Gérard Manset - Obok

02/05/2006, par | Albums |
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GÉRARD MANSET - Obok
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GÉRARD MANSET - ObokManset est de retour. Finalement, on ne l'attendait pas de si tôt : il nous avait habitué à des escapades plus longues entre deux disques. Mais il est bien là, sur le pas de notre porte, en chair et en os - ces guitares tumultueuses, ces pianos à l'attaque franche et cette voix particulière - et le plaisir qu'on a à le retrouver est indéniable. Il n'a pas vraiment changé, évoque toujours ces paradis originels qui lui tiennent tant à cœur : l'enfance bien sûr mais aussi les ailleurs - Afrique, Asie, continents naguère préservés qui se délitent avec le temps. Grand écart permanent entre ces idéaux perdus et cette vie occidentale, teintée de gris ; "Fauvette", une adolescente fugueuse peinte dans ce décor de station-service d'autoroute, le poids de la réalité contre ce désir de découvrir, de fuir.

Manset est de retour. Et avec lui, ce bestiaire omniprésent, ce saxophone échappé de "Matrice", ces reggaes improbables qui se terminent en apocalypse salutaire, ces échafaudages miraculeux de guitares qui claquent et qui grondent, de batteries conquérantes et d'orgues somptueuses. "Le Jardin des Délices", "La Voie Royale", morceaux ambitieux dans la plus grande tradition, mais qui parviennent toujours à nous soulever comme une plume. Absentes remarquées cependant, les cordes que Manset sait pourtant si bien arranger ont été mises de côté sur ce disque ; on pourra le regretter mais cela n'enlève finalement pas grand chose à la complexité de ses compositions. Autre évolution qui prolonge cette fois "Le Langage Oublié", l'usage accru de la première personne et des expériences personnelles ; Manset remet sur le mur ce masque qu'il portait et apparaît même (de dos) sur la pochette : "Ne les réveillez pas", nocturne émouvant dont le piano inspiré de Chopin dégage presque autant d'émotion que la chanson "Quand on perd un ami" sur l'album précédent. Manset s'essaie même avec une certaine réussite à l'ironie dans "Pacte avec mon sang", relecture du mythe de Faust au milieu de guitares prêtes à bondir - chiens de garde en laisse, devant le rôdeur qui approche.

On retrouvera donc dans cet album la densité d'un bon album de Gérard Manset (à part peut-être "Veux-tu ?", que je trouve un peu plus faible) : les rouages sont bien huilés, la vapeur s'échappe de toute part, le curseur est en place : Manset est bien de retour.

Christophe Dufeu

L'enfant soldat
Jardin des délices
Fauvette
Obok
Ne les réveillez pas
Chaînes
Pacte avec mon sang
Veux-tu ?
La voie royale


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