Louise Féron - Le Passé revenant

21/07/2010, par Frédéric Antona | Albums |
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LOUISE FÉRON - Le Passé Revenant
(Tarantula Music / Believe) [site] - acheter ce disque

LOUISE FÉRON - Le Passé RevenantCela a commencé par un fil d'Ariane à dérouler, il y a de cela 4 ans. Je cherchais alors les productions françaises de John Cale. Entre Modern Guy et "Pop Model" de Lio, se glissa alors le nom de Louise Féron. Après quelques recherches, ô joie, un autre nom-clé fit son apparition : Dominique Laboubée, regretté leader des fantasmatiques Dogs. Après recherche acharnée de son premier album, une claque formidable : un album pop totalement réussi de bout en bout ("L'Amour monstre", "Risque-moi", mon Dieu, ces titres...), à l'image du "Troublemaker" d'Idha, avec la voix claire et chaude de Louise, qui se fraye un chemin entre les accords élégamment placés de Dominique Laboubée. Avec le hit "Tomber sous le charme", sorti en 1988, ce premier album avait, à l'époque, très largement remporté les suffrages. Mais que devenait donc Louise, cette diva à la voix incroyable, fanatique de T. Rex et de Bowie, capable de reprendre les Stooges dans des versions démentielles lors de ses concerts ? Après un deuxième album, "Singulière et plurielle", beaucoup plus intimiste, silence radio. Mais Louise vivait, tout simplement, ayant choisi de prendre du recul, de se retirer de sphères parfois psychologiquement et physiquement destructrices. Entretemps, Dominique est mort. Et leur volonté commune de reprendre leur collaboration se trouvait stoppée nette. Juste quelques démos des deux amis existaient au fond des cryptes. Mais Louise a continué seule, comme pour faire son deuil et exorciser l'absence de cet ami très cher. C'est là le point de départ du "Passé revenant", un concept-album sur une histoire d'amour naissante, passionnée, trouvant sa fin dans la perte de l'être aimé. Avec, comme pivot du disque, le titre éponyme, un des morceaux dont la composition est signée Dominique Laboubée : une ballade au piano d'une force incroyable, tant par la mélodie que par les textes, Louise Féron ayant conservé ce style d'écriture très littéraire, inspiré par les symbolistes et décadents français. La majorité des mélodies de l'album a été composée par une nouvelle équipe musicale de Louise, cette dernière y mettant le sel de ses passions (les Stones de "Sticky Fingers" sont bien présents sur "Sans mobile apparent", titre d'ouverture de l'album ; les guitares acoustiques de Tyrannosaurus Rex s'invitent sur "L'essence de ta vie", l'influence d'Elliott Murphy se faisant parfois sentir sur "Incendiaire". Si des influences plus modernes viennent s'adjoindre à l'ensemble (des sonorités de guitare parfois proches d'un Jonny Greenwood), l'ensemble est toutefois marqué du sceau de Dominique Laboubée. Alors même qu'il n'en composa que quelques titres, la force des liens tissés avec Louise s'étend sur tout l'album et son amour des mélodies pop magiques rejaillit sur l'ensemble du disque.

Louise Féron a traversé bien des épreuves, vu tomber bien des pairs autour d'elle, mais est bien présente, survivante de certains voyages sans retour. Elle a appris à vivre avec les fantômes musicaux qui la hantent, et sa voix intacte en porte les traces. "Ne ferme pas la porte au passé revenant". Savoir y revenir pour mieux repartir vers d'autres contrées.

Frédéric Antona

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Sans mobile apparent
A fleur de peau
Je n'ai rien trouvé de mieux que toi
Incendiaire
Apaise-toi
L'Essence de ta vie
Le Chant du Phoenix
Les Nuits de janvier
Le Passé revenant
Tutoyer les anges
Les Heures de plomb
Trois Roses dans la rivière
Le Rivage premier


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