Balago - Erm

27/11/2002, par Fred Tuc | Albums |
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BALAGO - Erm
(Foehn)

BALAGO - ErmSorti en décembre 2001 sur le passionnant label barcelonais Foehn Records, "Erm", de par son absence de distribution en France mérite que l'on parle de lui en tant que nouveauté pour nous. Il en va ainsi de la musique comme de beaucoup d'autres choses dans la vie : une profonde injustice y règne, maintenant dans l'ombre des groupes dont le talent n'a d'égal que l'intégrité artistique.
Balago est un câble de funambule tendu entre les terres de Labradford et celles de Mogwai. Se déplaçant prudemment le long de ce filin musical, ces espagnols se jouent des signaux envoyés par les deux momuments précités, recevant les secousses telluriques des écossais comme des ondes affaiblies par la distance parcourue, se repaissant du doux venin des américains minimalistes. Il résulte de ce positionnement une musique toute en retenue, sous tension, et en même temps prodigieusement apaisante.
Formant une brume épaisse, blanche et froide, le synthé et les autres ingrédients électroniques installent l'auditeur dans une douce torpeur dont il n'a aucunement envie de s'extraire. La densité de cette trame sonore maintient le funambule en équilibre sur son câble, tandis qu'une guitare à l'écho infini, digne d'un Low en pleine cure de tranquillisants, permet à ce vaporeux personnage d'avancer sur une corde aux vibrations enivrantes. Cependant, cette même guitare, n'en pouvant plus de se morfondre, monte parfois le ton par des poussées saturées. L'explosion couve, la pression monte, les gouttes de sueur perlent sur le front puis… rien. Erm, ce sont des morceaux qui meurent de leur belle mort, comme l'ultime soupir d'une personne qui, sachant avoir bien vécu, attend que sa vie prenne fin. Ce disque bât au rythme d'un cœur, celui de quelqu'un qui aurait enfin accédé à la sérénité, après avoir essuyé les tempêtes les plus ravageuses. La batterie, très représentative de l'atmosphère suggérée, joue à l'économie : le moindre effort semble compté, comme si chaque percussion pouvait être la dernière et devait en conséquence être strictement indispensable et parfaite. Il est évident que Balago a définitivement banni le superflu. Chaque son de l'album tient sa place (unique) et ne pourrait en occuper une autre sans mettre en péril l'harmonie générale du disque.
Ca y est, une bonne heure a passé, les moniteurs sont coupés, "Erm" a pris fin, le silence est de retour. Etait-il seulement parti ?…

Fred

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