Dès
le début de leur carrière, en 1993, the Auteurs furent assimilés
avec hâte à la nouvelle vague pop britannique, alors emmenée
par Suede. Pourtant, tandis que Brett Anderson et les siens
piochaient sans vergogne dans le Glam Rock de Bowie pour
imposer leurs hymnes androgynes, Luke Haines préférait une
pop plus subtile et moins arrogante. Le premier album de
son groupe, très justement intitulé "New
Wave", réhabilita en effet une vieille tradition
pop anglaise, faite d'observations sociales ironiques ou
mélancoliques relevées de mélodies irréprochables, tout
droit issues des Kinks.
De
fait, seuls quelques relents de T-Rex et une guitare qui
évoque par moment Mick Ronson (l'intro de "Idiot Brother")
donnent à cet album quelques accents glam. Pour le reste,
et dès "Showgirl", titre classieux à inscrire au firmament
des meilleurs singles des 90's, se succèdent une série de
perles, toutes constantes dans la concision des mélodies
et la justesse des propos, avec ce qu'il faut de variation
pour ne jamais ennuyer : quelquefois, en effet, Luke Haines
se permet d'être plus rock (le bien nommé "American Guitars",
"Don't Trust the Stars", "Early Years"), de s'accompagner
de piano ("Bailed Out", "Home Again") ou d'un émouvant violoncelle
("Starstruck", "How could I be Wrong"). Finalement, à l'écoute
d'un "New Wave" ouvragé avec délicatesse, on ne
reprochera aux Auteurs que la voix quelconque de Luke Haines,
et le fait qu'il n'ait jamais pu rééditer un tel chef d'oeuvre,
malgré une carrière riche et agitée.
Sylvain Bertot
Show
Girl
Bailed Out
American Guitars
Junk Shop Clothes
Don't Trust the Stars
Starstruck
How Could I Be Wrong
Housebreaker
Valet Parking
Idiot Brother
Early Years
Home Again