Adrian Crowley - Season of the Sparks

09/02/2010, par | Albums |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

ADRIAN CROWLEY - Season Of The Sparks
(Chemikal Underground / PIAS) [site] - acheter ce disque

ADRIAN CROWLEY - Season Of The Sparks"Seasons of the Sparks" est déjà le cinquième album (en dix ans) de l'Irlandais Adrian Crowley, mais pour nous c'est une révélation - au sens fort du terme. Révélation d'une voix qui d'emblée s'impose et en impose, sans effets de manche pourtant ; d'une écriture très personnelle et originale derrière un apparent classicisme ; d'un véritable univers, poétique et mystérieux, semblant régi par les lois de la nature. Si l'on veut absolument classer la musique de ce trentenaire, on parlera de ballades folk (anglaises, et aussi un peu irlandaises) et de pop de chambre délicatement arrangée, on évoquera Nick Drake et Leonard Cohen, Bill Callahan et Cathal Coughlan (dans ses moments les plus apaisés), Laura Veirs et Mark Kozelek, ou nos brillants compatriotes Marc Morvan et Ben Jarry, on mentionnera que le Dublinois est un ami de James Yorkston, avec qui il a enregistré récemment un mini-album de reprises de Daniel Johnston, et que Ryan Adams le considère comme "l'un des meilleurs songwriters dont les gens n'ont jamais entendu parler". On ajoutera, à titre anecdotique, qu'il a vécu un an à Toulouse à la fin des années 90, que son deuxième album était réalisé - en cinq jours - par Steve Albini, et qu'il cite Gainsbourg et Dominique A parmi ses (impeccables) influences sur sa page MySpace. Détails utiles pour cerner un peu sa personnalité et son art, mais qui bien sûr n'expliquent en rien la beauté envoûtante de ce disque.

Il s'ouvre par une jolie ritournelle de boîte à musique, "Summer Haze Parade", avec un harmonium rappelant "Strawberry Fields Forever". Un morceau qu'on pourrait qualifier d'évanescent. Mais que dire alors de "The Beekeeper's Wife", qui suit, ou de "Squeeze Bees" (encore des abeilles), reprise de l'iconoclaste Ivor Cutler ? Là, on bascule carrément dans l'impalpable, l'immatériel : pas de véritable mélodie, mais des notes étirées, des bruissements de cordes, l'impression d'être bercé par le ressac de la mer... Si Crowley est tout à fait capable d'écrire des morceaux solidement charpentés comme le presque radiophonique "The Wishing Seat", il n'hésite pas à emmener par moments sa musique près des terres "ambient" de David Sylvian, Brian Eno ou Robert Wyatt. "Season of the Sparks" trouve ainsi le juste équilibre entre songwriting et exploration sonore, séduction immédiate (avant tout grâce à sa voix, mixée très en avant) et sens de la nuance, l'oeuvre, bien que concise - un peu plus de 36 minutes -, ne dévoilant tous ses charmes qu'après plusieurs écoutes recueillies. Bien plus qu'un engouement de saison, donc.

Vincent Arquillière

acheter ce disque

Summer Haze Parade
The Beekeeper's Wife
The Wishing Seat
The Three Sisters
Squeeze Bees
Liberty Stream
Horses Like to Dream All Night
Season of the Sparks
Swedish Room
Pay No Mind (to the Dawn Cryer)

Acheter sur Amazon Écouter sur Spotify


les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» toutes les interviews