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Track by track – “Digital Fun Zone!” de Tacoblaster

Formé autour de son leader Tom Caussade, le trio bordelais Tacoblaster est pressé. En effet, “Digital Fun Zone!”, sorti il y a peu sur les labels Les Disques du Paradis, Howlin’ Banana et Flippin’ Freaks associés pour l’ocacsion, est déjà le quatrième album du groupe. Mais tout pressés que soient ces jeunes gens, ils ont pourtant pris le temps de soigner ce disque, compact et pétri de qualités, piochant allègrement dans le punk, la pop et le garage, en restant toujours mélodique. Sous la houlette de Stéphane Gillet à la production, le son du groupe a gagné en épaisseur depuis le très bon “Royal Color” (2024), et les douze titres montrent une belle faculté à glisser là des arrangements surprenants (sur l’interlude instrumental “Outer Space” ou “Swirl Girl” et ses cuivres), et surtout toujours des mélodies hyper catchy (“Jelly Field”, “Plan B” et ses synthés, “Wendy” ou l’expéditif “Magic Dog”). Une belle variété, qui démontre un talent réel chez Tom Caussade : il a tout composé et, comme on peut le lire ci-dessous, il fait aussi preuve de maturité dans ses textes.


Certainement le morceau le plus stupide du disque. Je tenais vraiment à ce qu’il soit en première position et qu’il serve de pont entre l’album précédent (qui s’inscrit totalement dans cette esthétique surf punk lo-fi) et celui-ci. J’ai choisi le surf pour parler de ces guéguerres d’ego insupportables qu’on retrouve aussi parfois dans la musique. Je crois que c’est en regardant “Les Seigneurs de Dogtown” que l’idée m’est venue. Il y a une scène dans laquelle les personnages principaux se font casser leurs planches parce qu’ils débarquent sur le spot d’autres surfeurs, ça m’a parlé.


Pyjama, c’est un peu le beignet de fin d’aprem’ à la plage, la petite dose de sucre qui donne le smile,
ah ah. C’est rigolo parce qu’au-delà de l’esthétique surf et décontractée, c’est l’un des morceaux les
plus sincères et introspectifs que j’ai pu écrire. J’y parle de mon anxiété et de cette fâcheuse
tendance à ne pas savoir profiter du moment présent.


L’un des plus vieux morceaux de Tacoblaster ! Je l’ai composé quand j’étais encore au lycée (aïe !) et
je l’aime toujours autant. Bien sûr, les paroles et la structure ont évolué avec le temps, mais la
chanson reste la même. Je trouve qu’elle résume plutôt bien mon univers musical.


Lorsque je suis allé voir Stéphane pour lui proposer de produire le disque et lui faire écouter la dizaine
de démos que j’avais préparées, Plan B n’existait pas encore. Après quelques tasses de thé, Steph me
parle de Digital Leather et de leur album “Warm Brother”, qu’on écoute rapidement et que j’ai
immédiatement adoré. C’est devenu une mini-obsession, découvrir un·e artiste est toujours très
inspirant. J’ai eu envie de composer quelque chose de frais et c’est de là qu’est né “Plan B”.


J’ai réalisé beaucoup de démos pour ce morceau mais je tournais en rond dans ma façon de
composer, d’arranger ou de poser ma voix. J’avais développé des automatismes et je n’arrivais plus à
m’en défaire. C’est hyper frustrant mais c’est aussi ce qui m’a poussé à vouloir retravailler avec
Stéphane ! En un sens, c’est ce morceau qui est à l’origine de la création de l’album.


“Wendy”, c’est cet·te ami·e enfermé·e dans une relation toxique. Malheureusement, c’est souvent
accompagné de dépendance affective et c’est difficile de voir quelqu’un à qui on tient se perdre au
profit d’une relation idéalisée.


Quand j’étais petit, mes parents avaient un super chien qu’on a déguisé en magicien une fois (pardon,
je devais avoir 6-7 ans). J’ai encore la photo et malgré la nostalgie, ça me donne toujours le sourire
de la revoir. Je voulais lui rendre hommage au travers d’une chanson mi-fun, mi-touchante.


Je suis très (trop) nostalgique et j’essaie de moins l’être. C’est réconfortant de se remémorer de bons
souvenirs, mais ça peut aussi devenir malsain de constamment se rapporter au passé. Ceci dit,
“Toyland” fait référence à cet amour inconditionnel qu’on pouvait dédier à nos jouets quand on était
enfant. En l’occurrence, c’est le jeu “Oui-Oui” sur Game Boy Color qui me hantait au moment d’écrire
les paroles.


Là aussi, c’est une vieille chanson que j’ai écrite à la fac. J’étais en crush sur une fille qui m’intimidait
beaucoup. Durant l’enregistrement, on a fait le choix d’ajouter un troisième couplet, c’était un drôle
d’exercice de se replonger dans ce mood dans lequel j’étais à l’époque, mais j’ai enfin la sensation
d’avoir trouvé une conclusion à ce morceau. Aujourd’hui, il me paraîtrait inachevé sans lui.


C’est un clin d’œil à toutes ces chansons d’amour niaises, mais entraînantes, issues du garage rock
60’s ou même du début de carrière des Beatles.


Sans aucun doute le morceau le plus long et compliqué à enregistrer du disque. Je crois qu’il nous a
pris une semaine entière :’) Steph aime bien avoir un morceau monstrueux sur les albums qu’il
réalise, ça doit être celui-là. C’était une sorte de grosse impro stéréo, sur le thème de la liberté. La
mise en abyme est folle.


Un soir j’ai pris mon téléphone, une guitare acoustique et je suis allé me poser dehors. Il y avait encore
les bruits de la rocade qui n’est pas très loin de chez moi, mais le relatif calme de la nuit m’a inspiré
ces deux accords. Je venais de perdre ma grand-mère et je pensais beaucoup à la mort et à ces
gens couchés par terre, à attendre qu’on les visite (c’est deep, déso). J’ai fredonné un truc et le
morceau m’est venu assez naturellement pendant que j’enregistrais. C’est rare que je puisse
réécouter le moment où est créé le morceau. C’était un moment si intime que j’ai tenu à garder cette
“prise” sur le disque. J’ai superposé la basse et la batterie comme j’ai pu et on a enregistré les voix
chez Stéphane. Si on tend l’oreille, on perçoit toujours le yaourt de la démo mélangé à la guitare.


Merci à Tom Caussade et Julie.
Photo : Jean-Baptiste Laporte Fray.

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