Sunset Rubdown - Random Spirit Lover

21/12/2007, par Jean-Charles Dufeu | Albums |
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SUNSET RUBDOWN - Random Spirit Lover
(Jagjaguwar / Differ-Ant) [site] - acheter ce disque

SUNSET RUBDOWN - Random Spirit LoverEn observant d'un peu près la pochette de ce troisième disque de Sunset Rubdown, on distingue, derrière une façade de néons, de lettres et de couleurs diverses, la silhouette d'une femme, ou d'un enfant, peut-être même des deux à la fois, dans les habits d'un improbable prestidigitateur. Effet lynchien garanti et bande-annonce réussie de ce qu'on découvre, plus tard, en écoutant le disque. De couleurs, vives, bariolées, criardes et aveuglantes, la musique de Sunset Rubdown en est chargée jusqu'à l'overdose. L'ouverture des portes, par laquelle l'auditeur s'engouffre au son de "The Mending of the Gown", est une flamboyante invitation, où un piano nerveux et un riff de guitare espiègle se chamaillent joyeusement, un peu comme si "Songs for Drella" avait été écrit pour une naissance et non un enterrement. Mais avancer plus loin dans le disque, c'est aussi accepter de plonger dans l'atmosphère nocturne qui l'enveloppe, au delà des clignotements et halos divers qui en font l'apanage le plus voyant. C'est toucher même d'une oreille quelque chose de foncièrement plus troublant, ce souffle à la limite du surnaturel qui donne de la beauté à la confusion et harmonise avec quelques couplets l'idée de chaos. "If Chaos is yours, then Chaos is mine" (Winged/Wicked Things), chante ici la voix chevrotante de Spencer Krug, increvable barde rock probablement doué d'ubiquité (outre ce "projet solo" Sunset Rubdown, Spencer Krug est un élément clé de Wolf Parade, Swan Lake et Frog Eyes). On devine, derrière la cascade de sons enchevêtrés par les claviers, les guitares, les percussions et la voix, un élément de pure magie qui parvient à conférer à l'ensemble, non seulement forme esthétique, mais un intense flamboiement, traversé de volutes chamaniques diffuses et de saillantes joutes tribales servant les mélodies. Tout est un peu bizarre et désordonné, mais profus et homogène à la fois. Comme une kermesse de village frappée par la foudre, la musique de Sunset Rubdown est théâtrale et grandiose, improbable et dégoulinante. Les paroles suivent cette (absence de) logique et invoquent un univers mythologique où l'on croise serpents, fantômes et pléthore d'images incompréhensibles. On imagine le chef d'orchestre mener tout son petit monde bien à part avec ce que le projet impose de ferveur, fièvre et folie du bout de sa baguette... Magique, forcément.

Jean-Charles Dufeu

The Mending of the Gown
Magic vs. Midas
Up on Your Leopard, Upon the End of Your Feral Days
The Courtesan Has Sung
Winged/Wicked Things
Colt Stands Up, Grows Horns
Stallion
For the Pier (and dead shimmering)
The Taming of the Hands that Came Back to Life
Setting vs. Rising
Trumpet, Trumpet, Toot! Toot!
Child-Heart Losers

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