Festival Beauregard 2012

14/07/2012, par et | Festivals |
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M.C. : Personnellement, j’avais un peu d’appréhension à l’idée de retrouver le site. La bénévole qui dit sur le parking “Le tracteur s’est renversé” motive moyen, à mon goût. Tu as vu The Aerial, Vincent, ou tu as commencé avec Death in Vegas ?
V.A. : J’ai commencé vers 16 h avec Death in Vegas sur la scène B, concert pendant lequel le soleil est enfin apparu, pour ne plus repartir. La nuit leur sied mieux, sans doute, mais ça donnait à Richard Fearless, entouré de jeunes tatoués, un bon prétexte pour ne pas quitter ses lunettes noires. Pas très bavard, le gars… D’ailleurs, le concert était essentiellement instrumental, et les rares voix étaient enregistrées. Peu de spectacle, donc, mais la musique se suffisait à elle-même, avec des ryhtmiques imperturbables à l’allemande et des montées en puissance toujours impressionnantes.
M.C. : Un bon concert de Death in Vegas dans l’ensemble, on est encore une fois d’accord. Si le fait de les voir jouer en plein jour avait en effet quelque chose d’étrange (étant donné la noirceur du truc), le set fonctionnait bien, avec parfois quelques passages un peu répétitifs. Mais les titres échappés de “The Contino Sessions” ou “Scorpio Rising” ont bien vieilli, et le tout avait un côté hypnotique idéal pour oublier qu’on avait les pieds dans la boue (malgré la paille répandue sur le site).
V.A. : On va passer vite sur Thomas Dutronc. Non que le garçon soit antipathique ou piètre instrumentiste – les passages jazz manouche étaient d’ailleurs ce qu’il y avait de mieux –, mais bon sang, que ses chansons sont fades…
M.C. : Il est quand même pénible. Je pense que ça vaut bien un contrôle fiscal pour sa mère, elle est responsable de ça.
V.A. : Brigitte, qui suivait, je ne sais pas trop quoi en penser. Elles chantent bien, leur groupe (looké “Orange mécanique”, bonne idée mais Thomas Fersen l’avait déjà eue) assure tout en restant sobre, et il y a une volonté de proposer un show construit plutôt qu’un banal concert. Mais dans l’ensemble leurs morceaux ne m’excitent pas beaucoup. Les meilleurs moments, c’étaient d’ailleurs les reprises, “Ma Benz” de NTM et “I Want Your Sex” de George Michael.
M.C. : J’ai entendu de loin seulement.
V.A. : On a poursuivi avec du lourd : Garbage. Un groupe inégal mais qui, au milieu des années 90, avait défini de nouveaux standards en matière d’écriture et de production. Je crois que je ne les avais jamais vus sur scène (ou alors ça ne m’avait vraiment pas marqué), et je me demandais bien quelle pertinence la bande de Butch Vig pouvait encore avoir en 2012. J’avais un peu l’impression de me retrouver au Lollapalooza il y a quinze ans…
M.C. : Le Lollapalooza, ça existe encore d’ailleurs ?
V.A. : D’après Wikipédia, ça a été relancé, oui. Qu’as-tu pensé de la coiffure de Shirley Manson en forme de joystick (là aussi, très nineties) ?

Garbage

M.C. : Je pense que sa coupe lui servait de lifting temporaire : ça lui lissait vachement le front ! Ma copine a dit “On dirait Catherine Ringer” (c’est dur, et pourtant elle adore Shirley Manson).
V.A. : J’aime bien Catherine Ringer, moi. Bon, tant qu’elle n’adore pas Charles Manson. Ou Marilyn Manson. Bref. Pour en revenir au sujet, à part peut-être le single, les morceaux du nouvel album ne sont franchement pas terribles. Le fait qu’ils jouent quatre titres du premier (les toujours excitants “Queer”, “Stupid Girl”, “Wow” et “Only Happy When It Rains”) semble d’ailleurs signifier qu’ils sont eux-mêmes conscients de n’avoir jamais fait mieux.
M.C. : Oui, j’ajouterais “Shut Your Mouth” et “Cherry Lips”, mais c’est en effet les anciens titres qui étaient les plus convaincants.
V.A. : Gros contraste en tout cas avec Camille, qui se produisait ensuite sur l’autre scène. Industrie lourde vs artisanat. Pas du tout un concert taillé pour un gros festival, mais elle est suffisamment populaire pour pouvoir se le permettre.
M.C. : Mince, j’ai complètement loupé sa prestation, mais je me rattraperai très bientôt.
V.A. : A part quelques délires où j’avais du mal à la suivre, j’ai trouvé ça convaincant, inventif, avec un juste équilibre entre humour et émotion. Ça faisait du bien. Du coup, je suis resté jusqu’au bout et je ne me suis pas retrouvé très bien placé pour Franz Ferdinand. Et toi ?
M.C. : Je faisais les photos (que vous pouvez voir, chers lecteurs), puis j’ai retrouvé mes amis, et j’étais plutôt bien placé. Et tant mieux, car j’ai vraiment beaucoup aimé !
V.A. : Moi aussi, et je n’étais quand même pas si loin de la scène. Pas de surprise, FF a toujours été un groupe soudé, qui fait des étincelles en live. A part le nouveau look d’Alex Kapranos (coupe au bol ébréchée et moustache), je n’ai pas grand-chose à leur reprocher. Comme Garbage, ils ont beaucoup puisé dans leur premier album, plus que dans les deux autres. On a aussi eu droit à quelques nouveaux morceaux, dans une veine plus électro, voire disco (Nick McCarthy abandonnait la guitare pour le clavier). Ils ont d’ailleurs rendu hommage à Donna Summer en intégrant un petit morceau de son “I Feel Love” à leur “Can’t Stop Felling”. Malin… Même si je préfère les passages à deux guitares, où les Ecossais sont vraiment à leur sommet.

Franz Ferdinand

M.C. : Que de tubes ! Ce n’est pas exagéré, ni réducteur que de dire que le groupe de Glasgow a de sérieux atouts pour faire danser les foules : “This Fire”, “Take Me Out”, “No You Girls”, “Ulysses” ont su faire oublier aux gens qu’ils avaient les pieds dans la boue (et à moi aussi, d’ailleurs). Et le groupe fait vraiment preuve de maîtrise musicale, c’est marquant. J’ai trouvé le passage final où ils tapaient tous les quatre sur la batterie très convaincant.
V.A. : Ils le font à chaque fois, mais c’est vrai que c’est efficace et que ça symbolise bien l’esprit collectif du groupe.
M.C. : Du coup, j’ai jugé que c’était une bonne façon de conclure le festival, même si j’ai jeté une oreille (lointaine) à Pony Pony Run Run, qui ne m’a pas transcendé. Et zappé Paul Kalkbrenner, malgré la belle réputation de l’Allemand (que je reverrai peut-être). Au final, le bilan est vraiment positif pour moi : une organisation très sympa (stands, espace presse...), un cadre qui a souffert de la pluie mais qui, sinon, est magnifique, de bons concerts... What else, comme dirait l’autre ?
V.A. : Juste “à l’année prochaine”, alors !

Merci à Vianney, Carine et Renaud Quédru, Emmanuelle et Coralie, ainsi qu’à Louis S. et Camille B. pour l’idée du dialogue.

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