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PONI HOAX - Poni Hoax
(Tigersushi /
Discograph) [site] - acheter
ce disque
Avec
leurs manières de dandys cultivant la nostalgie des années
80 (celle des soirées à l'Hacienda et au Palace),
les cinq membres de Poni
Hoax passeraient presque
pour de parfaites têtes à claques
opportunistes. Ce serait évidemment
céder un peu vite aux préjugés sur ce genre
de groupes qui se complaisent à remonter le temps avec plus
ou moins de bonheur.
Je pense, pour ne pas
les citer, à The
Infadels, Clor, The Editors,
The Film, etc. Certes,
les Poni Hoax ont
des costumes cintrés, des synthés vintage
et le goût des pochettes frime et toc. Certes, ils aguichent
très bien avec des titres vénéneux comme "She's
on the Radio", "Involutive Star", "L.A. Murder
Hotel" tournés vers une sorte de punk-funk blanc et
groovy. Certes, ils savent
aussi draguer les clubbers
de la capitale avec
leur titre "Budapest",
hymne house décadent
qui a déjà tourné sur les platines des DJ
du monde entier. Certes,
en signant sur le label
electro pop Tigersushi,
ils montrent qu'ils aiment
se frotter à la
hype et à la
désinvolture. Mais, tous ces "défauts" ne
font pas de Poni Hoax,
quintet parisien stylé, un mauvais
groupe prétentieux et anecdotique. Bien au contraire. Emmené par
un duo improbable - le
chanteur dandy Nicolas
Ker et le saxophoniste
Laurent Bardaine,
affilié d'ordinaire à l'écurie
Chief Inspector -, cette
formation émerge des profondeurs
de l'underground urbain
après avoir reçu les honneurs
de la compile CQFD et
rivalise avec ses homologues
anglais. Cela tient d'abord
au fait que tous sont
d'excellents musiciens
de formation (jazz pour
la plupart), ce qui leur
permet de manier les
genres house, dark-wave
et post-punk avec
aisance. Cela tient,
ensuite, au charisme
du chanteur et à sa voix
racée convoquant
les fantômes
de Ian Curtis et de Jim
Morrison. Enfin, cela
tient à cette
désinvolture étudiée qui cache une sincérité parfois
désarmante. Ainsi, le groupe n'aime rien tant que se la
jouer sur un titre déchaîné puis, l'instant
d'après, balancer une ballade tire-larmes ("Carrie
Ann"). Au plus fort de l'euphorie, il lui arrive même
de parodier les Doors
("Drunks and Painters on Parade"),
sans mauvais goût aucun, même si plus loin il s'égare
de manière incongrue dans le jardin de Yann Tiersen ("Le
Fil du Temps"). Bref, Poni Hoax ne choisit jamais entre la
piste de danse et la
fosse enfumée, au contraire, il préfère
le grand écart, quitte à faire craquer ses coutures
et à renier certains traits de caractère, comme cette
tension nerveuse et épileptique affichée en concert.
Sans avoir réalisé l'album parfait - fin enlisée,
production aseptisée, exercice de style trop appuyé -,
il démontre qu'avec un peu de rouerie et d'habileté,
on peut parfois jouer
de la musique comme on
joue au poker, en bluffant
tous ses adversaires.
Luc Taramini
She's on the Radio
Budapest
Carrie Ann
Involultive Star
Cheerleader in My Dreams
Drunks and Painters on
Parade
I Shall Take it Anyway
L.A. Murder Motel
She Sells Anger
Le Fil du temps
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