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ELVIS
PERKINS - Ash Wednesday
(Beggars
/ Naïve)
[site]
- acheter
ce disque
Elvis
Perkins n'est pas le fils caché d'Elvis Presley et
de Carl Perkins, mais il n'est pas pour autant le rejeton
de complets inconnus. Son père était l'acteur
Anthony Perkins ("Psychose", "Le Procès"…)
et sa mère, la photographe de mode et actrice Berry
Berenson, elle-même sœur de Marisa et petite-fille
de la grande couturière italienne Elsa Schiaparelli,
liée aux surréalistes. Quand on sait que papa
est mort des suites du sida (après avoir caché
toute sa vie son homosexualité) et que maman a disparu
dans le deuxième avion qui s'est écrasé
sur le World Trade Center, on aurait pu s'attendre à
ce que le premier album de leur rejeton ressemble à
une douloureuse catharsis. Ce n'est pas vraiment le cas.
Notre jeune trentenaire a sans doute des tourments - comme
presque tout auteur de chansons, après tout, quelle
que soit son histoire familiale -, mais au gris ou au noir
de l'auto-apitoiement, il préfère les couleurs
franches d'une trompette conquérante, d'un violon
tsigane ou d'un "singalong" légèrement
éméché (respectivement sur les premier,
deuxième et troisième morceaux, mais on retrouve
en fait ces ingrédients mêlés tout au
long de l'album). Malgré son titre ("Le mercredi
des Cendres"), "Ash Wednesday" est un disque
qui respire et célèbre la vie, comme ceux
de Bright Eyes et Rufus Wainwright, possibles références
parmi tant d'autres. La vie avec sa joie et ses peines,
ses espoirs et ses trous noirs, que Perkins chante d'une
voix aiguë, vibrante et un peu traînante, bien
épaulé par son groupe Dearland. A la base,
Elvis fait du folk, voix en avant, guitare acoustique à
cordes frottées, percussions minimales derrière,
mais il sait habiller cette matière simple de mille
nuances, comme il sait nourrir ses textes de détails
à l'instar des meilleurs novellistes, même
si l'on reste au final plus proche d'une écriture
poétique. D'ailleurs, les plus beaux morceaux du
disque sont sans doute ceux où il pousse le plus
loin sa science des arrangements périlleux ("Moon
Woman II" "Sleep Sandwich"), sans jamais
tomber dans l'emphase qui guette un surdoué comme
Rufus Wainwright, justement. "Ash Wednesday" n'a
donc rien d'un pénible recueil de confessions pauvrement
mises en musique, et tout d'un premier essai remarquablement
abouti, qui pourrait bien faire de son auteur le troisième
grand Elvis de la musique populaire.
Vincent Arquillière
While
You Were Sleeping
All the Night Without Love
May Day
Moon Woman, Pt. 2
It's Only Me
Emile's Vietnam in the Sky
Ash Wednesday
Night & The Liquor
It's a Sad World After All
Sleep Sandwich
Good Friday
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