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Disques

Daniel Rossen – You Belong There

Deux ans après la mise en pause de Grizzly Bear suite au départ d’Ed Droste, Daniel Rossen sort son premier album. On y entend du folk-jazz énigmatique où la voix sincère du chanteur affûte enfin nos oreilles.

Des titres abscons, des arrangements complexes, une attitude parfois distante avec le public, il n’en faut pas beaucoup plus pour ranger un artiste dans la case “auteur intellectuel“. On vous épargnera la liste des musiciens injustement classés dans cette catégorie, à une exception près qui nous concerne aujourd’hui. La froideur que Daniel Rossen triballe depuis le début de sa carrière au sein de Grizzly Bear ou encore Department of Eagles disparaît enfin avec un premier album solo lumineux. Sorti il y a déjà quelques mois, “You Belong There“ mérite bien une session de rattrapage en cette fin d’été 2022.

Orchestrations qui flirtent avec le jazz, contrebasse souple, batterie aventureuse, cordes discrètes, finger pickings citadins et chant habité par une certaine grâce : tout est déjà dit ou presque sur l’inaugural “It’s a Passage“. Quand Daniel Rossen nous sert ses mouvements les plus complexes, c’est pour mieux introduire une douce mélodie au charme discret. Quand il exécute un arpège sur sa guitare folk, c’est avant tout une respiration avant d’entamer une ballade majestueuse. Enfin, quand il nous offre une production classieuse, c’est pour mieux nous perdre dans les détails de cette musique avant que nous nous rendions à l’évidence : le temps sied parfaitement à la voix de Daniel Rossen qui se connecte enfin à nos âmes au milieu d’une coda providentielle.

Sur les dernières notes de “Repeat The Pattern“, l’Américain trouve même une sorte de charme champêtre, maladroit mais touchant. L’instant est presque fugace, trois minutes à peine avant d’immédiatement disparaitre tout en nous invitant à reprendre le disque depuis le début. Un ultime titre presque balancé à la va-comme-je-te-pousse avec une guitare en bois et un petit orchestre qui répètent trois fois la même structure. Dans ce final, Daniel Rossen se montre à la fois plus accessible et plus lunaire, comme s’il n’avait pas complètement perçu que ces orfèvreries musicales tenaient du chef-d’œuvre discret.

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