Laura Veirs - Paris, le Café de la Danse, 29/01/2010

03/02/2010, par Luc Taramini | Concerts |
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LAURA VEIRS - Paris, Le Café De La Danse, 29/01/2010

Rien de tel pour terminer une semaine particulièrement besogneuse qu'un concert ouaté de Laura Veirs. De la chanteuse de Portland, j'avais conservé le souvenir ému de son passage il y a cinq ans au Café de la Danse. Epoque "Carbon Glacier", avec juste le fin Karl Blau comme accompagnateur. Tous deux magnifiques d'harmonie et d'épure... Hélas, la suite discographique n'eut pas la même saveur jusqu'à ce "July Flame" qui autorise des retrouvailles un peu inespérées.

Laura Veirs


Ce soir, ils sont 4 sur scène, deux garçons multi-instrumentistes au look d'étudiants sages, une violoniste / choriste et Laura Veirs. Elle, en robe à pois blancs, hublots de circonstance et... gros bidon. Ben oui, la demoiselle est enceinte (à onze semaines du terme, précise-t-elle) et visiblement épanouie. Elle entame son set pied au plancher avec les meilleurs titres de son dernier album. Pas de temps morts, pas de parlote inutile, à peine le temps pour les musiciens de s'échanger les rôles à la guitare, à la basse ou aux claviers. Miss Veirs file à vive allure vers les cimes mélodiques où sa voix ample et son jeu de picking précis la portent. Par deux fois, elle nous invite à participer, là en frappant dans nos mains en rythme sur une reprise country cadencée, ici en assurant des choeurs sucrés. La chanteuse contemple l'effet depuis sa chaire, le sourire satisfait. Dans les retrouvailles vient toujours le moment où l'on évoque le bon vieux temps, celui-ci se rappelle à nous avec "Rapture" et "Ether Sings", des classiques quasi insurpassables que le groupe ne se prive pas de jouer. Les mêmes arrangements que ceux gravés sur disque résonnent et les mêmes frissons me parcourent l'échine. Pourquoi s'aventurer hors des sentiers battus quand on a comme botte secrète le talent d'un Tucker Martine pour penser l'habillage des chansons ? L'ombre du fidèle producteur/arrangeur (et futur papa ?) plane sur ces ritournelles roots transformées en bonbons pop/folk. Tout le monde est sur un nuage dans la fosse comme sur scène. Le happy end devient prévisible. Sur la planète Veirs, R.A.S. La nature est toujours source d'inspiration pour campeurs écolos, le ciel, ce poème infini qui scintille et la nuit, cette louve rassurante. Pas le monde de Oui-oui mais presque. Et puis, dans les retrouvailles, vient toujours le moment où il faut aller se coucher et éparpiller les braises. Bonne nuit et merci.

Luc Taramini
Photos avec l'aimable autorisation de Robert Gil.

A lire également, sur Laura Veirs :
la chronique de "July Flame" (2010)
la chronique de "Saltbreakers" (2007)
la chronique de "Year of Meteors" (2005)
la chronique de "Carbon Glacier" (2004)


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