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Disques

Rob – Satyred Love

ROB – Satyred Love
(Source / Virgin)

ROB - Satyred LoveSatyred Love est de ces disques qu’on écoute et réécoute sans que l’opinion trouve matière à s’arrêter. A défaut de laisser prise aux jugements définitifs, ces heures de sondage laborieux ouvrent néanmoins sur une manière d’évidence : on accordera à ce garçon le bénéfice du doute. Pourquoi ? Parce que Rob est ambitieux, pour sa musique, s’entend, indéniablement plus que pour lui-même. Parce que l’outrance de son romantisme force la curiosité autant qu’elle agace. Parce qu’enfin, son aisance dans le maniement de la chose mélodique, celle-même qui l’entraîne parfois aux frontières de la putasserie, crève les tympans.
Ce second long format suit de relativement près la parution du liminaire – et prometteur – Don’t Kill. Dix-huit mois environ, au cours desquels le poulain de Source n’a pas ménagé ses efforts. Car poursuivre dans la voie de cette déclaration d’intentions était déjà suffisamment ardu : la réhabilitation du son prog-rock ne dépassera peut-être jamais le stade des balbutiements, et les délices de sa pop aux accents "variétoche" laissent de marbre la plupart des fines bouches auxquelles Rob, qu’il le veuille ou non, s’adresse. Au moment où il décidait de s’atteler de surcroît à l’exercice – casse-gueule s’il en est – du Concept Album, il franchissait une limite… Et dégringolait, du courage, dans la témérité.
Satyred Love relate les affres de l’amour naissant sur un mode transfiguré. Rien de moins. Troubles délicieux, doutes assassins, ici déclinés dans l’univers mythologique d’un Rob fait faune, mi-sentimental mi-lubrique, pour l’occasion. "Introducing a Satyred Love" plante un décor de bonne augure : quelques stars du synthétiseur vintage pour un instrumental enlevé, et même une pointe d’autodérision. On entre alors dans le vif, déconcertant, du sujet. Unité de ton, certes, avec cette production 70’s de guingois et ces orchestrations aussi épiques que mal maîtrisées ; homogénéité du propos, sans aucun doute, avec des textes d’une naïveté échappant pour le coup à tout contrôle, jusqu’à la platitude la plus confondante.
Les quelques titres (comme l’implacable "You & I & My Song") qui en réchappent n’évitent pourtant pas un dernier écueil. Doute t’il de ses talents de chanteurs ? Rob n’est sans doute qu’un interprète quelconque, mais sûrement pas calamiteux au point de justifier cet emploi systématique et éprouvant du Vocoder. Maladresse somme toute compréhensible, si l’on considère que cette botte secrète a fait les belles heures des champions de son écurie. Une écurie qui aurait été bien inspirée de le pousser à solliciter à nouveau les conseils de Stéphane ‘Alf’ Briat, producteur du Moon Safari de Air, de Phoenix, et de son premier disque, ou l’aide de quelque autre gracieux artisan, afin de dépêtrer la sympathique créature de ces influences mal digérées.

Adonis Morusot

Introducing a satyred love
Godspeed
You & I & my song
King lover
Never enough
The wedding day
Mermaid deluxe
Love bizarre
Do you mind if I keep on watching you
Unilarme
Godspeed reprise

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