BJ Nilsen - The Short Night

16/01/2008, par Cyril Lacaud | Albums |
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BJ NILSEN - The Short Night
(Touch / La Baleine) [site] - acheter ce disque

BJ NILSEN - The Short NightAussi bien connu sous l'appellation Hazard que sous son propre nom, le Suédois BJ Nilsen fait parti avec Mika Vainio, Deathprod et Biosphere pour ne citer que les représentants les plus connus, de cette fameuse école nordique des musiques électroniques. Déjà rien qu'en écrivant cela, on a une petite idée de ce qu'on va écouter : sons analogiques et approche musicale très cérébrale, limite austère. Bien entendu le Suédois ne déroge pas à cette règle mais son nouvel album "The Short Night" apporte une dimension supplémentaire: l'évocation des grands espaces.
Après avoir collaboré avec Chris Watson, l'ex-Cabaret Voltaire devenu le pape du "field recording", BJ Nilsen s'est converti aux joies de l'enregistrement de terrain et est allé capturer à l'aide d'un appareillage complètement vintage (certains éléments de son équipement étant sortis il y a près de cinquante ans) des sons environnementaux en Suède, en Islande et en Angleterre.
Une fois tous ces sons (oiseaux au loin, murmures de vent, écoulements, diffusions radio) déposés sur le dioxyde de chrome, BJ Nilsen les a intégrés dans des compositions électroniques à la beauté glaciale pour créer une ambient music très personnelle.
Ce qui est saisissant dans ce disque, c'est le travail apporté aux textures, à la granulosité du son, qui donne à ses compositions une profondeur et une puissance étonnante.
Ensuite, il construit sa narration et les sept plages de cet album sont la parfaite bande son d'un voyage nocturne dans les étendues glaciales du grand nord.
Commençant avec des images sonores, évocatrices et apaisantes ("Front", "Finisterre"), on se laisse prendre par cette nuit remplie d'inconnus, puis la musique va vers une abstraction angoissante, le chromatisme menaçant de "Black Light" nous rappelle alors que ce genre d'aventure nocturne n'est pas sans risque.
Après s'être enfoncé dans une nuit polaire, pour une aventure surnaturelle à la manière de la petite Unn à la recherche "du palais de glace" ("Icing Station") dans le roman de Tarjei Vesaas, le jour et la civilisation sont de retour avec "Viking North" dans un final aveuglant tout en strates et messages radio.
Rarement une musique aura aussi bien évoqué les espaces qui l'ont inspirée, il n'y a guère que le fameux "Eskimo" des Residents qui, avec une esthétique très différente, arrive aussi bien à retranscrire en sons les sensations et les émotions des grands espaces gelés.
Avec cette harmonie parfaite entre musique électronique et beauté de la nature ce disque trouve parfaitement sa place sur le label Touch grand défenseur d'une approche naturaliste des sons synthétiques, à ranger entre Chris Watson et Rosy Parlane.

Cyril Lacaud

Front
Finisterre
Pole of Inaccessibility
Viking, Cromarty ...
Black Light
Icing Station
Viking North

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