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Interviews

Dorian Pimpernel : « On ne se retrouve quasiment jamais à cinq en studio »

On l’aura attendu longtemps… Douze ans après leur premier album “Allombon”, les cinq Parisiens de Dorian Pimpernel lui donnent enfin un successeur, “Flowers Too”, toujours chez Born Bad. Un hiatus pendant lequel les membres du groupe ont continué de faire de la musique, souvent en compagnie d’autres représentants français de ce qui n’est pas tout à fait une scène mais au moins une esthétique : mélodies fortes quoique refusant la facilité, richesse harmonique, remise au goût du jour de sonorités du passé. Produites avec Stéphane Domotic, ces onze nouvelles compositions précisent le concept semi-sérieux de « moonshine pop », soit le versant ténébreux de la sunshine pop, élaboré par Johan Girard, compositeur principal, Jérémy Orsel au chant (qu’on peut aussi entendre à la guitare avec The Gentle Spring, entre autres), Laurent Talon, Benjamin Esdraffo et Hadrien Grange (également membre à part entière de Tahiti 80). Nous nous sommes longuement entretenus avec les trois premiers au Chaton indépendant (ex-Pop In), plaque tournante de l’indie pop dans la capitale. Une conversation libre, profuse et passionnante dont voici les meilleurs morceaux.

Ce nouvel album était une sorte d’arlésienne dans le petit milieu pop parisien. Est-ce que c’est toi, Johan, qui as mis beaucoup de temps pour le composer ? Est-ce que c’était long de rassembler tout le monde pour enregistrer ? Ou les chansons ont-elles été enregistrées sur une longue période ?
Johan : Il y a eu quelques interruptions et de grandes intermittences dans la vie du groupeEt puis on est exigeants, donc quand on n’est pas totalement satisfaits, on retravaille.
Jérémy : Johan, il t’est déjà arrivé de ne pas faire de musique pendant un an.
Laurent : Oui, disons qu’on peut parler de consciences intermittentes qui se sont éteintes pendant un certain temps, se sont rallumées à d’autres, donc effectivement ça a rallongé la durée de préparation.
Johan : Une conception du temps un peu à la LaMonte Young…
Jérémy : Ce n’était pas du travail en continu. Les morceaux n’ont pas mis tout ce temps à se faire. Ils se sont faits par poches.
Laurent : Certains étaient prêts depuis très longtemps et on les a parachevés sur la fin. Et ce qui est très curieux, c’est que la semaine même qui a précédé le mixage par Domotic, Jérémy, entre autres, a pondu des chœurs pour la moitié des titres. Donc des chansons qui avaient été composées au fil d’une dizaine d’années ont finalement été terminées en une quinzaine de jours.
Johan : J’avais envoyé aux autres des mix bien avancés des morceaux pour qu’ils écoutent, puis on a fait une ultime réunion collective lors de laquelle on a procédé à une écoute de chaque morceau et où chacun a émis des remarques. C’est là qu’Hadrien Grange, le batteur, a trouvé que ça manquait de chœurs. Ça venait un peu tardivement car les morceaux étaient quasiment finis. Mais on était tous d’accord avec lui.
Laurent : C’est l’étincelle collective. En se frottant au jugement de l’autre, son jugement propre s’affine et effectivement, il y a des remarques qui crépitent au même moment. C’est le processus de création de l’équipe.
Johan : J’avais déjà conscience de ce manque de chœurs, quand même. On a fait une première session avec Mehdi Zannad qui est un très bon copain, très talentueux et très bon compositeur, de chœurs en particulier. C’était génial de bosser avec lui parce qu’il a des idées vraiment très chouettes, il arrive à trouver des choses incroyables en trois coups de cuillère à pot. On a aussi travaillé avec Ela Orleans sur un morceau. A la base, je ne connaissais pas son travail, Je suis allé l’écouter au Chair de poule [un bar parisien à la programmation musicale pointue, NDLR], c’était un tout petit concert mais j’ai été soufflé par sa musique.
Laurent : Pour en revenir à ta question, il n’est pas facile de donner une réponse simple. Certains morceaux étaient là depuis très longtemps, d’autres sont arrivés plus récemment, et globalement on les a vraiment parachevés dans les dernières semaines.

Vous vous réunissez souvent ? Il y a eu des moments où vous étiez ensemble en studio, par exemple ?
Jérémy : On ne se retrouve quasiment jamais à cinq en studio. Dorian Pimpernel, c’est le contraire d’un groupe qui répète régulièrement. On construit les morceaux par couches et on se donne rendez-vous en binôme ou au maximum en trio pour travailler sur des parties spécifiques qu’on assemble ensuite.
Laurent : On ne se voit tous ensemble que pour répéter avant un concert. C’est donc assez rare !
Johan: Il y a vraiment une forme de tuilage. Je suis le compositeur principal mais pas le seul, Laurent et Benjamin composent aussi, pour le groupe et en dehors. Je propose souvent une première trame qui est assez aboutie, à laquelle chacun apporte des éléments qui vont peut-être faire évoluer la structure. Il y a donc un jeu de tuilage et de détuilage.
Jérémy : Chose inhabituelle, la batterie d’Hadrien n’est pas la fondation du morceau, il doit l’ajouter à un morceau qui est déjà pas mal construit.
Laurent : On ne pose pas les fondations habituelles basse-batterie. La rythmique n’est pas forcément première dans l’élaboration des morceaux. Par exemple, “Brücke”, le dernier instrumental du disque, je l’avais enregistré il y a très longtemps avec Benjamin, simplement à partir d’un pari : il s’agissait de construire un pont symbolique entre Düsseldorf et Canterbury, qui sont deux de nos influences principales. Une fois que le morceau a été achevé, Jérémy a eu l’idée de poser de la pedal steel, et donc le pont qui allait de Düsseldorf à Canterbury s’est allongé jusqu’à Nashville grâce à lui. Les morceaux se construisent souvent comme ça, avec l’idée que l’un va apporter à la fin à partir d’une structure déjà pas mal élaborée.
Johan : Chacun apporte aussi une patte assez différente. Je compose beaucoup au piano, au clavier ou au synthé, en bidouillant. Je joue sur des synthés plus ou moins modulaires, enfin, de plus en plus, avec des boutons, des câbles… Jérémy, lui, apporte généralement une sonorité qu’on pourrait qualifier de plus “indie”, notamment dans les guitares.
Jérémy : J’ai la même sensibilité pour les synthés, ce genre de sons. Mais ce n’est pas mon rôle dans le groupe. Chacun apporte ses marottes personnelles, mais ce qui compte, c’est le résultat. On ne suit pas une route toute tracée. On se dit : “tiens qu’est-ce qui manque à cet endroit-là“, et on trouve quelque chose. Il n’y a pas de systématisme, il n’est pas indispensable qu’on joue tous en même temps sur les morceaux.
Laurent : On pense plus par arrangements que par logique de l’instrument dans un cadre rock.
Johan : Faire des solos de guitare, chose assez commune pour des groupes pop et rock, ça nous arrive assez peu. Pourtant, il y en a quelques-uns sur ce nouvel album, notamment un assez long et assez étrange, un peu à la Robert Fripp…
Laurent : … sur le morceau le plus lugubre, “Caravelle”.
Jérémy : Mais ce sont de vrais solos, soit des phrases musicales composées. Ce ne sont jamais des jams.
Laurent : On n’improvise jamais, c’est très important, il faut le dire.

Tout en étant dans la même veine, les nouveaux morceaux sont peut-être un peu plus directs que ceux du premier album…
Laurent : On a du mal à se refaire, on a forcément une empreinte qui se fait sentir. Mais il faut insister sur le rôle de Stéphane Domotic, qui dans son mixage a vraiment apporté un souffle nouveau. Quelque chose d’extrêmement hanté. Il a eu des idées, des trouvailles, vraiment des fulgurances géniales.
Jérémy : Il a ajouté quelques effets et puis il a donné un grain, il a sali, corrompu le monstre. Il a apporté le contraire d’un lustre.
Laurent : Oui, le contraire d’un lustre, puisque ça passe par l’érosion, qui produit un résultat très différent du disque précédent. Si en termes de composition, on retrouve des réflexes, le produit achevé a vraiment une dimension, un aspect très singulier par rapport au précédent.
Johan : Il y a d’autres différences, je trouve. C’est quand même beaucoup plus sombre.
Laurent : Oui, beaucoup plus, ou encore plus. Celui-là était froid, mais le nouveau est lugubre.
Johan: Il y a des influences, notamment le krautrock, qui sont plus présentes.
Jérémy: Mais pas seulement. Le mix de Domotic a conduit à ce que la guitare soit un peu en avant, donc il y a du rock dans le krautrock, et toi Johan, spontanément, comme ton fer de lance c’est le synthétiseur et la basse, quand tu fais tes pré-mix, tu n’as pas tendance à mettre ma guitare particulièrement en avant, elle est un peu décorative. Alors que là, il a rendu les sons plus agressifs, âpres. Donc finalement ça ressemble plus à un groupe live, ça sonne plus live, même si tout est faux. C’est un peu plus organique.
Laurent : Il y a plus de trouvailles psychédéliques aussi. Un psychédélisme très sombre, là encore.
Jérémy : Ça, c’est dès la base de la composition, parce que tu parles souvent des trucs de synthétiseur, donc même si Domotic a passé ça dans des bandes, dans des échos supplémentaires, etc., il y a quand même au départ une recherche de timbres extrêmement poussée, c’est un des trucs qui prend le plus de temps.
Laurent : Oui, je pense que ça prend autant de temps que la recherche de la structure.
Johan : Quand on fait des disques, c’est pas un sous-produit qu’on vend aux concerts. C’est l’offre principale. On s’adapte aux disques pour faire les concerts.
Jérémy : Et on n’a absolument rien d’autre à vendre…

Justement, en douze ans, la façon dont on consomme de la musique a quand même pas mal évolué. Il y a encore plus de streaming, on parle de l’intelligence artificielle… Comment vous vous situez par rapport à ça ? Est-ce que vous vous sentez totalement extérieurs ?
Johan : J’ai lu aujourd’hui que 40% ou 44% des nouvelles sorties quotidiennes sur Spotify ou Deezer, je ne sais plus, sont en fait de la musique faite par l’IA. Peut-être même plus. C’est inquiétant…
Laurent : Bertrand Burgalat donnait ces mêmes chiffres dans un entretien récent. Il parlait d’inflation, de saturation.
Johan : Je ne suis pas du tout dans un discours anti-IA. Je pense qu’on peut remplacer un comptable par une IA, c’est très bien, parce que ce sera du temps de dégagé pour faire des trucs plus sexy dans la vie. Dans certains métiers tertiaires, ça peut être une opportunité incroyable. En revanche, j’ai vraiment du mal à appréhender le fait qu’on puisse s’intéresser à de la musique voire à des œuvres littéraires faites par des robots. J’ai l’impression qu’il y a une conjonction entre le déclin du goût et la facilité qu’il y a à faire des choses insipides qui vont plaire à un public qui est de moins en moins intéressé par la musique. Je peux sembler un peu snob mais je reste très attaché à l’idée de musique populaire et ce qui se passe est assez dramatique. On va créer des générations d’abrutis, en fait.
Laurent : On n’en est pas encore là.
Johan : On en voit les prémices. Jul compose avec l’IA. Déjà que ce n’est pas fameux comme compositions…
Laurent : On n’est plus très nombreux à faire ce genre de musique mais on s’en fout. On est comme une réserve d’Indiens assiégés, et pour le moment, on survit.
Jérémy : On a commencé à une époque où le marché du disque déclinait déjà et on n’a jamais vraiment compté sur un succès, une large reconnaissance. On l’a peut-être un peu espéré, mais ce n’est pas ça qui nous motive.
Laurent : On fait de l’art pour l’art, en toute modestie. C’est-à-dire de manière totalement désintéressée. Ce n’est pas prétentieux de dire ça. Justement, il n’y a aucune visée promotionnelle. Il s’agit simplement de faire ce qui nous plaît.
Jérémy : Évidemment, c’est toujours un peu frustrant de se dire que ce qu’on fait n’aura probablement aucun écho…
Laurent : On est dans une vision romantique, il s’agit juste d’exprimer les sédiments profonds de notre sensibilité.

Il a toujours été question que ce nouvel album sorte, comme le précédent, chez Born Bad ?
Jérémy : Ça ne fonctionne pas vraiment comme ça, c’est plutôt du coup par coup.
Laurent : Tous les dix ans, JB appuie sur le bouton et on sort du coffre, tel Nosferatu.
Johan : On ne va pas se mentir, on a quand même essuyé deux ou trois vannes de JB sur le temps écoulé entre les deux disques…
Laurent : Mais il n’est pas venu nous solliciter tant que ça.
Johan : Il aime vraiment ce qu’on fait et il était hyper content qu’on ait un album à lui faire écouter.
Jérémy : On l’a sollicité une fois que le truc était à peu près terminé, et il ne nous a pas relancés tant que ça. L’inconnue était plutôt de notre côté, se dire qu’après tout ce temps, on va lui faire écouter un truc, est-ce qu’il sera toujours partant ? Sachant qu’on vient de l’évoquer, le contexte est plus difficile qu’il ne l’a jamais été. Mais on n’a pas eu à démarcher des labels au départ, sachant qu’il n’y en a pas forcément beaucoup qui sont intéressés par notre musique. JB est venu nous chercher à l’origine, et je crois qu’il n’aime pas trop se faire démarcher par les artistes.
Laurent : On est plutôt privilégiés, au fond.

Est-ce que vous avez l’impression de faire partie d’une petite scène en France, avec des gens comme Julien Gasc, Boris Maurussane, Mehdi Zannad, Biche… ? Des groupes et artistes qui chantant en français ou en anglais, mais qui ont une approche assez similaire de la musique ?
Jérémy : Quand on a été absent de la scène depuis des années, c’est difficile de dire qu’on fait partie de cette communauté…
Laurent : On peut quand même dire que ce sont des amis. Il s’agit pour nous moins de scènes que d’affinités. Ce sont tous des amis et des collègues. On joue avec Boris. Jérémy, Hadrien et moi, on a joué avec Julien.
Jérémy: Avec Julien, c’était sous l’impulsion de Born Bad, parce qu’on sortait nos disques en même temps. On connaît Alexis de Biche, qui a joué de la batterie dans le groupe d’Hadrien.
Laurent : Et Hadrien joue dans Tahiti 80. Bref, c’est plus une constellation de camarades. Mehdi fait des chœurs pour nous. Jérémy a accompagné Burgalat une ou deux fois il y a une quinzaine d’années… Il s’agit simplement de gens qui se rencontrent et qui se rendent compte qu’ils s’entendent et qu’ils partagent des valeurs esthétiques.
Jérémy : Il y a une scène indie pop à Paris où les gens se soutiennent, organisent des concerts ensemble, etc., mais en tant que Dorian Pimpernel, on n’y a jamais participé activement. Il nous est arrivé de jouer à la même affiche que d’autres artistes, mais la connexion c’était plus via Born Bad.

Ce que vous avez en commun avec les gens que je citais, c’est que vous n’êtes pas dans une pure efficacité pop, avec des refrains très accrocheurs, même si vos mélodies peuvent rester dans la tête.
Jérémy : Ce sont quand même des structures de chansons très classiques, il n’y a pas de morceaux de huit minutes, avec de grandes envolées.

Il y a des changements d’accords un peu inattendus…
Jérémy : Oui, voilà, harmoniquement il y a du travail. C’est assez différent de la pop à guitares que font certains groupes.
Laurent : Y a-t-il une spécificité, une esthétique de la pop française contemporaine, si on compare à des groupes étrangers ? Je pense que oui, même si j’ai du mal à la définir. Julien Barbagallo joue avec Tame Impala, qui a un type d’écriture très différent de ce que peut composer Julien Gasc. Ça n’est pas superposable.
Johan : On s’astreint sans vraiment s’y astreindre à la discipline des chansons de trois minutes. On aime tous des choses un peu expé, un peu prog, contemporaines, de recherche pure mais aussi les Beatles et les Kinks. On essaie de réunir un peu les deux, au sens aussi où le format est assez classique, mais souvent les ponts sont un peu étranges, on va avoir des ruptures de tempo, des choses un petit peu inattendues. Les structures sont un peu détournées.
Jérémy : C’est le canevas des Beatles post-66 : être inventif, créatif dans un cadre restreint, en restant accessible.
Laurent : Chez Boris Maurussane, par exemple, les morceaux peuvent atteindre six ou sept minutes, alors que chez Dorian, ils n’en font pas plus de quatre. C’est sans doute l’influence chez lui du jazz et de la musique brésilienne.
Johan : J’aime des trucs dans le prog, l’école de Canterbury, des groupes comme Caravan… Cependant, je trouve souvent qu’il y a plein d’idées intéressantes, mais que ça s’étire jusqu’à insupportable. J’aimerais que ce soit plus concentré.
Laurent : Dans le jazz, c’est pareil. Moi, j’aime bien Gil Evans ou certains morceaux de Mingus parce que les arrangements sont millimétrés, alors que très souvent sur les disques, je m’ennuie en écoutant une improvisation de jazz qui devait être sans doute extraordinaire quand elle a été jouée mais qui, une fois enregistrée, ne me fascine pas, ne me captive pas autant qu’une composition plus structurée.

On évoque souvent Broadcast à propos de votre musique. Ce groupe semble devenu une référence incontournable.
Laurent : Johan et Jérémy sont de grands fans.
Jérémy : Mais je ne sais pas si ça nous singularise vraiment, car ils ont influencé des tas de gens. C’était un peu un groupe de niche, mais très respecté, avec un grand succès critique.
Johan : Pour moi, c’est une forte influence arrivée un peu par hasard. J’avais trouvé le CD de “Work and Non Work” [compilation de leurs premiers singles, NDLR] dans un bac à soldes de la Fnac à 50 francs, c’était pas cher à l’époque. Donc j’ai tenté le coup, et j’ai été subjugué. Et après, j’ai suivi leur carrière, je les ai vus plusieurs fois en concert, je les ai interviewés aussi quand j’étais un peu dans la presse, j’ai beaucoup échangé avec eux, notamment des cassettes de raretés psyché ou de chanteuses françaises des sixties un peu oubliées qu’ils écoutaient dans leur tour bus. Ils étaient sur Warp, donc un côté un peu Aphex Twin, et en même temps très pop, et ils avaient aussi intégré l’influence des B.O. de John Barry ou Lalo Schifrin et des groupes des sixties un peu expérimentaux comme United States of America ou White Noise. White Noise, c’est le mix parfait entre une pop parfaitement composée et quelque chose, d’hyper dark, psyché, étrange… C’est ce qu’on cherche aussi, sans être pour autant dans le pastiche.
Laurent : La question pour nous, c’est : quand une mélodie surgit, qu’on a un enchaînement d’accords trop harmonieux, comment on va salir ça ? D’où notre concept de “moonshine pop”, le versant crépusculaire de la “sunshine pop” qu’on adore aussi d’ailleurs. Comment apporter un peu d’ombre, de nuages, de ténèbres à quelque chose de très lumineux à la base, mais en conservant une certaine naïveté. La naïveté de l’enfance et l’ombre de la mort. Il faut ajouter un peu de vinaigre au sucre.
Johan : Notre musique, au fond, c’est un peu une sauce sucrée-salée.



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