Cold War Kids - Robbers & Cowards

15/05/2007, par Jean-Charles Dufeu | Albums |
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COLD WAR KIDS - Robbers & Cowards
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COLD WAR KIDS - Robbers & CowardsVoilà une chronique qui arrive largement après la bataille, ce qui n'est déjà pas très judicieux à propos de guerre froide. Qu'à cela ne tienne, "Robbers & Cowards" occupe actuellement ma platine (mes tympans aussi), et le premier titre "We Used Vacation", petit tube underground acclamé par beaucoup ces dernières semaines, est assez efficace pour m'encourager à attraper mon clavier. Surprise hype de ce début d'année 2007 (oui, ça remonte déjà à loin, mais faites un petit effort de mémoire) les Cold War Kids en ont séduit plus d'un avec leurs morceaux déséquilibrés, leur désinvolture apparente jusque dans leur interprétation et un son, il faut bien le reconnaître, assez caractéristique, ramassé, hargneux et sec. Le genre qui pourrait casser à chaque seconde, s'il n'était soutenu in extremis par une voix haut perchée et quelques instruments qui se décident de temps en temps à assurer leur quota, sans en avoir l'air. On est donc assez loin des formules qui fonctionnent à coup sûr ces derniers temps et c'est au moins un premier mérite qu'on peut attribuer à ce groupe, qui n'a finalement pas forcément calculé le succès rencontré. La question n'est d'ailleurs pas de savoir si ce disque mérite l'accueil qu'on lui a réservé, mais si un tel album vaut la peine qu'on en parle. Et la réponse est largement positive. Mettons de côté un instant les réflexes de snobisme primaire et considérons les choses objectivement : on tient là un chouette album marqué par une large dose d'enthousiasme, une vraie fraîcheur et un élan plus que sympathique. "Saint John" avec sa contrebasse qui s'étouffe elle-même en introduction est un peu la quintessence ce cet état d'esprit brinquebalant qui fait l'identité des Cold War Kids. Les notes de piano mal peignées, les coups de batterie subitement trop forts, les couplets qui se court-circuitent sans crier gare en sont d'autres leitmotiv. Les jaillissements sonores sont impulsifs jusqu'à être paresseux ("Pregnant", qui casse bien le faux rythme mal installé précédemment), l'inventivité est flagrante sans grands efforts, les ficelles sont parfois faciles (le fameux tube en première plage repose sur une entrée en matière entendue mille fois), l'interprétation est nonchalante à souhaits, mais il faut bien avouer que le tout, baigné dans cette douce insouciance lo-fi certainement plus travaillée qu'il n'y paraît (mais après tout pourquoi pas ?), comporte son lot de bons, et même de très bons moments. Il est d'ailleurs grand temps de terminer cet article pour profiter des derniers qui restent...

Jean-Charles Dufeu

We Used to Vacation
Hang Me up to Dry
Tell Me in the Morning
Hair Down
Passing the Hat
Saint John
Robbers
Hospital Beds
Pregnant
Red Wine, Success!
God, Make up Your Mind
Rubidoux


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