Sorti le 6 février, “Out for Blood” marque la deuxième collaboration consécutive de Turner Cody avec le groupe The Soldiers of Love et le producteur et auteur-compositeur belge Nicolas Michaux. Et c’est (encore) une réussite. Moins de Velvet Underground, davantage de Kris Kristofferson ou de Hank Williams. Moins de New York mais davantage d’histoires dans le cœur de l’Amérique : Turner Cody a changé d’ambiance depuis qu’il s’est installé avec sa famille à Saint-Louis, Missouri. Mais sa plume poétique, mélancolique, sarcastique, s’appuie toujours sur des mélodies imparables et intemporelles, baignées de country et de modernité.
“We Need Each Other”
« J’ai commencé à écrire cette chanson à la salle de sport. J’étais en train de courir et je pensais aux différences entre comment moi, j’ai besoin de ma femme et comment elle, elle a besoin de moi. Arrivé aux paroles « I need her to get to heaven, she needs me to get to work » (« J’ai besoin d’elle pour aller au Paradis, elle a besoin de moi pour aller au boulot”), j’ai trouvé ça malin mais je ne pensais pas écrire toute la chanson. Mais d’autres paroles n’arrêtaient pas de surgir de mon esprit et avant que je m’en rende compte, je l’avais finie. À l’origine, je voulais que ce soit juste un titre acoustique, en solo. Mais mon producteur Nicolas Michaux l’a écouté et a pensé qu’elle pourrait être top avec le groupe. Nous la jouons tous les soirs sur scène et elle déchire à chaque fois. »
“Recognize a Friend”
« Cette chanson me trottait dans la tête depuis longtemps, mais je n’y pensais pas trop. Elle parle juste de cette sensation que les temps changent et qu’on vieillit. Je pensais que ce pourrait être un titre phare sur un album acoustique. Mais une fois encore, Nicolas Michaux y a vu et entendu quelque chose d’autre. Il a suggéré un petit changement dans la structure d’accords qui, d’une certaine façon, rend la chanson beaucoup plus « catchy ». Peut-être même la chanson la plus « catchy » que j’ai jamais enregistrée ! J’adore le clip que mes amis Cam Kennedy et Ben Chace ont réalisé à l’époque où nous étions tous à la Nouvelle-Orléans avec les Soldiers of Love. »
“Cigarettes Inside”
« Il s’agit de la seule chanson que j’ai jamais écrite inspirée entièrement d’une expérience personnelle. Elle parle du dernier concert que j’ai joué avant la Covid, à Nashville, avec mes amis James Levy et Joe Beltram. Il n’y avait personne, c’était tellement triste. Mais la soirée fut sauvée quand nous avons trouvé un bar qui nous a autorisés à fumer à l’intérieur. Ça m’a rappelé le bon vieux temps à New York ou Paris où vous n’aviez pas à sortir pour fumer une clope. D’une certaine façon, cela a rendu la nuit moins pénible. Et ce sont ces petits moments qui font que la vie vaut d’être vécu. Et pourtant, fumer c’est mauvais. »
“Out for Blood”
« On aime bien faire ces chansons un peu groovy en mode mineur avec les Soldiers of Love. Sur notre précédent disque, nous avions une chanson similaire, “Lonely Days in Hollywood”. Pendant des années, j’ai voulu écrire cette chanson parce je trouvais que “Out for Blood” ferait un très bon titre d’album ! Voilà un exemple de chanson où le rythme est complètement différent de ce que j’avais imaginé au départ. Je ne suis pas un compositeur tellement « groovy », mais les Soldiers of Love font ressortir quelque chose de moi. Ce ne parle pas vraiment à propos de la fin du monde… mais si, en quelque sorte ! »
“Particular Poison”
« J’ai écrit cette chanson en France, à Colmar. C’est un peu philosophique, ça parle de comment j’ai appris à appréhender la vie. Le fardeau de ma génération, ça pourrait être la frustration, comment gérer les espérances, les attentes non assouvies. Mais la vie ne doit pas être une déception : prends le temps de prendre conscience de ce que tu as, au lieu de bloquer sur ce que tu n’as pas. C’est un cliché mais c’est vrai ! »

“Delmar Avenue”
« J’ai écrit cette chanson quand je vivais à Saint-Louis, sur Delmar Boulevard. Ils appellent cela un boulevard mais c’est plutôt une avenue (« avenue » fait plutôt référence à une rue chez nos amis américains, NDLR). En plus, « avenue » est une super rime pour une chanson. J’adore Saint-Louis. C’est une ville américaine unique, elle me manque beaucoup. Cette chanson est un scénario imaginaire où je suis un loser. »
“Drinking in the Land of Lincoln”
« L’Illinois est appelé “la terre de Lincoln”, en référence à Abraham. C’est écrit sur les plaques d’immatriculation de l’Illinois ; j’ai vu ça sur l’autoroute et décidé d’écrire ce titre. Ce n’est pas une vraie chanson, mais c’est vrai que c’est quand même une chanson ! Je l’ai écrite comme un titre de pure country mais j’adore la version soul et groove à laquelle nous sommes arrivés sur l’album. Quelqu’un m’a dit un jour qu’il n’y avait aucun bar dans la ville de Cairo dans l’Illinois. J’ai cherché sur Google : eh bien, c’est faux,
il y en a ! »
“My Song on the Radio”
« J’imaginais écrire une chanson pour la chanteuse de country Margo Price alors que j’allais chez l’épicier avec mon fils. J’avais trouvé quelques jolies rimes avec le mot « road », mais j’ai laissé tomber. Puis en rentrant chez nous, j’ai découvert le mot « mustachioed » et je me suis dit que je devais la terminer ! Ce titre est vraiment top à jouer en concert. Sur la tournée avec Adam Green, on ouvre le set avec. »
“Pay for Being Free”
« Hank Williams disait : « Dieu écrit les chansons, moi je tiens le stylo ». C’est ce que j’ai ressenti avec ce titre. Les mots sont juste apparus. J’adore les arrangements de trompette mexicaine que Nicolas Michaux a écrits et qu’a joués Paxton Marler quand on a mixé les pistes son dans le studio de mon ami Morgan Orion à La Nouvelle-Orléans. »
“The Walls Are Closing In”
« C’est peut-être la plus belle chanson que j’ai jamais écrite et que je n’écrirai jamais. Ma mère dit que mes chansons sont trop tristes. Mais la vie est triste ! »
“Evening Prayer”
« J’ai écrit ce titre alors que j’avais la gueule de bois dans mon appartement de Saint-Louis. J’aime bien me balader quand j’ai la gueule de bois. J’ai donc commencé cette chanson en marchant et je l’ai finie en rentrant, en regardant par la fenêtre Delmar Boulevard et le Blueberry Hill, le bar restaurant où Chuck Berry jouait une fois par mois. »
Turner Cody, “Out for Blood” (Capitane Records / Modulor Records).
