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Disques

Metric – Synthetica

Metric - Synthetica

Metric court le risque de la redite. Comme Garbage ou Placebo en leur temps de gloire, le groupe a ce talent d’aligner des bombinettes electro-rock sexy et acides, mais pas celui de varier leur composition chimique. Aussi, il faut voir le titre du dernier opus, « Synthetica », comme un leurre partiel tant les indices stylistiques mis en avant (voix filtrée, sons synthétiques, rock superficiel taillé pour le dance-floor) étaient déjà à l’oeuvre, et peut-être plus puissamment sur « Fantasies », le prédécesseur. De fait, le groupe prolonge ici l’exercice de la salve pop-rock, avec un peu moins de bonheur et de finesse. Les morceaux les plus catchy tournent carré (« Youth Without Youth », « Breating Under Water », « Synthetica »), et seul sort du lot, à mon goût, le plus subtil « Speed the Collapse » qui fait passer une amertume inattendue dans une composition relevée (tenue vocale, guitares réverbérées à la Cocteau Twins).

Emily Haines et ses acolytes ne déméritent pourtant pas en essayant de pratiquer des hybridations inattendues : « Lost Kitten » semble croiser le « Cherry Lips Go Baby Go » de Garbage avec la mélancolie de Blonde Redhead. Mais, dans la seconde partie du disque, effectivement synthétique, ces efforts font affleurer le syndrome Goldfrapp : joliesse mélodique noyée sous des effets cheap (‘The Void », « Clone »), et même le duo avec Lou Reed (invité de luxe de « The Wanderlust ») n’est pas à la hauteur de ses intentions. L’album reste cohérent et agréable, mais paraît quelque peu anecdotique au regard du reste de la discographie. Difficile de douter de l’efficacité du groupe à transformer les morceaux sur la scène, mais beaucoup attendront une suite discographique un rien plus conséquente.

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