Wovenhand - Consider The Birds

28/11/2004, par Jean-Charles Dufeu | Albums |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

WOVEN HAND - Consider The Birds
(Glitterhouse / Chronowax) - [site]

WOVEN HAND - Consider The BirdsCeux qui ont eu l'occasion de le voir sur scène savent à quel point David Eugene Edwards (qui officiait essentiellement comme leader de 16 Horsepower avant de mener son projet personnel avec Woven Hand depuis quelques années) est habité par sa musique et possédé par ses chansons. Ce dernier album achève de nous en persuader.
Résolument attaché à toutes les formes que peut prendre la tradition, en musique notamment, cet obscur troubadour du nouveau continent est semblable au missionnaire exilé qui prêche la bonne parole dans les contrées hostiles. C'est par des chansons en l'occurrence que la mission est remplie. L'album fera donc état des différentes étapes de cette conquête. "To Make a Ring" en sera l'épopée sauvage, "Off The Cuff" le cri tonitruant de la victoire. "Chest of Drawners" - avec ses paroles qui n'étonneront aucun fan de 16 Horsepower : "Go Into The Lord's House..." - sera la trêve nécessaire après la débauche d'énergie précédente et marquera le recueillement intérieur, le ressourcement spirituel. Les autres chansons s'apparentent le plus souvent à de l'évangélisation pure et simple à base d'une country livide et décharnée, traversée par les thèmes chers à David Eugene Edwards : le Christ, la culpabilité, la rédemption en tête. Armé de quelques percussions, d'un piano, et bien sûr de nombreux instruments à cordes, le plus souvent acoustiques, David Eugene Edwards enchaîne ses chansons comme d'autres égrèneraient leur chapelet, avec la fervente conviction de l'illuminé et la constance implacable du pasteur déclamant son sermon. Le résultat est un disque homogène et de très bonne tenue, qui creuse plus profond le sillon déjà tracé par 16 Horsepower en introduisant des atmosphères plus introspectives, plus sobres et plus sombres et en radicalisant encore plus le discours. "Consider The Birds" est sans doute l'un des exercices de prosélytisme musical les plus réussis dans son genre, et s'inscrit donc avec une grave majesté dans la lignée des excellents précédents essais de Woven Hand. Du pain béni pour nos oreilles.

Jean-Charles

Sparrow Falls
Bleary Eyed Duty
To Make a Ring
Off the Cuff
Chest of Drawers
Oil on Panel
Speaking hands
Down in Yon Forest
Tin Finger
Into the Piano







les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals