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COLORBLIND
- Under A Paper Moon
(Daruma
Productions - Phénix
Records / Anticraft)
[site]
- acheter
ce disque
Aux
Etats-Unis, le terme colorblind s'emploie, au théâtre
et au cinéma, lorsque l'on fait référence
à des rôles distribués à des
comédiens dont l'origine ethnique est en décalage
avec ce que l'on attend, d'ordinaire, d'un tel personnage.
On n'imagine mal Will Smith endosser le costume du prochain
Superman, quoique… Bref, c'est sans doute dans cet
esprit que le groupe a sorti ce premier album sous le nom
de Colorblind. Non que la musique de nos Helvètes
dissone par rapport à leur couleur de peau. C'est
juste qu'avant de s'adonner à de délicieuses
ballades mélancoliques et douces à souhait,
les frères Mudry, noyau central de ce combo à
géométrie variable (de 2 à 7 musiciens
sur scène), étaient du genre rockeur pur et
dur aux riffs ravageurs à vous déchirer les
tympans. Mais tout ça, c'est de l'histoire ancienne.
Lassés des grosses guitares qui font mal, Sam et
Vito décident de donner une nouvelle orientation
à leur musique et s'attellent à la composition
de titres folk dépouillés, laissant la part
belle à la guitare acoustique. En chemin, ils croisent
la route du bassiste Magic Blez qu'ils ne tardent pas à
associer à leur nouveau projet. Quand vient l'heure
de l'album studio, nos petits Suisses choisissent de s'adjoindre
les services du producteur et multi-instrumentiste Gunt
que l'on retrouvera, entre autres, aux percussions, au clavier
et aux loops (qui apportent, soit dit en passant, une réelle
plus-value atmosphérique à l'ensemble). Dans
cette optique, c'est sans surprise que nos accros de l'économie
d'échelle, optent pour un enregistrement artisanal
allant droit à l'essentiel. L'objectif est louable,
la volonté première des frérots étant
de pouvoir arpenter la scène tant en duo que soutenus
par des musiciens additionnels. Qu'en est-il du résultat
artistique ? Eh bien, chapeau bas ! Admirable reconversion
que voilà. Chaque morceau renferme des lignes mélodiques
imparables, les arrangements sont simples mais subtils (en
tout cas, Gunt s'amuse). Avec "The Fall", on perçoit
l'énergie plus rock, bien que contenue, des Mud Brothers
d'antan. Pour le reste, la voix fluette de Vito peut parfois
faire penser à celle de Vincent Liben, chanteur de
Mud Flow, notamment dans "Paper Moon", "Sell
My Soul" et "The First Day I'm not Drunk"
(à relever, au passage, l'intervention fort sympathique
d'une trompette qui vient camper fort habilement le morceau).
Y aurait-il un lien céleste qui unirait les deux
combos (d'un côté Mud
Flow, de l'autre les frères Mud) ? Etrange coïncidence
n'est-ce pas ? Trêve de supputation sibylline ! Une
chose est claire, c'est que la lune de papier de Colorblind
a le potentiel d'illuminer nombre de nuits obscures.
David Vertessen
Anti
Love Song
Only Business
The Fall
My Heart Is Grey
Paper Moon
The First Day I'm not Drunk
Always on My Mind
Sell My Soul
Lullaby
Kings of Death
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