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OKKERVIL RIVER - Black Sheep Boy Appendix
(Labels) [site] - acheter
ce disque
Ce
qu'il y a de bien avec
Okkervil River c'est
que, quand ils sortent
un excellent album une
année, ça
ne leur suffit pas, il
faut qu'ils l'enrichissent
l'année suivante avec de nouvelles
chansons du même acabit. Et ça donne aujourd'hui ce "Black
Sheep Boy Appendix", réédition de l'album original
agrémenté
d'un bonus qui
est bien loin d'être
une simple coquetterie
de distributeur. Le
deuxième disque compense
ici une longueur frustrante
(7 chansons) par une
intensité au
moins égale à celle du premier. On y trouve quelques
titres fortement emblématiques comme la chanson somme "Another
Radio Song", qui est, sans nul doute, n'ayons pas peur
de le dire, le meilleur
titre de cette édition... A moins
que ce ne soit "Last Love Song For Now", synthèse
ultime, qu'on n'imagine
guère pouvoir être dépassée
sauf peut-être en envisageant la même chanson avec
trois minutes de plus.
Cette deuxième galette devient en
tout cas bien vite tout
aussi indispensable que
l'était déjà la première ;
c'est la principale chose à en retenir. Mais ce qu'il y
a de bien aussi avec
Okkervil River, ce ne
sont pas seulement
les chansons, c'est également
l'album qui les soutient.
En l'occurrence, un album
semi-conceptuel qui tient
son unité d'un
morceau original de
Tim Hardin ("Black Sheep
Boy")
maltraité et étiré dans tous les sens par
l'imagination dérangée du groupe. Un album éminemment
récursif donc, qui sait faire jaillir les auto-références
aux moments où ne les attend pas forcément et fondre
ces 18 chansons se répondant à elles-mêmes
en un ensemble d'une
cohérence rare, où s'égarent
quelques enfants perdus,
une clef, un programme
et un amour sincère
pour un vieux caillou
(qui donne d'ailleurs
lieu à une phrase
assez magnifique au sein
de la ballade "Song of Our So-Called
Friend", meilleure chanson probable de ce double
album : "You can not love me because you secretly still love
a stone"). Ce qu'il y a de vraiment bien avec Okkervil River
c'est tout simplement
Will Sheff, le bien nommé, qui éructe
ses couplets avec rage,
chante avec retenue et
parcimonie, rugit comme
une bête égorgée,
crache l'intégralité de
ses viscères avant de finir par se calmer à nouveau,
parfois, le tout pendant
la seule durée d'une chanson. Dans
le genre, c'est "For Real", bombe à retardement
morbide mais tubesque,
qui frappe le plus les
esprits avec ses explosions
syncopées
qui envoient du sang, à travers
la sono, jusque sur le
visage de l'auditeur,
déjà aspergé des
gracieux postillons de
l'incroyable Sheff. Inutile
de préciser
qu'il s'agit de la meilleure
chanson de ce double
album. Ce qu'il y a de
bien encore avec Okkervil
River c'est que leur
style est comme la voix
du chanteur, il a
bien du mal à se
limiter à ce à quoi
on pourrait un moment
l'assimiler. Bien sûr le banjo, l'accordéon,
la guitare acoustique
omniprésente, bien sûr tout
ce petit monde américanisé tente de nous faire croire à un
groupe alt-country. Mais
les écarts de violence sont tellement
bruts, les explosions
de décibels font tellement de dégâts, à côté des
petits refrains aériens dont le groupe est capable qu'il
faudrait un article entier
pour concevoir une étiquette à sa
mesure. Ce qu'il y a
de surtout bien pour
finir avec Okkervil River,
c'est que, parmi les
nombreux paradoxes que
soulève leur
musique (Comment une
même chanson peut surprendre à chaque écoute
? Comment autant de bonnes
chansons peuvent obéir aux mêmes
principes fondateurs
? Comment un disque ne
peut être composé que
de meilleures chansons
?) on n'aura jamais vraiment
terminé de
lister ce qu'il y a de
bien chez eux...
Jean-Charles Dufeu
Black Sheep Boy
For Real
In a Radio Song
Black
Get Big
A King and a Queen
A Stone
The Latest Toughs
Song of Our So-Called Friend
So Come Back, I Am Waiting
Glow
Missing Children
No Key, No Plan
Garden
Black Sheep Boy #4
Another Radio Song
Forest
Last Love Song for
Now
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