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Nick Grey – Thieves Among Thorns

NICK GREY – Thieves Among Thorns
(Some Dark Holler) [site] – acheter ce disque

NICK GREY - Thieves Among ThornsMoins de cinq mois après la sortie discrète mais mémorable de "°catlandgrey°", Nick Grey est de retour, apparemment seul, en fait secondé par deux de ses comparses du Random Orchestra, et on se demande encore où il va chercher l’énergie pour composer des chansons aussi désespérées : dans un humour résolument noir ou dans un désarroi existentialiste bien réel ? Parce que là, il va tout de même très loin dans le sépulcral et dans l’apocalyptique : je ne vois à "End of All" que le "Death to Everyone" de Bonnie Prince Billy comme concurrent susceptible d’annoncer en trois mots la fin du monde avec un aplomb pareil. Quant au contenu, il est d’entrée très classieux. Cordes frottées et orgues orientent le disque vers des sables mouvants qui doivent autant aux textures qu’aux harmonies, un œil rivé sur l’expérimentation, l’autre sur une émotion plus brute. Celle-ci transparaît particulièrement dans les voix parlées/chantées, articulant avec soin et lenteur constats d’échec – "Failure (Is A Lonesome Bitch)", visions – "Montréal (Vue Aérienne)" – ou regrets – "Tammuz".
Une curiosité : "The Endless Pink", sorte de faux plagiat de "Jay-Jay Johanson", la chanson éponyme sur laquelle le Suédois déclinait son identité au commissariat. Ici on retrouve le mélange incongru de policier et d’intime ("what was stolen ? which of yr secrets ?") et l’habile brouillage de pistes dont Grey devient un spécialiste. Là où Jay-Jay jouait de son statut de crooner branché, Nick Grey installe une lenteur évanescente seulement ponctuée par un piano.
Tous ces efforts de sobriété et de finesse sont bien louables, mais à force de dématérialiser à ce point sa musique, on peut tout de même craindre que les productions de Nick Grey ne deviennent transparentes – ce qui est parfois le cas ici. Les longues plages de sons entraînent l’auditeur dans un amas un peu plombant auquel il manque la dynamique, même sombre, que l’on appréciait sur "Catlandgrey", et qui se riait de ses propres imprécations loufoques. Qu’on se le dise, Grey, qui porte de mieux en mieux son nom, a choisi d’explorer ses versants obscurs, pour le meilleur et pour le pire.

David Dufeu

Tammuz
Hail Heart! Clouds Upon Clouds!
Failure (Is A Lonesome Bitch)
The Endless Pink
All Lives Revolve in Bright Circles of Quiet Light
Spa Diva
Montréal (Vue Aérienne)
Devolun Inis
End of All
The World Mountain

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