Munck//Johnson - Unlike You

24/03/2006, par Marc Schmit | Albums |
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MUNCK // JOHNSON - Unlike You
(Ponyrec / Rock Revolution Records) [site] - acheter ce disque

MUNCK // JOHNSON - Unlike YouL'analogie commence déjà peut-être à barber sérieusement la pauvre Camilla Munck, mais en découvrant son chant, comment ne pas penser à la divine Beth Gibbons, tant la ressemblance est troublante. Elle aurait tort de s'en offusquer, d'ailleurs, car loin d'être un vil succédané, cette voix soutient tout à fait la comparaison. Sans être une stricte copie, un peu moins enfumée, un peu plus cristalline, c'est bien la même vibration que l'on retrouve, le genre à se faire dresser le poil d'un auditoire entier. On ne lui en voudra donc pas (après tout, c'est SA voix aussi).
Moogis Johnson, son comparse, conscient de cet atout majeur, a sans doute bien compris que puissance émotionnelle ne rime pas avec puissance tout court. Il s'évertue donc à en faire le minimum, et à le faire bien, ce qui ne l'empêche pas de savoir varier les habillages : discrètes guitares slide (les deux Danois oeuvraient auparavant au sein de "Wynona", groupe country local aujourd'hui disparu), piano, cordes, touches d'électro...
Un début tout en douceur titille immédiatement la corde sensible, pour ne plus la lâcher. Avec pour point culminant un "Ease Me" à pleurer, simplement et magnifiquement rehaussé de quelques notes de piano.
Afin de relancer l'ambiance, qui tendrait à devenir trop lénifiante, s'ouvre ensuite un intermède nettement plus sombre. "Home", sorte de slow-blues grinçant nous prend ainsi à rebrousse-poil au moment où on ne s'y attend pas. "Here Comes You" se dresse ensuite, encore une autre pièce de choix, solennel et fier, sur fond de guitare dramatique.
On revient par la suite à un classicisme plus folk ou slow-core, sans que le niveau d'ensemble n'en pâtisse le moins du monde. Les amoureux des paysages désolés de Low trouveront en particulier leur bonheur dans les funèbres "Ghostdance" et "For my Sweetheart".
Le duo a porté ces titres pendant quatre ans avant de les enregistrer, ce qui explique certainement qu'ils aient eu le temps de peaufiner, tant l'ensemble se révèle sans faille et d'une beauté désarmante. Indispensable pour ceux pour qui ce genre de beauté finit par transformer la tristesse en bonheur.

Marc Schmit

Eyes Wide Open
The Sky
Ease Me
Sister Mine
Home
Here Comes You
Lack of Disguise
Lilies
Please
Ghostdance
For my Sweetheart


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