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Interviews

Armelle Pioline célèbre Holden : le réveil de l’attrape-cœur

Pour les 25 ans de POPnews, qui coïncident avec les 25 ans du premier album de Holden, Armelle Pioline (chant, guitare, clavier) et Michel Peteau (guitare) ravivent le remarquable répertoire du duo pop et poétique, actif de 1998 de 2013. Concert unique ou première date d’une nouvelle aventure ? A l’heure de ranimer ces mélodies de haut vol (sans Mocke, cofondateur du duo), le projet est avant tout de faire la fête avec des invités, dont Laetitia Sadier (Stereolab). Rendez-vous est donné à l’International le 16 juin !  

Photo ci-dessus : Thomas Gueriguen.

Avant même que POPnews te propose de jouer pour les 25 ans du webzine, tu avais dans l’idée de reprendre Holden, non ?  
Armelle Pioline : Ça faisait un moment que je réfléchissais à une jolie façon de commémorer les 25 ans du premier album d’Holden, “L’Arrière-monde”, sorti chez Lithium en 1998. Je souhaitais rééditer tout notre catalogue en vinyle, et faire une date à la Maroquinerie. J’œuvrais tranquillement depuis quelque temps pour récupérer des bandes. J’ai obtenu satisfaction en ce qui concerne le catalogue du label Village Vert, mais pour le premier album, objet de cet anniversaire, je n’ai pas obtenu l’accord de Lithium…. Une première écharde, donc, dans mon projet de réédition. Entre-temps, on avait booké la Maroquinerie pour le 24 juin 2023. Puis un jour Mocke m’a appelée pour me dire qu’il ne ferait pas ce concert, ni aucun autre d’ailleurs. La mort dans l’âme, j’ai tout annulé. Peu de temps après, POPnews est venu vers nous avec cette proposition de concert d’Holden, et j’ai sauté sur l’occasion.

Il semble que Mocke ne souhaite pas raviver le passé. Et toi, comment vis-tu ce réexamen de votre discographie ? 
Le processus de me replonger dans Holden après dix ans d’abstinence me plaît beaucoup. C’est de la spéléologie ! J’explore des disques durs, je retrouve tel ou tel sample en me demandant de quel disque il provient, ce qui me ramène à ce qu’on écoutait à telle époque. Je repense à mon Emax, mon premier sampler que j’ai tant aimé. Pour ma part,  j’étais très heureuse dans Holden. Le temps d’une décennie, on a fait le tour du monde grâce à ces chansons !

Photo : Philippe Dufour

Après le refus de Mocke de se joindre à cette célébration, comment envisageais-tu de revisiter Holden sur scène ?  
Au début, pour cette date unique, je pensais tout faire seule, en mode ultra-minimaliste. Un truc entre moi et moi-même (sourire). Je crois d’ailleurs que c’est la première fois que je m’appelle « Armelle Pioline » sur une affiche… Mais Holden, ce n’est pas ça. Ça se doit d’être luxuriant, joyeux, débordant d’harmonies, surtout le jour de ses 25 ans ! Alors, j’ai fait appel à quelques amis chers.

Qui t’accompagnera sur scène ? 
Michel, bien sûr (Michel Peteau, alias Cheval Fou, et membre de SuperBravo, NDLR). Il me sera d’une grande aide sur scène, car il y a d’innombrables guitares à faire, comme tu t’en doutes. Il y aura aussi le musicien Flop – qui joue le même soir avec Emilie Vabre – qui viendra jouer quelques titres avec nous. Et mon invitée de coeur, ma « London Sister », Laetitia Sadier, viendra chanter avec moi.

Michel Peteau & Armelle Pioline / Photo : Philippe Dufour

Tu envisagerais d’autres dates après le 16 juin, où tu revisiterais Holden ?
Je n’y avais pas vraiment pensé, mais quand je parle de cette date à l’International, de toute évidence, ça suscite de l’intérêt… Pour l’instant je n’ai rien accepté. Et puis, j’ai d’autres projets sur le feu qui vont me laisser peu de temps cette année.

En effet, tu as coréalisé les parutions récentes de Séverine Daucourt et de Ms. Jones. D’autres choses sont en route ?  
Les deux disques que l’on a réalisés dans notre studio en 2022 sont sortis par hasard au même moment, en février dernier. Séverine Daucourt, poétesse, et Ms. Jones sont deux artistes exceptionnelles dans leur genre, et je les suis sur scène pour l’une, et en promo pour la seconde. J’ai aussi composé des musiques pour le spectacle de la plasticienne Valentine Fournier. Un très beau projet inspiré du livre de Tanguy Viel, “La Fille qu’on appelle”. Je travaille actuellement sur un projet très pop, en anglais, avec le musicien Sébastien Hoog. Un EP va paraître cette année. Et puis, je commence à travailler sur le prochain SuperBravo, que l’on espère enregistrer après l’été.

“C’est plus pareil”, extrait de l’album Pedrolira (2002)

À vrai dire, après vingt années à enchainer « écriture – enregistrement – tournée », une vie somme toute très cyclique, je m’ouvre à d’autres fonctionnements, je prends des tangentes. Je me suis même inscrite à une chorale cette année. D’une certaine manière, je me sens plus libre d’accepter des collaborations à droite à gauche. Je m’autorisais moins de choses à l’époque d’Holden. A part le duo avec Jean-Louis Murat que j’avais très envie de faire.

A ce propos, quels souvenirs gardes-tu de Jean-Louis Murat ? 
Je me souviens de beaucoup de premières fois avec lui… Mon premier plateau télé, ma première séance d’enregistrement au mythique studio Davout, etc. Jean-Louis Murat a aussi été l’un des premiers à me signifier que j’avais le droit d’être là. J’ai aimé l’avoir dans mon champ de vision, loin ou proche, tout au long de ma vie.

Tu dis que tu t’autorisais moins de choses dans Holden, mais comment fonctionnait votre duo du point de vue de la création ?     
Holden a vraiment été un travail à quatre mains. Nous vivions sous le même toit, avec des instruments un peu partout. Ça partait souvent d’un riff de Mocke, ou d’un sample quelconque piqué à un jazzman ou autre, puis on cherchait, on improvisait… Quand l’un était en panne sur un texte ou une composition, l’autre prenait le relais. Notre vie était mobilisée par l’écriture. Hormis pour l’album “Sidération”, très majoritairement écrit par Mocke, Holden a vraiment été un duo où les rôles se sont confondus. Pour certains textes, on ne sait même plus qui est l’auteur… C’est très entremêlé.

SuperBravo creuse un autre sillon que Holden, néanmoins il peut s’apprécier comme une déclinaison pop. C’est ton registre de prédilection ?
Oui, j’ai l’impression de composer davantage de la pop que des chansons. J’aime la joie qui en émane, au delà des mots. Enfant, j’ai été très positivement marquée par les émissions de variétés que je regardais à la télé.  Il y avait des formes et des couleurs pop, des tenues pop, de la musique pop… Je me souviens, c’était la joie dans le salon.

Le 16 juin à 20h : Armelle Pioline & invités célèbrent Holden (+ Facteurs Chevaux + Emilie Vabre), à L’International, 75011 Paris.


One comment
  1. Bernard G

    J’écoutais le seul disque de Holden en ma possession (Chevrotine) et je me demandais ce qu’était devenu ce duo dont j’aimais beaucoup la nonchalance de la voix. J’ai donc la réponse. Dommage que j’ai manqué le concert du 16 juin.

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