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SUNSET
RUBDOWN - Random Spirit Lover
(Jagjaguwar
/ Differ-Ant)
[site]
- acheter
ce disque
En
observant d'un peu près la pochette de ce troisième
disque de Sunset Rubdown, on distingue, derrière
une façade de néons, de lettres et de couleurs
diverses, la silhouette d'une femme, ou d'un enfant, peut-être
même des deux à la fois, dans les habits d'un
improbable prestidigitateur. Effet lynchien garanti et bande-annonce
réussie de ce qu'on découvre, plus tard, en
écoutant le disque. De couleurs, vives, bariolées,
criardes et aveuglantes, la musique de Sunset Rubdown en
est chargée jusqu'à l'overdose. L'ouverture
des portes, par laquelle l'auditeur s'engouffre au son de
"The Mending of the Gown", est une flamboyante
invitation, où un piano nerveux et un riff de guitare
espiègle se chamaillent joyeusement, un peu comme
si "Songs for Drella" avait été
écrit pour une naissance et non un enterrement. Mais
avancer plus loin dans le disque, c'est aussi accepter de
plonger dans l'atmosphère nocturne qui l'enveloppe,
au delà des clignotements et halos divers qui en
font l'apanage le plus voyant. C'est toucher même
d'une oreille quelque chose de foncièrement plus
troublant, ce souffle à la limite du surnaturel qui
donne de la beauté à la confusion et harmonise
avec quelques couplets l'idée de chaos. "If
Chaos is yours, then Chaos is mine" (Winged/Wicked
Things), chante ici la voix chevrotante de Spencer Krug,
increvable barde rock probablement doué d'ubiquité
(outre ce "projet solo" Sunset Rubdown, Spencer
Krug est un élément clé de Wolf Parade,
Swan Lake et Frog Eyes). On devine, derrière la cascade
de sons enchevêtrés par les claviers, les guitares,
les percussions et la voix, un élément de
pure magie qui parvient à conférer à
l'ensemble, non seulement forme esthétique, mais
un intense flamboiement, traversé de volutes chamaniques
diffuses et de saillantes joutes tribales servant les mélodies.
Tout est un peu bizarre et désordonné, mais
profus et homogène à la fois. Comme une kermesse
de village frappée par la foudre, la musique de Sunset
Rubdown est théâtrale et grandiose, improbable
et dégoulinante. Les paroles suivent cette (absence
de) logique et invoquent un univers mythologique où
l'on croise serpents, fantômes et pléthore
d'images incompréhensibles. On imagine le chef d'orchestre
mener tout son petit monde bien à part avec ce que
le projet impose de ferveur, fièvre et folie du bout
de sa baguette... Magique, forcément.
Jean-Charles Dufeu
The Mending of the Gown
Magic vs. Midas
Up on Your Leopard, Upon the End of Your Feral Days
The Courtesan Has Sung
Winged/Wicked Things
Colt Stands Up, Grows Horns
Stallion
For the Pier (and dead shimmering)
The Taming of the Hands that Came Back to Life
Setting vs. Rising
Trumpet, Trumpet, Toot! Toot!
Child-Heart Losers
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