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GOLDFRAPP - Supernature
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GOLDFRAPP  - SupernatureDear Alison,
I am very sorry about..., comment dire, mon anglais me fait défaut, je suis vraiment désolé de ce malentendu entre nous. Lorsque nous nous sommes rencontrés, il y a déjà cinq ans, vous m'étiez apparue nimbée de l'aura de Felt Mountain, telle une incarnation céleste, un être de synthèse inaccessible, à la fois maître d'oeuvre et créature d'un rêve où l'utopie technologique le disputait à une nature trop belle pour ne pas être habitée par quelque artifice secret, quelque démon maléfique. J'étais fasciné par vous, pris dans le frisson platonique que suscitait votre magnétisme d'alors. Quelque chose dans mon admiration a dû vous tromper. Je n'ai pas voulu me le dire tout de suite, mais quand vous avez commencé à reprendre "Let's Get Physical" sur scène, vos yeux plantés dans les miens, je m'en suis amusé, comme on s'amuse de l'ange qui fait la bête. J'ai trouvé ça plutôt drôle, mais je n'ai pas voulu comprendre que vous m'en vouliez, pour ainsi dire, assez charnellement. Les nouvelles que vous m'avez laissées par la suite, sur un "Black Cherry" déroutant, ne m'ont pas tout à fait rassuré : certes, vous vous amusiez toujours avec la technologie, mais la laborantine démiurgique que vous étiez commençait à agiter son nombril sur les dance-floors, amenant parfois quelque joujou mécanique avec elle ("Strict Machine") pour faire saliver le mâle. Là encore, pauvre aveugle, je n'ai pas osé m'avouer les choses : après tout, Björk avait bien eu son quart d'heure lesbian robot chic, et vous aviez le droit de vous amuser aussi. C'en est fini : la longue lettre que vous m'envoyez aujourd'hui m'a enfin ouvert les yeux. C'était donc ça : derrière le rideau de fumée du laboratoire, l'improbable surnature que vous invoquez, vous voilà donc, créature déchue, tout habillée de satin noir pour prendre au mieux la lumière des boules à facettes, perdue de soupirs dans des "Ooh La La", "Lovely 2 C U", "He's my Man" et autres "You're my Number 1". Même dans votre imaginaire de petite fille trop intelligente, on vous sent hâleter, et votre "I Want to Ride on a White Horse", aussi efficace soit-il, ne peut plus tromper personne. Hélas, j'aurais tellement aimé vous croire encore immortelle et inaccessible, un hologramme fantasmatique laissé sur Terre il y a des millénaires par quelque entité inconnue. Ne m'en veuillez pas si je me fais plus rare dans mes demandes de nouvelles : mon amour ne survivra pas à la déception. Bien à vous, malgré tout,

David Larre

Ooh La La
Lovely 2 C U
Ride on a White Horse
U Never Know
Let it Take U
Fly Me Away
Slide in
Koko
Satin Chic
Beautiful
Time out from the World
Number 1