Prodigy - Always Outnumbered, Never Outgunned

03/11/2004, par Gabriel Marian | Albums |
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PRODIGY - Always Outnumbered, Never Outgunned
(XL Recordings/ EMI)

PRODIGY - Always Outnumbered, Never OutgunnedSoyons pragmatiques: l'achat d'un album de Prodigy devrait être remboursé par la sécu, du moins pour certains patients, et pas seulement les fans inconditionnels. Il n'y a rien de mieux pour se retaper lors d'une déprime ou d'un accès de lassitude. Un ou deux morceaux, pas plus, et c'est reparti comme en 14. Alors que plus personne n'osait attendre un retour convaincant de ces "Voodoo People", alors que les autres titans du rythme britannique semblent s'enliser dans des suites sans sel ni poivre (voir Underworld, Orbital, The Chemical Brothers), leur nouvel album prouve que Prodigy sait toujours faire naître le groove et l'excitation, faire bouger les pieds et réveiller l'oreille. Même si Liam Howlett, le dernier à être resté aux commandes du groupe, n'arrive pas à faire mieux que par le passé, il parvient au moins à faire aussi bien. De toute façon, ceux qui détestent n'aimeront toujours pas, et les fans seront contents de retrouver la même formule avec quelques variations. Dans un sens, c'est comme pour Björk : elle explore les mêmes territoires, mais elle y va à chaque fois par d'autre chemins. Howlett choisit un côté plus punk, mais il prouve qu'il écoute aussi ce qui se fait en électro ces dernières années : il joue avec des samples sophistiqués (une boucle de flûte distordue - cette freakin flute qui fait penser à un riff eighties accéléré, sur "Wake up Call"), de savants bruitages parasites, des pastiches comme le rythme du "Thriller" de Michael sur "The Way it Is", mais il parvient à construire un ensemble plus cohérent que le "Kish Kash" de Basement Jaxx. Sinon, on retrouve les marques de fabrique et les gimmicks habituels de Prodigy, des contrastes amusants entre le fond hard-électro et des détails clinquants d'un rétro presque kitsch, des citations simili-ethno (sur "Medusa's Path" ou "Phoenix", rappelant le légendaire "Smack my Bitch up") et des voix à l'éclat surexposé (Juliette Lewis, Louise Boone, Liam Gallagher). Le seul petit souci, c'est le dosage : comme pour les antibiotiques, c'est pas automatique, et on ne peut pas en écouter trop à la fois. Sinon, ça devient toxique et en plus, le cafard risque de développer par mutation une résistance au traitement.

Gabriel

Spitfire
Girls
Memphis Bells
Get up Get off
Hotride
Wake up Call
Action Radar
Medusa's Path
Phoenix
You'll be Under my Wheels
The Way it is
Shoot down

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