Elvis Perkins - Ash Wednesday

album de la semaine du 06/06/2007, par | Albums |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

ELVIS PERKINS - Ash Wednesday
(Beggars / Naïve) [site] - acheter ce disque

ELVIS PERKINS - Ash WednesdayElvis Perkins n'est pas le fils caché d'Elvis Presley et de Carl Perkins, mais il n'est pas pour autant le rejeton de complets inconnus. Son père était l'acteur Anthony Perkins ("Psychose", "Le Procès"...) et sa mère, la photographe de mode et actrice Berry Berenson, elle-même sœur de Marisa et petite-fille de la grande couturière italienne Elsa Schiaparelli, liée aux surréalistes. Quand on sait que papa est mort des suites du sida (après avoir caché toute sa vie son homosexualité) et que maman a disparu dans le deuxième avion qui s'est écrasé sur le World Trade Center, on aurait pu s'attendre à ce que le premier album de leur rejeton ressemble à une douloureuse catharsis. Ce n'est pas vraiment le cas. Notre jeune trentenaire a sans doute des tourments - comme presque tout auteur de chansons, après tout, quelle que soit son histoire familiale -, mais au gris ou au noir de l'auto-apitoiement, il préfère les couleurs franches d'une trompette conquérante, d'un violon tsigane ou d'un "singalong" légèrement éméché (respectivement sur les premier, deuxième et troisième morceaux, mais on retrouve en fait ces ingrédients mêlés tout au long de l'album). Malgré son titre ("Le mercredi des Cendres"), "Ash Wednesday" est un disque qui respire et célèbre la vie, comme ceux de Bright Eyes et Rufus Wainwright, possibles références parmi tant d'autres. La vie avec sa joie et ses peines, ses espoirs et ses trous noirs, que Perkins chante d'une voix aiguë, vibrante et un peu traînante, bien épaulé par son groupe Dearland. A la base, Elvis fait du folk, voix en avant, guitare acoustique à cordes frottées, percussions minimales derrière, mais il sait habiller cette matière simple de mille nuances, comme il sait nourrir ses textes de détails à l'instar des meilleurs novellistes, même si l'on reste au final plus proche d'une écriture poétique. D'ailleurs, les plus beaux morceaux du disque sont sans doute ceux où il pousse le plus loin sa science des arrangements périlleux ("Moon Woman II" "Sleep Sandwich"), sans jamais tomber dans l'emphase qui guette un surdoué comme Rufus Wainwright, justement. "Ash Wednesday" n'a donc rien d'un pénible recueil de confessions pauvrement mises en musique, et tout d'un premier essai remarquablement abouti, qui pourrait bien faire de son auteur le troisième grand Elvis de la musique populaire.

Vincent Arquillière

While You Were Sleeping
All the Night Without Love
May Day
Moon Woman, Pt. 2
It's Only Me
Emile's Vietnam in the Sky
Ash Wednesday
Night & The Liquor
It's a Sad World After All
Sleep Sandwich
Good Friday

Acheter sur Amazon Écouter sur Spotify


les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog