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Rock en Seine 2026 : notre sélection

L’édition 2026 de Rock en Seine promet de faire carton plein, avec un dimanche vite complet grâce notamment à la venue de The Cure et un vendredi (le deuxième jour le plus intéressant sur les cinq) qui en prend le chemin. Si les grands noms feront se déplacer les foules le soir, c’est aussi à des horaires moins exposés et sur de plus petites scènes qu’on retrouvera des artistes que l’on suit depuis longtemps ou qu’on fera de belles découvertes. Voici une petite sélection en toute subjectivité, vidéos live à l’appui. Les horaires (bien pratiques pour s’organiser, même si les dilemmes sont parfois cornéliens) sont ici.

AMG
Du jazz à Rock en Seine ! Rien de paradoxal pour les quatre jeunes virtuoses parisiens d’AMG (Autophysiopsychic Music Gate), un acronyme emprunté à une théorie musicale élaborée par le saxophoniste et flûtiste Yusef Lateef. Depuis 2002, le pianiste Antoine Fleury, le contrebassiste Anthony Jouravsky, le batteur Mailo Rakotonanahary et le saxophoniste Keïta Janota hybrident les genres, ajoutant aux sonorités du spiritual jazz, du free jazz ou du hard bop des percussions cubaines, du sitar, la musique de films de François de Roubaix ou le flow d’un rappeur. De quoi faire aimer à un jeune public une musique trop souvent considérée comme patrimoniale.

Scène Roc-On Volkswagen – 17:40


Wednesday
Amusant de programmer un groupe qui s’appelle « Mercredi » un jeudi, d’autant que son rock indé qui navigue entre sonorités country et passages bruitistes à la Dinosaur Jr. va peut-être se sentir un peu seul ce jour-là… Quoi qu’il en soit, après un passage très convaincant en février dernier au Trabendo, on a hâte de retrouver sur scène ce fleuron de la scène américaine mené par l’intense Karly Hartzman. Et même si ce sera sans le très doué MJ Lenderman qui, trop accaparé par sa carrière solo, ne participe plus aux tournées du groupe.

Scène AXS – 18:45

Djo
Jeune acteur de séries (“Stranger Things”, “Fargo”), Joe Keery est aussi musicien sous le diminutif de Djo. Avec trois albums à son actif, il lui reste à se faire un nom en France. Sans être foncièrement original, le pop-rock mélodieux et bien ficelé qu’il interprète avec sa bande de potes semble taillé pour les festivals et la grande scène en début de soirée ne devrait pas lui faire peur 

Grande Scène – 19:35

Sam Quealy
Cette Australienne installée depuis quelques années à Paris n’est pas encore aussi connue que son compagnon, Marlon Magnée, cofondateur du groupe La Femme. Mais on peut lui prédire un beau succès, tant sa techno-pop est accrocheuse, surtout sur son deuxième album “Jawbreaker” où elle enchaîne les petites bombes de trois minutes, produites avec sa moitié. Et comme elle a été formée à la danse classique et a aussi tâté du cabaret, on peut s’attendre à des chorégraphies explosives (et un brin suggestives). Ça va suer !

Scène AXS – 20:40

Lewis OfMan
Lewis Pierre Simon Delhomme de son vrai nom (son curieux alias n’est que la traduction en anglais de son patronyme) n’a jamais vraiment choisi entre les deux côtés de l’Atlantique. Il a collaboré aussi bien avec Vendredi sur Mer qu’avec la Canadienne Carly Rae Jepsen, et son mélange de rock, electro et funk ne connaît pas de frontières. Ce fan de Frank Ocean et Jamie XX est un musicien bien de son temps, à l’aise dans toutes les configurations, sur lequel on peut compter pour mettre l’ambiance.

Scène AXS – 22:20


Kurt Vile
Longtemps très productif, Kurt Vile a un peu ralenti la cadence ces derniers temps. “Philadelphia’s Been Good To Me”, son nouvel album dont le titre rend hommage à sa ville chérie, sort ainsi quatre ans après son précédent long format (il y a eu certes une poignée de singles et EP dans l’intervalle). Pas de grande révolution : l’Américain cool porte toujours le cheveu long et la chemise à carreaux, et aligne sans effort apparent douze titre d’indie folk-rock qui sonnent d’emblée comme des classiques. Voix indolente sur une poignée d’accords qui tournent pendant 4 ou 5 minutes, parfois plus : la formule est connue et fonctionne toujours. Avec un supplément de vigueur, et éventuellement de solos de guitare, en version live, treize jours après son passage à la Route du rock.

Scène AXS – 18:55

Wilco
Session de rattrapage pour ceux qui n’avaient pas réussi à avoir une place pour la troupe du grand Jeff Tweedy l’an dernier à la Cigale. Certes, Wilco – dont nous chroniquons fidèlement chaque nouvel album – ne jouera cette fois-ci qu’une heure, alors qu’il a l’habitude de livrer des sets nettement plus longs (comme les Sparks programmés ce même jour). Mais cette institution de la scène alternative américaine, qui a su intégrer une démarche expérimentale à un solide songwriting folk-rock, a jusqu’ici peu joué en France, où elle ne jouit pas du même statut que dans son pays, et rarement en festival. Ce concert a donc tout d’un petit événement.

Scène AXS – 21:05

CMAT
Elle en fait des tonnes, mais c’est ça qui est bien. Ciara Mary-Alice Thompson, qui n’a gardé que ses initiales pour son nom de scène, a cartonné dès son premier album dans son pays, l’Irlande, et commence à conquérir le reste de l’Europe. La rouquine trentenaire n’a pas la langue dans sa poche et aime aborder dans ses textes des sujets graves comme la frustration d’une partie de sa génération victime du mirage économique, mais toujours avec beaucoup d’ironie et d’autodérision. Le tout sur une pop teintée de country (elle a la voix qu’il faut), accrocheuse sans être trop facile, jouée sur scène par un groupe qui semble bien s’éclater.

Grande Scène – 16:20

Gabriel Kröger
Il cache son visage derrière une étrange cagoule en crochet. Adepte du DIY, Gabriel Kröger (vrai prénom mais nom emprunté à un personnage d’un roman de Thomas Mann), venu de l’Essonne, livre des chansons en français aux textes désenchantés et plutôt bien tournés, sur un fond musical à dominante acoustique mais pas vraiment folk. On pense curieusement à des artistes apparus dans les années 90-2000, de Miossec à Mickey 3D en passant par Cyrz ou Les Frères Nubuck. Son passage en première partie de la création « scène française » du Festival des Inrocks il y a quelques mois au Centquatre l’a montré plutôt à l’aise dans l’exercice du live. A découvrir.

Scène Roc-On Volkswagen – 16:20

Tyler Ballgame
Son premier album “For the First Time, Again”, enregistré en analogique et produit par Jonathan Rado (Foxygen), est sorti en début d’année chez Rough Trade et il peut d’ores et déjà prétendre aux palmarès de décembre. Eclatante révélation que celle de Tyler Ballgame, qui pourrait jouer le rôle de Jack Black (un peu le même genre de physique) dans un remake de “High Fidelity” : il serait parfait dans cette scène vers la fin où le personnage surprend et impressionne tout le monde par ses capacités vocales – on l’a comparé à Roy Orbison, rien de moins. Pour ne rien gâcher, l’Américain, sorti du prestigieux Berklee College of Music, est un fin songwriter à l’ancienne, à la façon d’un Randy Newman ou d’un Harry Nilsson, en plus candide sans doute. Sa personnalité bigger than life promet en tout cas un grand moment.

Scène Roc-On Volkswagen – 18:00


Mannequin Pussy
Entre Amyl and the Sniffers, les Lambrini Girls et les Parisiennes de Grandma’s Ashes, cette journée par ailleurs plutôt forte en testostérone sera également riche en voix féminines puissantes. Parmi elles, Marisa « Missy » Dabice, fondatrice, chanteuse et guitariste de Mannequin Pussy. Depuis 2014, ce groupe de Philadelphie auteur de quatre albums pour le moins expéditifs (avec le dernier en date, produit par le très couru John Congleton, ils franchissent enfin la barre de la demi-heure) livre une sorte de punk mélodique cathartique et bigrement efficace. Pogo à prévoir !

Grande Scène – 15:40

Dynamite Shakers
Originaires de Saint-Hilaire-de-Riez en Vendée, les jeunes gens des Dynamite Shakers ont, depuis leurs débuts en 2019, enchaîné les concerts afin de sans cesse s’améliorer et aussi de se faire connaître. Vu la qualité croissante de leurs prestations, ils ne pouvaient que se faire remarquer et logiquement arriver à l’enregistrement d’un premier album. Sorti en 2024, “Don’t Be Boring” révélait un rock garage solide, racé, au travers de compostions exemptes de tout superflu. Les quatre vingtenaires y exprimaient leur fougue juvénile avec des riffs ravageurs, vecteurs de frissons parcourant inévitablement l’échine. Ils ont sorti cette année deux 45-tours (format vintage s’il en est) chez Barclay, prélude à un nouvel album, “Marilyn”, qui sera dans les bacs la veille de ce concert à Rock en Seine. On peut donc attendre pâs mal de morceaux neufs de la part de ce groupe devenu une valeur sûre des grands festivals, (Nicolas Cléren).

Scène AXS – 17:55

Jessica93
C’est le vilain petit canard de la scène francilienne (pas vraiment du côté des beaux quartiers…). Et Rock en Seine semble beaucoup l’aimer car Geoffroy Laporte y avait déjà joué en 2014 et 2018. Après un long silence, cet explorateur des tréfonds est revenu l’an dernier avec un nouvel album chez Born Bad, le génialement titré “666 tours de périph’”, chanté en français et produit par JC Satan. Jessica93, c’est sombre, froid, sale, mais profondément humain et étrangement prenant, sur disque comme sur scène où l’homme se produit souvent seul avec ses pédales d’effets.

Scène Roc-On Volkswagen – 22:50

High Vis
High Vis, ou le son du prolétariat anglais qui refuse de baisser la tête – le terme désigne les vêtements de sécurité type « gilet jaune ». Signé sur le label américain Dais, plutôt versé dans les musiques expérimentales et bruitistes, ce groupe londonien formé il y a une dizaine d’années regroupe des musiciens venus du punk hardcore. Cette influence est encore sensible dans le chant, la batterie et les guitares abrasives, mais High Vis ajoute à son mix des éléments plus pop voire dansants, et le teinte par moments d’une certaine mélancolie. Parfois pas très loin des Américains de Turnstile – dont ils ont assuré la première partie – ou des Deftones, deux autres groupes à l’affiche ce jour-là.

Scène AXS – 19:45

Gwendoline et Futur Composé
Après les Psychotic Monks l’an dernier, c’est le groupe rennais Gwendoline, en pleine préparation de son troisième album, qui s’associe pour cette édition 2026 avec des talents ayant des troubles du spectre de l’autisme. En l’occurrence Aizen Six-T, jeune beatmaker nantais à l’univers électronique instinctif, Gaspard, frontman charismatique et membre du Le Papotin, ainsi que Rudy Meskine, poète atypique et auteur des textes du projet. Une création inédite, et possiblement éphémère, où tout sera donc possible, surtout le meilleur. On a hâte de découvrir ça.

Scène AXS – 21:50


Dry Cleaning
Chez Dry Cleaning, les textes sont davantage parlés (par la très deadpan Florence Shaw) que chantés, sur une formule guitare-basse-batterie entre jangle pop et post-punk. Particulièrement productif, le quartette, qui a rencontré un succès inattendu outre-Manche dès son premier album, semble vouloir faire constamment évoluer une formule qui aurait pu paraître un peu limitée au départ. Sorti cette année après trois ans de silence discographique, “Secret Love”, enregistré en partie dans les fameux studios angevins Black Box Recording et produit cette fois-ci par Cate Le Bon (après John Parish sur les disques précédents), les voit élargir leur palette sonore et stylistique sans renier leurs fondamentaux. Des morceaux qui devraient encore prendre une autre dimension sur scène, trois ans après un premier passage à Saint-Cloud.

Scène BoursoBank – 15:45

Black Country, New Road
Etonnant parcours que celui de ce groupe, représentant avec Squid, Black Midi et quelques autres d’une nouvelle scène britannique à la musique volontiers complexe, déconstruite et aventureuse. Après deux albums au succès assez inattendu, Isaac Wood, chanteur, guitariste et cheville ouvrière de la large formation, partait pour des raisons de santé mentale. Les autres prirent alors la courageuse décision de renouveler totalement leur répertoire et de se partager le chant. Après quelques inévitables tâtonnements, l’album “Forever Howlong” venait préciser en 2025 les intentions de ces musiciens très doués. Plus lumineuses qu’autrefois (notamment grâce à l’apport de voix féminines et à une grande variété de timbres), les compositions de Black Country, New Road mêlent désormais clavecin baroque, guitares folk, influences prog, ambiances cabaret… Sur scène, le sextette mixte ose la douceur et la complexité, quitte à en ennuyer certains, mais la plupart des fans les suivent fidèlement dans ces nouvelles aventures.

Scène AXS – 19:35

Hudson Freeman
Dans une journée à dominante électrique, ce jeune Américain basé à Brooklyn devrait apporter un peu de douceur. Sa discographie est plutôt éparse et confidentielle – deux albums et une poignée de singles et EP depuis 2015 – mais a tout pour plaire aux amateurs d’un folk à la fois classique et moderne, ou des chanteurs de rock indé à voix traînante comme Kurt Vile ou MJ Lenderman. Sa date à Rock en Seine s’inscrit dans une tournée alternant petits clubs et festivals prestigieux, ce qui semble indiquer que la musique de ce fan de Sufjan Stevens et Bon Iver sait s’adapter à des configurations variées.

Scène Roc-On Volkswagen – 18:30

Anna von Hauswolff
Quelques jours avant son quarantième anniversaire, l’artiste suédoise viendra présenter sa musique inclassable au public de Rock en Seine. On a pu la qualifier de gothique car elle aime jouer de l’orgue dans les églises – enfin, sauf quand des intégristes l’en empêchent, comme à Nantes en 2021 –, mais son registre est bien plus large. Démonstration éclatante avec son album “Iconoclasts” sorti l’an dernier, qui la montre moins tourmentée, mais toujours aussi intense, sa voix exceptionnelle survolant des compositions épiques qui doivent autant aux Swans qu’à Kate Bush. Un moment magnifique en perspective.

Scène AXS – 17:25

Mogwai
Quand, au milieu des années 90, une bande de potes de Glasgow décidait de faire du boucan en prenant le premier nom qui leur venait à l’esprit, aucun d’entre eux sans doute n’imaginait qu’il ferait la tournée des grands festivals plus de trente ans après. Et pourtant, alors que beaucoup de groupes post-rock ont splitté ou fait de longues pauses, Mogwai n’a eu de cesse de rouler sa bosse. Malgré le départ de John Cummings, les soucis cardiaques de Martin Bulloch ou, plus récemment, la maladie de la fille de Barry Burns, la formation répond toujours présent et son cœur – basse, guitare, batterie – est toujours composé du même trio à l’origine de ce son mélangeant la rudesse de Slint, les mélodies de The Jesus and Mary Chain et les ambitions soniques de My Bloody Valentine.Le dernier album de Mogwai, “The Bad Fire”, est sorti en janvier 2025. Certains ont dû y voir un de ces « retours à la forme », tant des morceaux comme “If You Think This World is Bad, You Should See Some of the Others” revisitent à ce point la dynamique calme/bruit qui a fait le succès critique du groupe. Sur “Fanzine Made of Flesh” ou “Lion Rumpus”, Mogwai prolonge la veine plus rock, moins “post”, qui était la sienne sur les deux ou trois albums précédents. En format festival, plus ramassé que leurs concerts « normaux », Mogwai a l’habitude de revisiter l’ensemble de sa discographie en faisant plaisir à ses fans, en jouant à la fois des titres phares de son répertoire et d’autres un peu plus obscurs. Vu qu’ils n’ont pas de tubes incontournables, la setlist n’est pas figée et peut réserver de sympathiques surprises. En tout cas, même s’ils se sont assagis, n’oubliez pas les bouchons d’oreilles !

Scène BoursoBank – 19:35


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