore sa voix, qui est toujours un peu à la limite de “casser”.


The War On Drugs – I Don’t Wanna Wait

Leur dernier album, “I Don’t Live Here Anymore”, sorti en 2021, fait partie des disques que j’ai le plus écoutés ces dernières années. Quand je me suis lancée dans l’écriture de mon troisième album, je me suis certainement dit que je voulais faire un truc dans leur style : des morceaux entraînants, des mélodies accrocheuses, baignés par une prod assez léchée. Tout me plaît dans cette chanson : le chant, qui me rappelle certains traits de Peter Gabriel ; le refrain, ultra-mélodique et lumineux, qui sonne très  “classic rock” ; et son solo de guitare qui décolle. Elle a vraiment un truc tubesque, immédiat, qui peut paraître, certes, un peu cliché, mais tellement bien fait. Je l’avoue, c’est un peu mon “plaisir coupable”. 


Saya Gray – Thus Is Why (I Don’t Spring 4 Love)

Cette musicienne est un peu un ovni. Elle peut faire des chansons assez barrées en termes de production et de songwriting, tout en les abordant parfois comme des folk songs universelles. Je ne cerne pas bien qui elle est et sa musique est un peu inclassable. J’y vois un peu comme des collages d’émotions, de sensations, d’états d’esprit…, mais c’est ce que j’aime finalement chez elle : son aspect à la fois intime et grand, son caractère imprenable, hors normes, à l’image de ce titre de folk électronique qui m’a accompagné tout l’automne dernier. 


Sharon Van Etten & The Attachment Theory – Idiot Box

J’ai toujours aimé les disques de Sharon Van Etten, et elle se renouvelle un peu à chaque sortie. Son dernier album a été composé en groupe, et sur cette chanson, il y a ce côté un peu cold wave, très droit, qui m’attire ; j’adore les lignes de basse et de guitare qui fondent toute la mélodie et son côté assez minimaliste et efficace. Et puis, c’est quand même une meuf qui a une sacrée puissance vocale et un vrai pouvoir d’interprétation.


Porridge Radio – The Rip

C’est sûrement le groupe anglais que j’ai le plus aimé ces dernières années. C’est assez rare de trouver une musique aussi sincère et intense dans le folk-rock d’aujourd’hui. Ce titre est plein de sensibilité, d’intensité et de fougue. Avec son synthé un peu froid et son chant qui exulte à la fin, il y a une vraie émotion qui se dégage. J’ai l’impression que la chanteuse va sortir de son corps et ça me fout les poils ! 


Rosalia – Divinize

Je ne suis pas une grande fan de Rosalia, mais ce morceau est vraiment hyper bien. Au-delà de sa mélodie au piano, elle me touche par ses arrangements qui savent vraiment la mettre en avant ! Il y a des cordes, des percus, des synthés qui lui donnent beaucoup de relief, de dynamisme, d’efficacité et d’intensité. Et puis, Rosalia m’épate par sa voix, haut perchée, qui me rappelle un peu FKA Twigs sur “Cellophane”.


Aldous Harding – The Barrel

J’adore ce morceau pour sa mélodie assez douce, ses arrangements folk vintage, sa basse un peu groovy et son refrain pop, lumineux et chaleureux. Je trouve qu’il a un côté un peu “comptine pour grands” qui me rassure quand je l’écoute. Il n’a rien de grandiloquent, tout est simple, à sa place, rythmé et lumineux, bien fait.  Et le clip est un peu déjanté !


Deftones – My Mind Is a Mountain

Je n’écoute plus de metal depuis au moins dix ans mais quand j’étais ado, j’étais fan des Deftones. Je ne les avais pas réécoutés depuis l’album White Pony, sorti en 2000. Mais j’ai écouté leur dernier en date, “Private Music”, et je sais ce qui me plaît dans ce groupe : il s’éloigne toujours un peu des codes du metal, finalement. Il y a toujours un côté planant dans ses chansons et même des parties presque shoegaze. Et Chino Moreno exulte comme jamais sur ce disque, et particulièrement, ce morceau, où l’on ressent une vraie urgence, pour lui, à clamer ses états d’âme.


“Beyond the Usual” est sorti le 21 novembre 2025?

Merci à Emeline et Nicolas – photo : Emeline Marceau elle-même.


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