Ulan Bator - Ulaanbaatar

03/07/2007, par Cyril Lacaud | Albums |
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ULAN BATOR - Ulaanbaatar
(Ruminance / PIAS) [site] - acheter ce disque

ULAN BATOR - UlaanbaatarAvec ce disque d'archives d'Ulan Bator, c'est toute une époque qui se rappelle à nous, celle de la scène dite noise rock qui a régné sur une bonne partie des années 90. Très prolifique aux Etats-Unis dont les groupes phares (Jesus Lizard, Girls Against Boys, Distorted Pony...) ont suscité bien des vocations par chez nous avec des résultats plus ou moins heureux, surtout si on les réécoute aujourd'hui !
La majeure partie de ces groupes (la plupart provinciaux, Ulan Bator étant un des rares représentants parisiens du genre) a disparu.
Ulan Bator (huit albums au compteur), fait partie des rares survivants de la scène noise rock française et est de loin l'un des groupes les plus originaux de cette époque (avec les Lyonnais de Bästard).
Cette compile retrace la période 93-98 pendant laquelle Ulan Bator a sorti trois albums, tous très différents.
Après un premier album éponyme qui s'avère être l'archétype même du noise rock à la française, le groupe brouille les pistes avec "2 Degrees" (un sommet dans la discographie du groupe), sorti en 1996. Les tics du genre s'effacent pour laisser la place à de longs morceaux rampants aux ambiances Faustiennes inquiétantes. Un disque dantesque qui n'a pas pris une ride.
Enfin "Végétal", album plus calme sorti en 1998, nous dévoile une autre facette du groupe, plus dépouillée voire austère, qui lorgne du coté de Chicago et de son post-rock.
Bref, on l'aura compris, Ulan Bator est un groupe aventureux qui se réinvente sans cesse, quitte à sacrifier une certaine continuité esthétique entre ses albums (ce que réussit avec génie Sonic Youth). Mais bon, quand un groupe revendique les fameux "arterrorists" de Faust comme influence majeure, on peut s'attendre à en perdre son latin.
Cet esprit aventureux se retrouve dans ce recueil fait de démos (celles du premier album supportent assez mal les années !), d'inédits ou singles oubliés (le très bon "Ursula Minor" avec Quentin Rollet au saxophone), de live et de remix dont un des Basques de Voodoo Muzak.
Le sublime ("Automne"), côtoie l'anecdotique (le silence enregistré au fond de la Guillotine, leur studio-bunker) et le déroutant. Au-delà du coté fourre-tout de la chose, c'est avant tout l'audace du trio qui ressort comme une évidence. D'ailleurs ça ne s'appelle pas "UlaanBaatar" pour rien et comme avait pu l'être en son temps "Faust Tapes", il s'agit d'un de ces disques témoignage d'un groupe en pleine mutation. On ne réservera pas ce disque aux fans maniaques du groupe : tout amateur de rock exigeant y trouvera son compte.
Le trio à la composition mouvante entamera ensuite les années 2000 en collaborant avec Michael Gira (Swans, Angels of Light...), immense fêlé devant l'éternel, pour d'autres aventures qui, on l'espère, devraient pouvoir remplir un deuxième volume d'archives.

Cyril Lacaud

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