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AUFGANG
- S/t
(InFiné / Discograph)
[site]
- acheter
ce disque
Aufgang,
soit la rencontre d'univers qui vont rentrer en collision
de plein fouet. Le bug de l'an 2000 est à peine un
vieux souvenir quand Rami Khalifé et Francesco Tristano
se rencontrent à la Juillard Academy à New
York, où ils étudient tous deux le piano.
Mais très vite, ils se découvrent une autre
passion commune, la musique électronique, et les
clubs de la grosse pomme leur fournissent de quoi assouvir
leur passion. Quand Aymeric Westrich, batteur de formation,
rencontre le duo d'amis en 2001, ils ne savent pas qu'ils
formeront quelques années plus tard Aufgang. Chacun
fera son bout de chemin, les routes se croisent à
nouveau, l'envie est là et le groupe prend forme
au festival Sonar en 2005, où le trio se découvre
un talent pour créer ensemble.
Mais cette naissance du groupe
s'accompagne d'une petite mort : finies les étiquettes,
finies les classifications. Le trio a réussi, en
un album, à se créer une identité à
nulle autre pareille. Le talent de chacun des membres est
étincelant : Rami a enregistré plusieurs disques
de classique, Francesco accumule les prix au piano et Aymeric
joue de la batterie dans Cassius, en parallèle d'une
carrière de producteur et de compositeur. Mais jamais
poseurs, nos trois virtuoses mettent au service d'une créativité
débordante leurs habiletés. Impressionnant
de technique, et pourtant simplement entraînant, "Channel
7" est une introduction presque parfaite au "style"
Aufgang. Breaks, descentes, reprises, l'auditeur est secoué
et charmé, par la puissance et les surprises que
recèle la musique du trio, dont le mélange
entre organisme et froideur synthétique a un aspect
énivrant. A la déconstruction apparente s'oppose
pourtant une rigueur jamais contraignante, mais qui empêche
au contraire les morceaux de s'éparpiller. Et il
le fallait bien, pour éviter que les morceaux s'égarent,
ayant tendance à durer (le disque fait plus de 60
minutes pour neuf titres). Une sensation de vertige s'installe
alors, que le piano accompagne toujours à propos,
changeant de couleur en un clin d'oeil, léger puis
lugubre, autant rythmique que soliste : les nappes synthétiques
ne sont pas en reste, produisent les mêmes émotions.
Le danger n'est jamais loin, comme sur "Channel 8",
qui semble ne jamais vouloir démarrer, avec sa construction
hachée, comme autant de faux départs successifs.
Mais derrière leurs aspirations de virtuoses, les
trois membres de Aufgang restent des passionnés de
musique, qui ne s'interdisent aucune audace, aucun territoire
sonore.
Le post-rock de "Barock"
et "Prélude du passé" est ainsi
d'une beauté alambiquée, mais pourtant d'une
finesse exquise, glissant sous le piano des nappes synthétiques
caressantes et une certaine forme de langueur. Puis Aufgang
raye tout ça d'un trait, pour retrouver l'ivresse
des clubs qu'ils ont fréquenté assidûment
à New York, le temps d'un "Sonar" bouillant,
extraordinaire pièce montée, techno, house,
mais surtout qui arrive à combiner cette exigence
qui est la force du groupe avec une pulsion presqu'animale,
qui pourrait donner à danser jusqu'au petit matin,
avec cette montée en puissance irrésistible
sur la fin du titre, avant une énième brisure
dans la ligne mélodique. La fête se prolongera
au petit matin, au son de "Good Generation" et
de sa couleur, qui m'évoque l'océan (allez
savoir pourquoi), avant d'embrayer sur le sombre "3
Vitesses", à l'atmosphère hésitante,
pour finalement enchaîner sur "Aufgang"
et son ambiance de fin de soirée, option dancefloor.
"Soumission" offre une dernière exploration
du microcosme Aufgang, avec un début aérien
et une fin menée tambour battant, où le synthétique
s'efface au profit de la puissance du piano et de la batterie.
Ultime démonstration, mais aussi un coup d'éclat
de plus, pour un groupe inclassable, racé et sauvage
à la fois, et qui s'inscrit comme une de mes révélations
de cette année finissante.
Mickaël
Choisi
acheter
ce disque
Channel 7
Channel 8
Barock
Sonar
Prelude Du Passé
Good Generation
3 Vitesses
Aufgang
Soumission
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