Voici une sélection de concerts pas encore complets pour 2026, dans toute la France, en commençant par ce premier trimestre. Cette liste sera régulièrement mise à jour, donc n’hésitez pas à la consulter régulièrement (et à cliquer sur les liens, qui renvoient pour la plupart à la billetterie et/ou aux sites web des artistes).
Herman Dune
A Paris et sa proche banlieue au début des années 2000, il est difficile d’échapper à Herman Düne (le tréma est alors de rigueur). En résidence à Mains d’Œuvres, à Saint-Ouen, le groupe mené par les frères franco-suédois David-Ivar et André Herman Düne y fédère tout une scène (anti-)folk transatlantique. Enregistrés rapidement, sortis sur divers labels – dont l’indispensable Prohibited Records en France –, les albums se succèdent au rythme d’un ou deux par an, tout comme les Peel Sessions (six selon leur page Wikipedia, un record pour un groupe français). Après le départ en 2006 de l’aîné André alias Yaya à Berlin, David-Ivar reste seul aux commandes avec le batteur Néman (également moitié des electro-kraut Zombie Zombie), et la formation devient plus pro, à la limite du mainstream avec des singles comme ”I Wish that I Could See You Soon“ ou “My Home Is Nowhere Without You”. André, sous son nom ou le pseudo Stanley Brinks, reste lui fidèle à une certaine idée de l’underground et publie d’innombrables CD-R sous pochette photocopiée, dont une bonne partie ont été chroniqués ici et là. En s’installant en Californie dans les années 2010, David-Ivar revient, lui, aux sources de son inspiration de storyteller et continue à se raconter dans des disques un peu plus graves et matures, mais à la touche toujours légère, comme “Notes from Vinegar Hill” ou “Odysseús” sorti l’an dernier.
Cet hiver, on ira le voir sur scène sans nostalgie (d’autant qu’en dehors des quelques petits tubes d’Herman Düne, il joue surtout des morceaux récents)… mais avec le souvenir de soirées magiques à Mains d’Œuvres il y a vingt-cinq ans.
22 février à Feyzin (Epicerie moderne), 5 mars à Aurillac (festival Hibernarock*), 6 mars à Auriac-l’Eglise (festival Hibernarock*), 7 mars à Limoges (Espace Noriac), 8 mars à La Roche-sur-Yon (Quai M*), 12 mars à Amiens (Lune des Pirates*), 13 mars à Paris (Cabaret Sauvage*).
Places en vente ici.
Sur les dates suivies d’un *, la première partie sera assurée par la jeune Franco-Américaine Barbara Forstner, dont la magnifique voix et les chansons folk à l’écriture très assurée nous ont séduits. On conseille donc d’arriver tôt !
Flora Hibberd
Son premier album “Swirl” aura beaucoup tourné sur la platine en 2025. Il tournera encore en 2026 puisqu’une version « deluxe » sortira le 6 février avec sept titres supplémentaires, versions alternatives, live et démos. L’occasion de retrouver la scène pour l’Anglaise installée en France, entouré de musiciens précis et subtils qui donnent toute son ampleur à son indie folk lettré, d’une grande élégance.
26 mars à Evreux (Le Kubb) avec Michelle Blades, 30 avril à Epinal (La Souris verte)
Yalla Miku
Sur son deuxième album, le collectif suisso-érythréen Yalla Miku, qui rassemblait à l’origine des membres de Cyril Cyril, Hyperculte, L’Orchestre Tout-Puissant Marcel Duchamp et des musiciens africains, offre un cocktail bluffant et survitaminé (electro, dub, krautrock, postpunk, musiques traditionnelles…), dans plusieurs langues dont le français. Leur musique n’est pas de tout repos, mais sait toujours rester accessible, riche et excitante. On en a eu une belle démonstration lors de leur passage au FGO-Barbara, à Paris, en février.
Le 28 mars au Centre culturel suisse de Paris.
Cory Hanson
Avec le groupe Wand, le Californien Cory Hanson s’était d’abord inscrit dans une veine garage rock psyché assez tapageuse, proche de son pote Ty Segall. Peu à peu, leur musique est devenue plus réfléchie, calme et mélodieuse sans que les musiciens abandonnent pour autant leur goût de l’expérimentation, les chansons naissant souvent de jams en studio. En parallèle, l’hyperactif Hanson enregistre des albums solo au songwriting plus classique. Sorti l’an dernier, “I Love People” est une collection de ballades de toute beauté, superbement chantées, sans doute ce qu’il a fait de plus engageant et accessible jusqu’ici. Pas impossible toutefois qu’il parte dans quelques embardées plus électriques sur scène.
Le 24 septembre à Paris (Petit Bain), report du concert initialement prévu en février.
Austra
La “queer music” d’Austra a toujours ses adeptes. Pour preuve, la date parisienne à la Maroquinerie a été rapidement complète et a été relocalisée au Cabaret sauvage, à la jauge plus grande. Après quelques années d’absence, on retrouvera avec plaisir la pop électronique et légèrement expérimentale de Katie Stelmanis (seul membre permanent du groupe canadien depuis une quinzaine d’années), qui cache une belle profondeur sous une surface chatoyante.
3 mars à Feyzin (L’Epicerie Moderne), 4 mars à Paris (Cabaret sauvage), 5 mars à Tourcoing (Le Grand Mix).
Heavenly
Le retour d’un groupe exemplaire de l’indie pop anglaise, hors des courants de son époque (baggy, shoegaze, Britpop…), deux ans après un concert très enthousiasmant au Point éphémère. Plus d’infos ici.
Le 6 mars à Paris (Petit Bain).
Jens Lekman
Après des années sans nouveaux morceaux, le baladin suédois est revenu l’an dernier avec “Songs for Other People’s Weddings” sorti comme la plupart de ses disques précédents chez Secretly Canadian. Cet ambitieux song cycle narrant l’histoire d’amour puis de désamour entre un homme et une femme s’inspire de son activité annexe de « chanteur de mariages » : depuis vingt ans, l’auteur de “If You Ever Need a Stranger (to Sing at Your Wedding)” écrit des chansons sur demande et les interprète pendant la cérémonie. A priori, pas de noce prévue pendant son unique date française de la tournée, mais une bonne ambiance assurée grâce à ce storyteller plein d’humour et capable aussi d’offrir de grands moments d’émotion pure.
10 mars à Paris (La Bellevilloise).
And Also The Trees
Le groupe des frères Jones, Simon Huw et Justin, aime la France, qui le lui rend bien. Le voici de retour pour quatre dates dans le Nord et l’Ouest. Avec plus de quarante-cinq d’une carrière sans faute, les Anglais qui ont fait à plusieurs reprises la première partie de leurs amis de Cure ont de la matière pour composer leurs setlists. Les classiques aux accents postpunk des années 80, attendus par les vieux fans, côtoient ainsi des morceaux plus récents et plus acoustiques. Un groupe unique en son genre, à la musique à la fois fiévreuse et raffinée, qu’il faut avoir vu sur scène au moins une fois dans sa vie !
18 mars à Tourcoing (Le Grand Mix), 20 mars à Lorient (Hydrophone), 21 mars à Cherbourg (Le Circuit), 22 mars à Paris (Gaîté Lyrique, avec Catherine Graindorge).
The Apartments
Qui dit nouvel album des Apartments (le magnifique “That’s What the Music Is For”, paru en octobre dernier) dit tournée en France, le pays de cœur de Peter Milton Walsh. On ignore avec quelle formation il se présentera – on suppose qu’il sera accompagné, comme souvent, par quelques musiciens bien de chez nous –, mais les émotions fortes devraient comme toujours être au rendez-vous. Si l’Australien apparaît plus apaisé sur disque, ses concerts sont toujours particulièrement intenses. Evidemment inratable, d’autant plus qu’une bonne partie du territoire national est couverte.
25 mars à Angers (Chabada), 26 mars à Rouen (106), 27 mars à Metz (Les Trinitaires), 29 mars à Tourcoing (Le Grand Mix), 31 mars à Paris (Petit Bain), 1er avril à Saint-Nazaire (le VIP), 2 avril à Angoulême (La Nef), 3 avril à Bordeaux (Le Rocher de Palmer), 4 avril à Volvic (Les Vinzelles).
Supersonic Block Party
Une quatrième édition sur trois soirées pour ce petit festival cousin du souvent excellent Pitchfork Avant-Garde, puisqu’il se déroule lui aussi dans plusieurs salles du sympathique quartier Bastille, à Paris. Parmi elles, le Supersonic Club et le Supersonic Records, bien sûr, mais aussi le Pop Up du Label, la Mécanique ondulatoire ou encore le Badaboum. Il sera sans doute impossible de voir les quelque 70 (!) groupes programmés, rangés dans quatre catégories (qui valent ce quelles valent) pour qu’on s’y retrouve un peu : dreamy, shiny, pogo et revival. Rien que de l’émergent, même si certains ont déjà fait parler d’eux comme Pale Blue Eyes, vus et approuvés en première partie de Slowdive, les explosifs Heavy Lungs, le groupe de Danny Nedelko (cf. la fameuse chanson d’Idles) ou les Cucamaras de Nottingham, qui ont sorti depuis 2022 quelques singles d’un postpunk sombre et nerveux, bien dans l’air du temps.
Il est déjà possible de prendre ses billets.
Les 14, 15 et 16 mai dans plusieurs salles du quartier Bastille.
Tropical Fuck Storm
Quel groupe dit mieux le chaos de notre monde que les Australiens de Tropical Fuck Storm ? Formé par Gareth Liddiard (voix, guitare) et Fiona Kitschin (basse, voix) il y a dix ans après leur départ des marquants The Drones, le quartette complété par Erica Dunn (guitare, claviers, voix) et Lauren Hammel (batterie) livre sur disque un rock tortueux et insaisissable, qui ne cherche jamais la facilité. “Fairyland Codex”, quatrième album studio sorti l’an dernier, présente toutefois un groupe plus posé, où les voix féminines sont souvent en avant, capable de nous émouvoir et même de nous faire danser sur le titre ”Bloodsport”. Sur scène, c’est autre chose : Tropical Fuck Storm reste une machine de guerre, qui laisse le public exsangue comme on a pu le constater l’an dernier à la Route du rock. « Un grand tout organique et orgiaque, un magma sonore qui menace à tous instant de submerger le public, écrivions-nous. L’ensemble, très maîtrisé derrière des apparences chaotiques, n’est pas vraiment une promenade de santé. » Vous êtes prévenus !
14 juin à Metz (Les Trinitaires), 16 juin à Montreuil (La Marbrerie), 17 juin à Nantes (Stéréolux), 20 juin à La Rochelle (La Sirène).
Autres concerts à venir à Paris et banlieue : The Notwist (24 avril au Trabendo), Crack Cloud (29 avril à la Marbrerie de Montreuil), Marta Del Grandi (5 juin au Pop Up du Label), Aldous Harding (12 juin à la Salle Pleyel), Kevin Morby (6 juillet à la Salle Pleyel), The Whitest Boy Live (31 août au Cabaret sauvage)…
