Aquaserge - Ce très cher Serge

27/04/2010, par Rémi Mistry | Albums |
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AQUASERGE - Ce Très Cher Serge
(Manimal Vinyl / Differ-Ant) [site] - acheter ce disque

AQUASERGE - Ce Très Cher SergeLa première fois qu'on entendit parler d'Aquaserge, c'est un soir de juin 2008 sur la scène de l'Européen lors d'un show très improvisé mais néanmoins réjouissant de Bertrand Burgalat. Le grand manitou de la pop française avait rencontré la joyeuse troupe quelques semaines auparavant, leur avait proposé de l'accompagner sur scène au pied levé dans la foulée de la sortie de son album "Chéri B.B". Pas bégueules, les musiciens avaient dû mémoriser la set list en quelques jours pour, le soir même, exécuter avec une aisance certaine les structures musicales complexes et les canevas harmoniques vicieux du fondateur de Tricatel. Preuve en était que ces gars-là en avaient sous le capot.
On se demandait alors d'où pouvaient bien venir ces gaillards. Recherche effectuée (si deux clics sur Google peuvent encore être appelés une recherche), on retrouva leur trace du côté de Toulouse où une scène indie-pop émergeait depuis le début des années 2000 avec pour dénominateur commun le collectif de musiciens, graphistes et réalisateurs Maison Drôle et un "melo dramatic French pop band" baptisé Hyperclean. De la bouillonnante galaxie Hyperclean se sont extraits les très katerinesques Momotte, Lecube et son folk délicat et donc Aquaserge, projet emmené par Julien Gasc, Benjamin Glibert et Audrey Ginestet.
Pour son troisième opus, le groupe a plongé dans ses abîmes fétiches en convoquant son personnage récurrent : le capitaine Serge, créateur déjanté d'un sous-marin cigare parcourant inlassablement les mondes engloutis après un raz-de-marée fatal à notre bonne vieille Terre. Le ton est donné, les climats installés, les Aquaserge peuvent ainsi se laisser aller à cinq plages psychédéliques, mêlant allégrement rock progressif, free-jazz et krautrock. "Visions" renvoie immanquablement au "Sea Song" de sa majesté Robert Wyatt, "Retrouvailles" à du Stereolab sans bouée de sauvetage, "Un soir de tempête" au tandem Gainsbourg / Vannier de "Melody Nelson". On pense aussi à Barrett, Zappa, Hendrix et aux ambiances subaquatiques imaginées par François de Roubaix pour le documentaire de Cousteau "Voyage au bout du monde - L'Antarctique". A noter que ces expérimentations sonores toujours à la limite de la pop bénéficient de parties de guitare de Makoto Kawabata, membre fondateur d'Acid Mother Temple, et d'une dimension chorale et orchestrale nouvelle (cordes, cuivres, bois). Les auditeurs les plus nerveux et "droits dans leur botte" s'ennuieront ferme, ne comprenant pas bien dans quelles mers l'équipage veut les conduire, tandis que les plus rêveurs et fantasques y verront là une brillante tentative de continuité des grands albums concepts hérités des sixties. "Bienvenue à bord camarades, pénétrez dans l'aquaserge".

Rémi Mistry

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La Genèse
Un soir de tempête
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