Loading...
ConcertsFestivalsNews

Pleins feux sur la 34e Collection été de la Route du rock

Avec des forfaits trois jours déjà épuisés et le samedi complet près de deux mois avant l’événement, la Route du rock devrait faire le plein cet été. L’annonce de l’essentiel de la programmation bien plus tôt qu’à l’accoutumée a sans doute aidé, tout comme la programmation elle-même : pas de mégastars, financièrement hors de portée, mais un line-up solide mêlant vétérans toujours d’attaque (Divine Comedy, Mogwai, Baxter Dury…), grands noms d’aujourd’hui (dont bien sûr Fontaines D.C. le samedi, pour leur unique date estivale en France) et découvertes. Cette deuxième édition de l’ère Pigasse/Combat montre que la Route du rock reste fidèle à ses fondamentaux indie, apparaissant comme la version plus modeste – en nombre de scènes et de concerts – de festivals anglais relativement pointus comme Green Man ou End of the Road. Le tout à des tarifs qui restent raisonnables dans un contexte inflationniste pour la musique live et avec en bonus gratuit, histoire de garder les bonnes habitudes, une expo photo (le regretté Jean-Louis Murat par Frank Loriou) et une conférence du charismatique Christophe Brault sur les « power trios et duos ».
Comme chaque année, nous mettons en lumière quelques-uns des artistes programmés, vidéos live à l’appui.


La Nouvelle Vague

Elias Rønnenfelt

Chanteur de la formation danoise Iceage (qui a sorti un nouvel album cette année et se produira au Pitchfork Paris en novembre), Elias Rønnenfelt mène depuis deux ans une carrière solo en parallèle. Là où son groupe reste adepte d’un rock à guitares incisif, quoique moins sombre qu’à ses débuts il y a quinze ans, lui préfère une musique plus bricolée, touffue et moins facile à situer, riche en samples et expérimentations rythmiques, où l’on trouve aussi bien du folk lo-fi que du dub déglingué. Pas très loin de la démarche du mystérieux Dean Blunt avec qui il a d’ailleurs collaboré, tandis que les mythiques Congos et sa compatriote Erika de Casier sont invités sur son dernier album. La version scénique semble plus carrée, et d’une intensité parfaitement maîtrisée.

Gurriers

On pourra dire qu’on a découvert Gurriers à ses débuts, en septembre 2023 au festival Hop Pop Hop d’Orléans, alors que son premier (et pour l’instant unique) album n’était pas encore sorti. On évoquait alors
« une force de frappe redoutable, grâce notamment à un chanteur charismatique et véhément, qui ne relâche jamais la pression ». Le même genre de déflagration est donc à prévoir, la maturité en plus, avec ces Dublinois entre postpunk et grunge, bien dans la lignée de ce que la Route du rock a pu nous offrir ces dernières années.

Et aussi :

Just Mustard, d’autres Irlandais en activité depuis dix ans, entre shoegaze, sonorités électroniques et rythmiques indus.


Plage de Bon-Secours

Helen Island

Helen Island, alias le Parisien Léopold Collin, est sans doute l’une des entités les plus étranges à être programmés à la Route du rock cet été. Les quelques morceaux de lui qu’on peut trouver en ligne distillent une pop « hypnagogique » onirique, vaporeuse et obsédante, parfois même légèrement inquiétante, dont on n’arrive pas à cerner l’origine. Est-ce une voix féminine qu’on entend, ou plusieurs, ou uniquement la sienne déformée ? Cette musique est-elle vraiment jouée, ou a-t-elle été captée par télépathie ? Une étrange expérience à la fois spirite et chill-out est à prévoir sur la plage, où l’artiste devrait enfin apparaître en pleine lumière.


Fort de Saint-Père

Horsegirl

Ce jeune trio féminin de Chicago avait fait forte impression avec son premier album “Versions of Modern Performance” sorti en 2022. Penelope Lowenstein, Nora Cheng et Gigi Reece y déroulaient un rock rugueux aux guitares éruptives tout juste adouci par leurs voix à l’unisson, réminiscent de la scène alternative US des années 90. L’an dernier, “Phonetics On and On”, distingué ici même, confirmait leur talent et montrait que les trois musiciennes avaient su s’éloigner de leurs influences premières. Son plus minimaliste, mélodies plus pop, compositions aux structures plus originales : ce deuxième disque séduit par sa fraîcheur et son mordant, qu’on a hâte de retrouver sur scène.

Cate Le Bon

On suppose que Cate Le Bon et les trois filles de Horsegirl auront des choses à se dire quand elles se croiseront backstage. La Galloise était en effet aux manettes sur le dernier album du groupe. Ce n’était pas sa première expérience de productrice : ces dernières années, la chanteuse et multi-instrumentiste a travaillé avec Deerhunter, Kurt Vile (qui joue samedi), Wilco, St. Vincent ou plus récemment Dry Cleaning (qui jouent vendredi). Cette activité a sans doute nourri ses propres réalisations (et vice versa) depuis la fin des années 2000. Des albums de plus en plus sophistiqués et ambitieux dans leur façonnage sonore, mais où la voix de Cate, empreinte d’une certaine fragilité, porte toujours une émotion sincère.

Smerz

A priori, difficile de faire plus chic et cool que ce duo féminin composé de Catharina Stoltenberg et Henriette Motzfeldt, qui partage son temps entre Oslo et Copenhague. Smerz s’est produit, entre autres, à la Tate Modern de Londres, au MoMA PS1 et au Webster Hall à New York, au Berghain et à la Volksbühne de Berlin, parfois avec un ensemble vocal ou une compagnie de danse contemporaine. Catharina Stoltenberg est la fille d’un ancien Premier ministre norvégien et secrétaire général de l’Otan, tandis que Henriette Motzfeldt a étudié au prestigieux Rhythmic Music Conservatory de Copenhague dont sont sorties Erika de Casier, ML Buch et Astrid Sonne. Quelques jours après leur passage à Saint-Malo, elles feront la première partie de Lorde à Pula, en Croatie. Comme on peut s’en douter, leur musique n’est pas du punk hardcore, mais une electro-pop très texturée, aux velléités expérimentales quoique de plus en plus accessible. Des histoires de “Big City Life” (c’est le titre du deuxième album), dans une veine plutôt intimiste, mais qui, au vu de quelques vidéos, semblent passer sans peine l’épreuve du live.

The Divine Comedy

Ce n’est évidemment pas la première venue de Neil Hannon à la Route du rock. On se souvient notamment de la très humide et boueuse édition 2002, où il avait visiblement quelques verres dans le nez – peut-être un moyen de supporter des conditions pas franchement optimales. C’était le deuxième passage de Divine Comedy à Saint-Père et, sauf erreur, le dernier avant cette année. Depuis, l’auteur de “Tonight We Fly”, déjà populaire chez nous, est devenu une valeur sûre qui peut remplir sans peine la salle Pleyel deux soirs de suite. Autant dire qu’on est très impatient de retrouver l’Irlandais, dont on espère qu’il bénéficiera d’une météo plus clémente qu’il y a vingt-quatre ans. Si une certaine gravité se dégage de son dernier album, le très beau “Rainy Sunday Afternoon” (heureusement, il ne joue pas un dimanche, et pas l’après-midi non plus), on peut toujours compter sur ce bon vieux Neil, ses formidables musiciens et son impeccable songwriting d’artisan pour nous faire passer un très bon moment.

Et aussi :

Peaches, dont on espère une performance aussi spectaculaire, drôle et provoc que d’habitude ; Ditz, groupe postpunk/noise de Brighton réputé pour ses concerts intenses ; Cotisa Star, jeune rappeuse trans alternative américaine passée par les Nuits sonores en mai dernier ; Darkstar, le trio formé par Nicolas Jaar, entre electro, prog rock et psychédélisme.


La Plage de Bon Secours

Bibi Club

C’est le duo québécois qui monte. Pas tout à fait des nouveaux venus, puisque Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque en sont déjà à leur troisième album. Leurs chansons, en anglais ou en français, défrichent des territoires nouveaux à la croisée d’une electro-pop répétitive, des dissonances du rock indé américain (ils ont assurés des premières parties de Blonde Redhead et ont enregistré un titre avec le grand Calvin Johnson), de la dream pop et d’ambiances qu’on pourrait qualifier de tribalo-médiévales. Le résultat, qui apparaît tour à tour – voire en même temps – joyeux et ténébreux, est pour le moins intrigant, et souvent prenant. En pleine après-midi, quasiment les pieds dans l’eau, mettront-ils en avant leur côté le plus solaire ? On se fera un plaisir d’aller vérifier.

Fort de Saint-Père

Mogwai

Quand, au milieu des années 90, une bande de potes de Glasgow décidait de faire du boucan en prenant le premier nom qui leur venait à l’esprit, aucun d’entre eux sans doute n’imaginait qu’il ferait la tournée des grands festivals plus de trente ans après. Et pourtant, alors que beaucoup de groupes post-rock ont splitté ou fait de longues pauses, Mogwai n’a eu de cesse de rouler sa bosse. Malgré le départ de John Cummings, les soucis cardiaques de Martin Bulloch ou, plus récemment, la maladie de la fille de Barry Burns, la formation répond toujours présent et son cœur – basse, guitare, batterie – est toujours composé du même trio à l’origine de ce son mélangeant la rudesse de Slint, les mélodies de The Jesus and Mary Chain et les ambitions soniques de My Bloody Valentine.
Le dernier album de Mogwai, “The Bad Fire”, est sorti en janvier 2025. Certains ont dû y voir un de ces « retours à la forme », tant des morceaux comme “If You Think This World is Bad, You Should See Some of the Others” revisitent à ce point la dynamique calme/bruit qui a fait le succès critique du groupe. Sur “Fanzine Made of Flesh” ou “Lion Rumpus”, Mogwai prolonge la veine plus rock, moins “post”, qui était la sienne sur les deux ou trois albums précédents. En format festival, plus ramassé que leurs concerts « normaux », Mogwai a l’habitude de revisiter l’ensemble de sa discographie en faisant plaisir à ses fans, en jouant à la fois des titres phares de son répertoire et d’autres un peu plus obscurs. Vu qu’ils n’ont pas de tubes incontournables, la setlist n’est pas figée et peut réserver de sympathiques surprises. En tout cas, même s’ils se sont assagis, n’oubliez pas les bouchons ! (V.A. avec Yann Giraud)

Dry Cleaning

Chez Dry Cleaning, les textes sont davantage parlés (par la très deadpan Florence Shaw) que chantés, sur une formule guitare-basse-batterie entre jangle pop et post-punk. La production à l’os du très demandé John Parish (vieux complice de PJ Harvey, il a également travaillé entre autres avec Aldous Harding, à l’affiche cette année) préserve parfaitement le tranchant du groupe, qui tire tout son sel du contraste entre sa figure de proue aux allures de bibliothécaire chic – et un brin perverse – et les trois tatoués patibulaires mais presque qui l’entourent. Particulièrement productif, le quartette, qui a rencontré un succès inattendu outre-Manche dès son premier album, semble vouloir faire constamment évoluer une formule qui aurait pu paraître un peu limitée au départ. Sorti cette année après trois ans de silence discographique, “Secret Love”, enregistré en partie dans les fameux studios angevins Black Box Recording et produit cette fois-ci par Cate Le Bon (décidément, elle est partout !), les voit élargir leur palette sonore et stylistique sans renier leurs fondamentaux. Des morceaux qui devraient encore prendre une autre dimension sur la scène du Fort, trois après leur première venue.

Marie Davidson

Née en 1987, la Montréalaise Marie Davidson s’est d’abord fait connaître au sein de la scène expérimentale de la ville (autour notamment du label Constellation) et comme moitié du duo Essaie Pas. A partir de 2014, cette hyperactive a enchaîné une série d’albums solo remarqués, entre minimal wave, électro-pop, electroclah et techno. Pour le dernier, “City of Clowns”, sorti en février 2025, elle a notamment travaillé avec les deux frères belges de Soulwax, bien connus des festivaliers. D’une voix parlée froide sans être glaciale, elle s’attaque à la Big Tech et à la dystopie que le soi-disant progès nous promet. Si les préoccupations sociales et politiques sont toujours très présentes dans son travail, la Québécoise n’oublie pas pour autant de nous faire danser, ses prestations live étant réputées pour leur énergie.

Sprints

Leur venue à Saint-Malo a tout d’un adoubement. Menés par la chanteuse et guitariste Karla Chubb, qui revendique les influences de Patti, Siouxsie et PJ et n’a pas vraiment la langue dans sa poche, les Irlandais de Sprints, formés en 2019, ont déjà mis le feu à toutes les scènes sur lesquelles ils ont joué. Leur talent pour mélanger le bruit et la mélodie rappelle leurs compatriotes de Therapy?, et la production de Daniel Fox, membre de Gilla Band, apporte de la profondeur et de la complexité à leur son plutôt brut de décoffrage. Le tout avec une fougue typique des formations de l’île verte. Leur concert pourrait bien être l’un des grands moments de cette Route du rock.

Et aussi :

le dandy Baxter Dury, habitué des Routes été comme hiver, qui avec son dernier album plus electro devrait nous faire danser ; Moin, trio londonien tout en tension sourde et sonorités mystérieuses ; Alice Costelloe, dont les chansons au minimalisme enjôleur rappellent Au Revoir Simone ou Lali Puna ; The Femcels, duo londonien à l’electro-pop mutine.


Plage de Bon Secours

Lael Neale

Etrangement, c’est grâce au confinement en 2020 que Lael Naele a retrouvé l’inspiration. Après un premier album en 2015 passé inaperçu, l’Américaine (originaire de Virginie), au look très Laurel Canyon circa ’67, vivotait à Los Angeles quand la pandémie est arrivée. Elle a alors décidé de se retirer dans la ferme familiale et d’écrire de nouvelles chansons. Ont suivi trois magnifiques albums chez Sub Pop – qui s’est décidément bien éloigné du grunge –, aux ballades oniriques et comme en apesanteur, mises en forme avec son complice Guy Blakeslee (dont on conseille aussi les propres disques). L’accompagnement minimal (essentiellement de la guitare et de l’Omnichord, sorte de version électronique de l’autoharpe) met parfaitement en valeur sa voix frémissante, digne des plus grands noms du folk américain. Idéal pour un après-midi sur le sable !

Fort de Saint-Père

Kurt Vile & The Violators

Longtemps très productif, Kurt Vile a un peu ralenti la cadence ces derniers temps. “Philadelphia’s Been Good To Me”, son nouvel album dont le titre rend hommage à sa ville chérie, sort ainsi quatre ans après son précédent long format (il y a eu certes une poignée de singles et EP dans l’intervalle). Pas de grande révolution : l’Américain cool porte toujours le cheveu long et la chemise à carreaux, et aligne sans effort apparent douze titre d’indie folk-rock qui sonnent d’emblée comme des classiques. Voix indolente sur une poignée d’accords qui tournent pendant 4 ou 5 minutes, parfois plus : la formule est connue et fonctionne toujours. Avec un supplément de vigueur, et éventuellement de solos de guitare, en version live.

Aldous Harding

A force, on finit par s’habituer aux mimiques, simagrées, roulement d’yeux et autres expressions faciales étranges d’Aldous Harding sur scène. A sa gestuelle au ralenti, à ses rares adresses pince-sans-rire au public et à ses silences entre les morceaux qui, lors de son récent concert à la salle Pleyel à Paris, permettaient d’entendre les spectateurs tousser ou laisser échapper leur gobelet. L’important étant de toute façon la musique qu’elle interprète avec ses quatre musicien•ne•s au jeu toujours inventif, tout en finesse et en retenue – à muscler peut-être pour une scène en extérieur. Lors de sa tournée (toujours en cours à l’heure où nous écrivons ces lignes), la Néo-Zélandaise interprétait les dix titres de son nouvel album et seulement quelques extraits saillants des trois précédents (“Passion Babe”, “Treasure”, “Imagining My Man”…). Dans un format festival, plus court, on imagine une setlist plus équilibrée – mais pas forcément. On peut en tous cas s’attendre à un concert aussi enthousiasmant que celui qu’elle avait donné à la Nouvelle Vague il y a quatre ans.

Ulrika Spacek

Groupe bien connecté à toute la très diverse scène londonienne, Ulrika Spacek a en même temps toujours été un peu à part. Formé en 2014, le quintette n’a jamais suivi que ses propres règles, privilégiant le DIY et limitant au maximum les interventions extérieures sur sa musique. Celle-ci, qui s’apparentait à ses débuts à une indie pop psychédélique au chant noyé dans des guitares saturées et répétitives, enregistrée dans une ancienne galerie d’art devenue à la fois studio et maison commune sous le nom de KEN, a évolué vers des compositions plus complexes et fracturées, mais toujours lisibles, résultat des connexions fécondes entre cinq cerveaux en surchauffe (qui par ailleurs ont tous d’autres activités à côté du groupe). Trois ans après “Compact Trauma”, qui a révélé Ulrika Spacek à un plus large public alors qu’il avait failli signer sa fin, entre expulsion de KEN et contraintes liées au confinement, la formation est revenue ce printemps avec “EXPO”, un quatrième album impressionnant qui la voit pousser encore plus loin son goût du collage et son sens du détail sonore, mais sans oublier au passage d’offrir des riffs et des refrains mémorables. Sur scène, le groupe offre un spectacle total, avec son propre light show : espérons donc qu’il jouera après la tombée de la nuit !

Friko

Tout au long des neuf titres qui composent “Something Worth Waiting For”, le second album de Friko, jeune groupe de Chicago, nous sommes pour le moins secoués, bousculés voire bouleversés par la musique qui s’y développe. Une musique à la sensibilité exacerbée, au style échevelé et à fleur de peau qui emporte et soulève parfois jusqu’au vertige. La preuve dès “Guess”, morceau d’ouverture très intense, enregistré en une seule prise. Un titre qui nous saisit, nous électrise avant d’exploser littéralement. On se demande alors où on a mis les pieds, surtout que Friko ne connaît pas de répit, enchaînant avec “Still Around”, au style plus bondissant, puis “Choo Choo”, chanson éminemment exaltante où le chanteur Niko Kapetan donne vraiment l’impression, sans filet, de se jeter à corps perdu dans ses chansons, faisant preuve d’un jusqu’au-boutisme qui ne connaît ni la modération ni la retenue. On espère retrouver une telle fièvre sur scène ! (Nicolas Cléren)

Et aussi :

Fontaines D.C. pour leur troisième venue, sans doute la plus belle prise de cette année ; CIEL, groupe de Brighton mené par une excellente chanteuse, la Néerlandaise Michelle Hindriks, entre shoegaze ardent et ambiances un peu gothiques ; chest., des Français qui envoient du lourd et du sombre dans la lignée des groupes post-punk anglais actuels ; l’Australienne WETT au rayon clubbing queer, pour bien terminer le festival.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *