Les quatre jeunes Mancuniens de Westside Cowboy entrent par la grande porte du rock anglais avec leur premier album, plein d’une musique trépidante et incroyablement bienfaitrice.
Une réelle montée d’excitation se présente dès le départ, dès les premières secondes. Notre cœur, lui aussi, bat de plus en plus vite. On est pris dans un rythme trépidant nous faisant nous sentir vivant comme rarement. Avec “Kick Stones (The Boys)”, un single écouté un nombre incalculable de fois depuis sa sortie en mai dernier, et qui ne nous a jamais lassés, jamais rassasiés, Westside Cowboy a frappé fort pour ouvrir son premier album. Une chanson que l’on n’est pas près d’oublier, œuvre d’un quatuor mancunien formé en 2023. Trois des quatre membres du groupe se sont rencontrés au Royal Northern College of Music de Manchester quand le quatrième, le chanteur principal Jimmy Bradbury, travaillait chez Johnny Roadhouse Music, le magasin d’instruments de Manchester qui, depuis 1955, a pu avoir comme clients Paul McCartney ou Noel Gallagher. Échaudés par leurs précédentes expériences dans des groupes, les quatre jeunes gens se sont rapidement mis d’accord pour concevoir une musique aussi simple et directe que possible. La preuve en a été les deux EP qu’ils ont sortis l’année dernière et cette année, véritables concentrés de fougue électrique parfaitement maîtrisée.
Après la sortie de ces deux disques, ils ont investi les Greenmount Studios de Leeds pour, avec le producteur Loren Humphrey (Tame Impala, Geese, etc.), enregistrer leur premier album. Un premier album à l’écoute duquel il est complètement impossible de tenir en place tant il s’avère incroyablement stimulant et vivifiant, les quatre musiciens étant eux-mêmes débordants d’énergie. Il est possible de l’entendre dès “Paper Chains”, la seconde chanson du disque, qui démarre pied au plancher, fait secouer la tête immédiatement et procure un bien fou par son énergie communicative.
Sur ce premier opus, les jeunes Mancuniens pratiquent une musique entraînante et souvent portée vers l’avant, avec ses montées en puissance progressives ou ses brusques changements de rythme menant par le bout du nez et mettant notre cœur à l’unisson. Qu’il s’agisse de “Well Done Kid You Did It” qui donne envie de chanter avec eux ou de “Worried Age” avec son rythme rapide provoquant presque le tournis, les titres qui se succèdent ici produisent une intense excitation, le groupe révélant un don pour les singles accrocheurs tels que “Pin Up Boys” et son refrain fédérateur mais jamais racoleur.
Mais Westside Cowboy est aussi capable de calmer le jeu, de varier les ambiances et de finalement montrer l’étendue de son talent, que ce soit au travers d’une ballade aux chœurs mélodieux (“Big Wheels”), d’un morceau presque slowcore (“Patchwork”) ou d’un folk décharné à la Will Oldham (“Take My Leaving As I Love You”). Les compositions tiennent ainsi vraiment la route et embarquent avec aisance l’auditeur, et cela jusqu’au bout avec le conclusif et plus animé “You Could Have Died There On The Dancefloor” qui clôt admirablement ce premier album.
Manchester, matrice apparemment infinie pour le rock anglais, semble donc accoucher encore une fois d’un brillant nouveau groupe avec Westside Cowboy et sa musique trépidante, source de fréquentes palpitations bienfaitrices. Il faut dire que chaque écoute de leur premier long format est comme la première, d’une fraîcheur et d’une intensité intactes. Bref, un rock haletant comme pouvaient le pratiquer Bloc Party ou les Arctic Monkeys une vingtaine d’années plus tôt. On ne peut d’ailleurs que leur souhaiter d’avoir au moins autant de succès et de réussite que les seconds cités. Pour l’instant, ils sont bien partis.
