Black Bananas - Electric Brick Wall

02/07/2014, par Marc A. Bertin | Albums |
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Black Bananas - Electric Brick Wall

Adulé au-delà du raisonnable par une société secrète ayant vu la vérité dans Pussy Galore, Royal Trux a sauvé les années 1990 du désastre jusqu’à rendre les armes à l’orée du nouveau siècle. Séparé, le couple à la vie comme à la scène ne cesse toutefois d’exercer sa mauvaise influence : legs post-stonien pour Neil Michael Hagerty (en solitaire ou au sein de The Howling Hex), héritage hair metal pour Jennifer Herrema. En deux temps pour cette dernière. Soit RTX, solde de tout compte et quatre albums publiés entre 2004 et 2008 ; puis Black Bananas, baptisé sur l’autel déviant en 2012 avec “Rad Times Xpress IV”.

Deux ans après l’augural essai et une décennie totalement affranchie, l’égérie d’un certain cool – axe Anita Pallenberg/Kim Gordon – publie avec le renfort de sa garde rapprochée “Electric Brick Wall”, onze morceaux ramassés en 31’54” au compteur, et toujours sous étiquette chicagoane de qualité. Une question de fidélité certainement…

Porté par l’irrésistible “Physical Emotions”, moite single à usage d’un dancefloor futuriste en descente directe du robotique “Atomic Dog” de George Clinton – là où la perle “Rad Times” reprenait en l’état l’œuvre disco-funk de Rick James –, ce deuxième album relève du fantasme : celui d’un cruising tout à la fois mental et sensoriel à travers Los Angeles. Comme une jam lysergique entre Wang Chung et Trans Am reprenant “Turbo Lover” de Judas Priest. Ou le soundtrack d’un “Terminator” réalisé par Gaspar Noé.

Déluge synthétique, drum kits hors de contrôle, plug-ins hybridés, riffs heavy, compos progs, hooks glam, slow jams r’n’b, réminiscences stoner… Tout ce qui sur le papier apparaît tel un outrage aux bonnes mœurs comme à la police du bon goût sonne paradoxalement avec une rare fluidité. Est-ce la réelle volonté de composer des “pop” songs et donc – corollaire – faire fi d’une signature jadis réputée pour son habileté et sa propension à l’audace expérimentale ? Ou simplement, l’acte de naissance d’un nouvel âge post-moderne ?

À vrai dire, hormis Liars (auteur d’une fabuleuse relecture de “Physical Emotions” en réponse au remix druggy à souhait de leur “Mess on a Mission”), difficile d’associer (cela dit, après tout, who really cares ?) quelconque autre formation au quatuor capable d’enchaîner hard FM dégraissé jusqu’à l’os (“Highway Down”) puis un exercice, tout sauf stylé, de synth rock digne du Don Henley période “Building the Perfect Beast” (“Eve’s Child”).

Dance music pour club et/ou block parties (“Give It to Me”), hymne hédoniste pour chill-out lunaire (“Creeping the Line” possible clin d’œil à “Summer Holiday 1999” de Momus ?), décharge électro-fuzzy avec solo idoine pour night drive sur Sunset Boulevard (“Old Gold Chain”), “Electric Brick Wall” annihile la définition même de genre et de frontière.

Dans une époque systématiquement encline aux superlatifs à la perspective de la moindre réédition, condamnant de facto les jeunes Turcs à la réclusion ou au pastiche, la voie/voix d’un vétéran du désordre n’en prend dès lors que plus de relief.

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  1. Powder8 Eeeeeeeeight
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  3. Hey Rockin’
  4. Physical Emotions
  5. Highway Down
  6. Eve’s Child
  7. Ride the Chump
  8. Give It to Me
  9. Creeping the Line
  10. Old Gold Chain
  11. Bullshit and Lies

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