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Disques

Random Number – I Understand Your Date And Time Of Nowhere

RANDOM NUMBER – Towards The Forlorn Society
(Catmobile Records / Darla)

RANDOM NUMBER - Towards The Forlorn SocietyPour certaines personnes, la branche de l’électronica la plus expérimentale ne constitue rien d’autre qu’une vaste supercherie où des prétendus artistes mettraient bout à bout des sons de manière aléatoire et déclareraient ainsi faire de l’art. Sans entrer dans ce débat, Random Number pourrait bien effrayer ces mêmes personnes par son simple nom. Qu’elles se rassurent, le patronyme que cet Anglais – son vrai nom est Matt Robson – a choisi n’est pas révélateur de sa méthode de travail. Les beats secs, cassés et cassants s’enchaînent sans cesse dans une course folle où chaque morceau change très souvent de forme et où les points de repère sont aussi fuyant que la savonnette du matin.
Les compositions ont presque toutes une logique de construction propre, une mise en avant sonore spécifique et un éclat singulier. A l’écoute de « I Have A Plan », j’ai la sensation d’entendre des ordinateurs chanter cette comptine apprise en colonie où chaque fin de phrase détermine le début de la suivante : trois petit chats, chapeau de paille, paillasson, etc. Les sonorités les plus diverses se répondent joyeusement dans une unité parfaite. Matt Robson se plait a tisser des atmosphères parfois sombres comme sur « The Instances », recouvert par un épais nuage noir fait d’une chape de synthés graves et lourds. « The Oresund Fixed Link » distille quant à lui une sensation d’apesanteur en pointillés où des corps l’chés dans le vide voient leur course vertigineuse vers le sol interrompue pour être mis en orbite autour d’un étrange corps gazeux. Les mélodies sont parfois absentes, ce qui n’est jamais le cas de la rythmique, comme en témoigne « If It Escapes And Gets Out, Then What Do You Do? » où Random Number parvient à faire hurler des machines ; ces dernières souffrent pour notre plus grand plaisir. Et puis, il y a « Base And Superstructure », ainsi que « Obligatory Exit », deux boîtes à idées qui résument à elles seules le talent de Random Number : fond mélodique auquel s’accrocher de manière infaillible, architecture rythmique polymorphe en perpétuel mouvement et bouillonnement sonore permanent.
C’est à la fois simple et compliqué, limpide et touffu… formidable et superbe. Discrètement, Random Number vient de sortir l’un des plus beau disques électroniques de cette fin d’année.

Fred

Hold 1
The Instances
All Things Become History
Calculating A Hate/Love Threshold
Under Milk Wood
Base And Superstructure
Not Needing
Obligatory Exit
The Oresund Fixed Link
It It Escapes And Gets Out, Then What Do You Do?
I Have A Plan
Still Treading The Same Lanes As Last Year
Belligerent Refusal To Die
Hold 2

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