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CHAD
VANGAALEN - Skelliconnection
(Sub Pop/
PIAS)
[site]
- acheter
ce disque
Chad
VanGaalen ne fait rien comme les autres. "One-man-band"
prolifique, il mène avec bonheur, en solitaire, sa
barque musicale depuis son spartiate studio d'enregistrement
personnel en sous-sol, choisissant de s'aventurer sans boussole,
au jugé, dans des zones de toute façon ignorées
des cartes de navigation réglementaires. "Skelliconnection"
sort des sentiers battus – ce n'est pas rien de le
dire – et fait rimer simplicité et créativité.
Le Canadien façonne son univers singulier, dénudé,
biscornu et fourmillant de surprises, avec les moyens du
bord. Ici, les guitares, acoustiques et électriques,
mènent la danse et donnent, pour l'essentiel, leurs
squelettes aux morceaux. Batterie, percussions en tout genre
(tambourins, oeufs...), basse et claviers synthétiques
viennent s'y greffer délicatement ou avec fureur,
ainsi qu'à l'occasion d'autres instruments aux sonorités
peu banales, bricolés par Chad lui-même.
"Skelliconnection", album aux douces sinuosités,
construit tout en ruptures délicates, s'ouvre sur
le très beau "Sing Me to Sleep", fausse
berceuse qui invite l'auditeur à s'éveiller
dans un autre monde, changeant comme celui des rêves.
S’y enchaînent sans se télescoper –
et sans que cela semble incongru - le stoner rock aux guitares
acérées d'un "Flower Gardens", que
ne renieraient pas les Queens of the Stone Age, et "Graveyards",
histoire d'amour et de fantômes, complainte naïve
et bouleversante qui sonne comme du Daniel Johnston bien
chanté. Chad VanGaalen est aussi à l'aise
avec les ballades folk ("Mini Tvs" ou "Wing
Finger" dans lesquelles sa voix ressemble à
celle de Tiny Tim, chanteur improbable des 60's au timbre
de petite fille) qu'avec les morceaux énergiques
à guitares (comme ce "Burn to Ash", aussi
convaincant que du Clap Your Hands Say Yeah). De petits
intermèdes bidouillés et faussement bancals
("Dandruff" ou "Viking Rainbows") pimentent
l'écoute d'un album qui marie aussi l'électro
mélancolique de "Red Hot Drops" au blues
étonnamment vert et frais de "Wind Driving Dogs".
Si Chad VanGaalen vit dans un monde à part, il refuse
l'isolement et combat l'autarcie. "Skelliconnection"
ne tourne pas rond et mérite vraiment qu'on s'y arrête.
Aurélien Gaidamour
Sing Me to Sleep
Flower Gardens
Graveyards
Systemic Heart
Mini Tvs
Gubbish
Rolling Thunder
Dead Ends
Red Hot Drops
Wind Driving Dogs
Dandruff
See Thru Skin
Burn to Ash
Viking Rainbows
Wing Finger
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