
Miss Drunk & the Drunken Piano : tout un programme derrière ce groupe au nom intrigant. Qui dit certes vrai pour la partie piano, car c'est bien l'élément central, mais l'ivresse... c'est à découvrir. Je n'avais pas bu le premier millésime homonyme, sorti il y a deux ans. Mais j'apprécie sans restrictions ce nouveau cru, qui a en lui suffisamment de corps pour en faire un plaisir.
Miss White, c'est Marieke, elle est au chant mais la complicité qui semble la lier à ses musiciens, Martin (bassiste-saxophoniste) et David (batterie, beatbox), fait du disque une aventure à trois, bien décidé à s'affranchir des styles et cases auxquels on pourrait les relier. La cohérence, il faut la chercher dans la simplicité des instrumentations, qui collent scrupuleusement à la formule du trio, et dans les ambiances, plutôt nocturnes et sombres. Une fois ce cadre défini, les musiciens papillonnent d'un style à un autre avec beaucoup de bonheur : il y a du rock ("Sail Sale", très évocateur de Shannon Wright), des touches de jazz ("Same Same" qui se teinte un peu de hip-hop, "Holydews Holidays", "Heïa Hewla") et des titres qui tentent des mélanges aussi surprenants que réussis. "Bach Back" mélange clavecin et hip-hop, "Tail Tale" fait preuve d'ardeur mais s'appuie sur un piano pesant. Le résultat final évite grâce à ces grands écarts l'écueil de la redite : Miss White & the Drunken Piano n'est jamais "same same", et c'est tant mieux ainsi.
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