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THE ELECTRIC SOFT PARADE - Holes in the Wall
(DB / BMG)
Possible que sil avait été écouté à laveugle, cet album maurait amené à une question, à lécoute du premier titre, "Start again" avec sa grosse guitare et se voix vocoderisée
Quoi, est-ce lun de ces groupes versaillais, Air ou Daft Punk qui sest (re)mis au rock ? Ou sont - ce les pompeux Phoenix qui ont été touchés par la grâce ? Jaurais pu
Seulement voilà, impossible déchapper au buzz autour dElectric Soft Parade. Vous êtes jeunes et "dans le coup" côté musique ? La première fois que vous irez acheter des disques depuis la disparition des pièces de monnaie à leffigie de la Semeuse, vous êtes priés déchanger vos euros contre"Holes in the wall"."Impossible de ne pas avoir vu la pochette de lalbum (une jolie photo descalier rond, pris en plongée) dans lun des ses magazines favoris
Buzz = je sais qui se cache derrière ces chansons efficaces, ce rock vitaminé de bonne facture. Jattends donc dêtre surpris par luvre des frères White (17 et 18 ans), originaires de la ville balnéaire de Brighton (célèbre aussi pour être la capitale du big beat) et sujets de sa très gracieuse majesté.
Les chansons dElectric Soft Parade ont un côté FM dans le sens quelles sont facilement recevables par un large public. Pas besoin davoir lu tout Kant ou écouté tout Steve Reich pour y succomber. Les frères White savent comment faire mouche à chaque fois, et cest étonnant vu leur jeune âge
Sauf que ces gros consommateurs de disques ont pris le meilleur de tout ce quils écouté, quils le digèrent et quimmanquablement, ils font du tube. Mais attention si les frères ont des références, il ne la jouent pas version lourde, Encyclopeadia Universalis sur papier en 21 volumes, mais façon encyclopédie sur CD rom, vivante, moderne. Pour réactualiser létat des connaissances en matière de rock, les frangins ne la jouent pas petits profs, mais plutôt laborantins, avec pipettes et bec bunzen, mélangeant les produits et attendant les réactions.
Si le buzz autour de ce premier album est justifié, ne pas confondre "chef duvre" et "révélation". On na pas droit tous les jours à "Grace" ou à "Dummy", et cest bien dommage. Pour le côté"disque séminal", on repassera. On a en tout cas droit à un bel album. Après trois morceaux pêchus, arrive"Something got to give", une ballade un peu brit pop pas désagréable. Ce nest pas le seul à nous rappeler lépoque 95-96 : "Sleep alone" par exemple nous ramène à ce temps aujourdhui un peu honni où Blur et Oasis tenaient le haut du pavé. Figurent même un morceau à la manière de Doves, "Its wasting me away", et un autre à la manière de Manic Street Preachers, "Biting the soles of my feet."
Jai surtout aimé cet album quand il donne dans les ambiances éthérées, comme sur "Silent to the dark", morceau de neuf minutes, comprenant un long break en état de grâce, ou comme sur"Red Balloon for me", qui conclut lalbum et dont le piano sonne comme du John Lennon. Jai nettement préféré cela à leurs morceaux énervés. Quand Electric Soft Parade fait parler la poudre, cest un peu plus pataud, genre Faith No More
on peut aimer ce rock efficace (trop ?), mais cest quand ils calment le jeu que les frères White font des merveilles. Poussée à fond, la machine semballe. Sur disque, car sur scène, les envolées sonores sont nettement mieux maîtrisées, on en reparlera plus loin.
Certains voient Electric Soft Parade comme la réponse britannique aux new-yorkais de Strokes. Je ne discuterai pas ces propos ineptes, passons à autre chose. Le seul intérêt de cet argument fruit des élucubrations dun scribouillard en manque didée, cest quil fournira aux journalistes paresseux qui ne préparent de questions une manière commode de lancer un entretien :"on dit que vous êtes les Strokes européens, quen pensez-vous ?"Ou comment une idiotie risque de se perpétuer et de plomber le dossier de presse des frères White, qui nont vraiment pas mérité ça.
Leur maison de disque présente Electric Soft Parade comme le futur du rock anglais. Avant de sintéresser au futur, place au présent. Au lendemain dun concert donné à la Scène, à Paris, devant un public trié sur le volet, pour fêter la sortie de lalbum, jécoute avec avidité"Holes in the wall", et lon ne retrouve pas tout. Bonne nouvelle : ESP est un groupe de scène, qui se donne. Le batteur est habité, il cogne dur et échange parfois sa place avec son frère. Ce soir-là, le concert se termina par un déluge sonore où le quatuor (les deux frères jouaient avec un clavier et un bassiste) sen donna à cur joie. Le clavier alla même jusquà ôter ses chaussettes pour monter sur son clavier et en piétiner les touches ! Et là, leur gros son transporte le public
Moralité, il nest pas déraisonnable dinvestir dans cet album, mais mieux vaut savoir à quoi sattendre : peut être quil faudra programmer sur sa chaîne quelques titres ("Something got to give", "Its wasting me away", "Silent to the dark", "Sleep alone", "Holes in the wall", "Biting the soles of my feet", "Red ballon for me") soit sept titres sur douze, plutôt que découter tout lalbum. Pour conclure, on se dit que, vu laccueil réservé à cet album, il est étonnant que les délires sonores dun autre groupe anglais, Clinic, nait pas connu pareil engouement de la part de la presse de ce côté-ci de la Manche. Peut être na-t-il pas eu la chance de bénéficier dune telle promotion. En tout cas, il sera utile et agréable de suivre le parcours scénique et discographique dElectric Soft Parade, en espérant ne pas être déçu sur la durée. Pourvu quil ne sagisse pas dune baudruche artificiellement gonflée
Jean-Marc Grosdemouge
Start again
Empty at the end
Theres a silence
Something got to give
Its waiting me away
Silent to the dark
Sleep alone
This given line
Why do you try so hard to hate me
Holes in the wall
Biting the soles of my feet
Red balloon for me
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