Castanets - City of Refuge

26/05/2009, par Frédéric Antona | Albums |
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CASTANETS - City Of Refuge
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CASTANETS - City Of RefugeParler de retour en fanfare pour le groupe de Raymond Raposa serait peut-être un poil excessif, et ce, pour deux raisons : tout d'abord du fait de la confidentialité relative des Castanets ; d'autre part parce que le groupe nous livre ici un disque dont le caractère abrupt et aride est quasi-extrême. Dérouter est un art que le groupe sait manier depuis le très remarqué "In the Vines", chroniqué dans nos colonnes. La sécheresse de cet album a rendu cette chronique assez dure à élaborer. On se retrouve face à un disque blues dans le sens le plus strict du terme. Guitare et voix ne sont que les seuls ingrédients véritables de cet album, avec quelques effets sonores épars disséminés tout au long du disque et un piano lointain paumé au milieu du mix. La majorité des plages est instrumentale, dont certains titres très courts, conférant à cet opus un aspect de bande-son de road-movie glaçant ("High Plain 2", et ses bandes trafiquées à la Suicide) empli de paysages désolés et empreint d'une chaleur étouffante. Lorsque la voix s'élève, on retrouve ce grain si particulier, à la fois nasillard et incantatoire, qui nous avait séduits sur les disques précédents. De "Prettiest Chain" sourd une ligne mélodique toute en répétitions, tenue par une guitare aux limites de la dissonance et évoquant certains banjoïstes oubliés. C'est un disque oppressant, très difficile à appréhender de par cette extrême aridité, mais des perles blues sortent de la nuit : le dyptique "Refuge 1" et "Refuge 2", avec cette guitare fabuleuse à la Marc Ribot usant de réverbération pour maintenir la tension et ouvrir simultanément des horizons, tout comme dans "The Quiet", court mais grand moment instrumental. "Glory B", folk-song à la Leonard Cohen, si intime qu'elle gratte quasiment l'os, et qui compte parmi les seuls chœurs de l'album. Ce nouvel album de Castanets se démarque considérablement de toute la mouvance folk actuelle par un aspect essentiel : Raymond Reposa vit avec des fantômes bien réels, et sait rouvrir la porte du placard pour les faire sortir lorsqu'il se met à enregistrer, histoire qu'ils puissent imprégner la bande et conférer à toute l'affaire un caractère à la fois effrayant et fascinant (Ecoutez le terrifiant "Savage"). Ce n'est pas si fréquent de revenir régulièrement à un disque aussi aride en ayant l'impression de ne pas en avoir saisi les subtilités. Peut-être parce qu'on voit des ombres se dessiner au coin des mélodies ("Shadow Valley") et qu'on veut savoir ce qu'elles cachent.

Frédéric Antona

A lire également, sur Castanets :
la chronique de "In the Vines" (2008)
la chronique de "First Light's Freeze" (2005)

Celestial Shore
High Plain 1
The Destroyer
Prettiest Chain
Refuge 1
The Quiet
Glory B
High Plain 3
I'll Fly Away
The Hum
Savage
Shadow Valley
High Plain 2
Refuge 2
After The Fall

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