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ANDREW
BIRD - Noble Beast
(Fat
Possum) [site]
- acheter
ce disque
Inutile
d'essayer de recenser la prolifique discographie d'Andrew
Bird. Entre les albums studio et les lives (dont la série
des "Fingerlings"), on atteint au moins la quinzaine,
déjà. Et voilà que l'Américain
nous sort l'édition limitée ET l'édition
Deluxe, de son nouvel album – cette dernière
nous gratifie d'un CD supplémentaire d'instrumentaux.
Bien, on a compris qu'Andrew Bird était un multi-instrumentiste
hors pair (surtout depuis "The Mysterious Production
of Eggs") et un mélodiste doué (surtout
depuis "Weather Systems"). C'est en gros ce que
vient confirmer le deuxième disque de l'édition
Deluxe, intitulé "Useless Creatures". On
est en droit de se demander quel degré d'ironie est
contenu dans ce sous-titre, tant ces neuf créatures
inutiles participent tantôt de l'anecdotique, tantôt
de la démonstration de virtuosité semi-improvisée
à la loop station – globalement les longues dérives
instrumentales s'écoutent d'une oreille, sans déplaisir,
mais sans émerveillement ; il faut croire que l'absence
de la voix magistrale de Bird se fait ressentir.
Ce qui nous intéresse ici,
c'est bien "Noble Beast", ses douze titres et
ses deux interludes. Et à cet égard, l'élégance
toute British du gentleman farmer de la pop se voit à
nouveau confirmée. Attention, pas confirmée
comme "Armchair Apocrypha" avait confirmé
le précédent album, à grands renforts
de virtuosité déchaînée : Bird
use moins de la déflagration sonore ; point de "Nervous
Tic Motion of the Head to the Left" sur "Noble
Beast", ni de boucles développées à
l'envi. Il revient ici aux fondamentaux qui font de lui
un artiste important : les arrangements mélodiques
; et ceux-ci sont empreints d'une telle légèreté,
d'une telle inventivité aussi, que l'album s'autorise
à ne déployer que des recettes déjà
largement éprouvées sur les précédents
albums ; c'est ainsi qu'un coup d'archet par-ci, une trille
sifflée par-là, viennent régulièrement
ponctuer les morceaux, tandis que des guitares un peu plus
nerveuses, des rythmiques denses à tendance électro
("Not a Robot, But a Ghost") réveillent
subtilement la fin de l'album, évoquant même
une pop rock lyrique à la Radiohead des débuts,
eh oui.
On aurait pu craindre, après une carrière
aussi dense, qu'Andrew Bird nous laisse admiratifs, tout
respectueux de sa virtuosité, mais quelque peu résignés
sur sa capacité à nous émerveiller
encore – sentiment paradoxal que m'avait laissé
son dernier concert lillois. A l'écoute de "Oh
No", ballade folk pop introductive dont on se demande
si c'est l'évidence ou la complexité qui est
la plus prégnante, on a clairement à faire
à un tube de sunshine pop, à la "Mellow
Yellow". Bonheur suprême : tout l'album est du
même tonneau, à la fois apaisé et énergique,
alternant dense légèreté et gravité
éthérée, tout traversé qu'il
est de fulgurances mélodiques - notamment de virages
en mineur superbement mis en valeur par leur rareté
même. Les ballades amples ("Souverian")
succèdent aux morceaux de bravoure rock ("Anonimal"),
dans une unité de style, et de maîtrise, plus
que de ton. C'est sans doute ce que l'on appelle l'inspiration.
D'aucuns pourraient qualifier ce "Noble Beast"
de variations sur le même thème, ou sur le
même style – celui qui a fait la réputation
de l'Américain - mais force est d'avouer qu'Andrew
Bird est passé tellement maître en son domaine
qu'il laisse l'auditeur comblé.
David Dufeu
A lire également, sur Andrew Bird :
la chronique de "Armchair
Apocrypha" (2007)
la chronique de "And
the Mysterious Production of Eggs" (2005)
Noble Beast
Oh No
Masterswarm
Fitz and the Dizzyspells
Effigy
Tenuousness
Nomenclature
Ouo
Not a Robot, But a Ghost
Unfolding Fans
Anonanimal
Natural Disaster
The Privateers
Souverian
On Ho
Deluxe edition bonus
disc
Master Sigh
You Woke Me Up!
Nyatiti
The Barn Tapes
Carrion Suite
Spinney
Dissent
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Sigh Master
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