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Disques

The Weather Station – How Is It That I Should Look at the Stars

Tamara Lindeman revient avec le pendant dépouillé du sophistiqué “Ignorance”, album marquant de 2021. Et affirme, sur un mode en apparence plus mineur, un talent d’écriture et d’interprétation rare.

Il y a exactement treize mois, Tamara Lindeman, la tête pensante de The Weather Station, proposait un album important, tant dans sa discographie que parmi les parutions de l’année 2021. Abandonnant le folk acoustique qui caractérisait ses précédentes productions depuis 2006, la Canadienne opérait un virage à 180°, optant pour des sonorités soft rock, des envolées free jazz, des réminiscences de Fleetwood Mac et de Talk Talk assumées. La solidité d’“Ignorance” et sa production soyeuse, couplées à son engagement politique – la crise climatique fait partie des thèmes que développe la musicienne –, ont propulsé l’album en tête de nombreux classements des meilleures parutions de l’année dernière.

“Ignorance” avait été écrit en 2018, dans un moment d’intense créativité pour Lindeman. La profusion du travail rassemblé l’avait amenée à faire des choix et à laisser de côté un certain nombre de chansons composées durant cette période. En mars 2020, elle a repris ces titres abandonnés, notamment parce qu’ils portaient sur des préoccupations plus personnelles, intimes et moins politiques, et les a enregistrés en trois jours seulement. “How Is It That I Should Look at the Stars” se présente ainsi comme le pendant dépouillé et laconique d’“Ignorance” « la lune après le soleil », a pu dire Tamara.

La Canadienne s’y accompagne au piano, ne laisse que quelques inflexions jazzy sur certains morceaux. Les percussions, omniprésentes sur “Ignorance”, sont ici totalement absentes. La voix de la chanteuse, douce et chaude, y est d’autant plus mise en valeur. Les calmes ballades s’enchaînent et se répondent dans une belle harmonie, évoquant les amours de la musicienne ou son travail créatif, comme on peut en juger dans “To Talk About”.

Signalons au passage que le label Fat Possum a la bonne idée de ressortir l’an dernier “All of It Was Mine”, le premier album du groupe. Un beau disque où plane l’ombre de Joni Mitchell, à qui on pense aussi sur ce nouvel album. Son écoute permet de mesurer le chemin parcouru par Tamara Lindeman jusqu’à la belle maturité actuelle de sa production.


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