Troy Von Balthazar - How to Live on Nothing

03/12/2010, par David Vertessen | Albums |
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TROY VON BALTHAZAR - How To Live On Nothing
(Third Side Records / Discograph) [site] - acheter ce disque

TROY VON BALTHAZAR - How To Live On NothingLettre à Troy : c'est quoi ce Ba(ltha)zar ? Oh... Pas la peine de me regarder avec tes yeux de lapinou déconfit. Comment vivre de rien ? Aurais-tu souscrit à la politique du baron - paresser autant que faire se peut, chaque pas te conduisant inexorablement vers une fin certaine ? Désolé de te tenir ces propos, un peu durs, j'en conviens, mais ce "How to Live on Nothing" me laisse sur ma faim. On ne gaspille pas la nourriture, surtout quand on a des mains en or, comme toi ! Tu nous ouvres l'appétit à coups de pépites qui fondent en bouche comme le meilleur des chocolats belges, puis, histoire de combler les trous béants, tu nous sers de la tambouille melliflue, certes bourrative, mais ô combien dispensable.

Ça commençait pourtant divinement bien : un gros "Catt" rugit pour introduire une magnifique ballade dans laquelle tu mêles ta voix à celle de la douce Adeline Fargier Jasso ; c'est intimiste et à l'orée jouissive du faux, juste comme il faut ; bref, t'es dans le vrai. Tu poursuis avec un titre "Very Very Famous" que le regretté Elliott Smith n'aurait pas renié, dont j'aime beaucoup - pour la manière dont il est placé musicalement - le finale vocal ("yeah... that stair goes nowhere") - le détail qui fait la différence ! Ensuite, tu bois à outrance pour éloigner "The Tigers" en susurrant quelques mots par-dessus les notes fébriles d'un piano, rattrapé par un clavier et des guitares ensommeillés, et une boîte à rythmes lo-fi, déglinguée - c'est planant. Tu me sors de ma léthargie avec l'entêtant "Hapiness and Joy", puis tu (re)titilles le spectre d'Elliott ("To a Girl With One Wing Gone") que tu couronnes de petites notes - de guitare - bien personnelles. Excepté "Diamond Brain" - néanmoins passable -, on peut dire que la magie perdure jusqu'à la saccadée "In Limited Light", décadente à souhait avec ses guitares saturées et ses nappes d'électro, tamisées. Ça part en vrille avec "Wings" : tu nous la joues "j'immortalise, à la volée, un moment divin improvisé" ; seulement, voilà, entre un souffle monstre et un peu de gratte basique sans intérêt, il n'y a rien de transcendant. Tu continues de pédaler dans la semoule avec l'insipide "Communicate", puis, dans ta dégringolade, tu t'adonnes à une resucée rock ("Santiago") dénuée de subtilité. Tu grappilles encore 30 secondes avec "S" qui n'est autre que l'enregistrement inutile de quelques mots, débités par une voix féminine. L'espoir renaît avec le très mélodique "Dots and Hearts" - que vient, à nouveau, magnifier la voix gracieuse d'Adeline Fargier Jasso -, mais s'éteint aussitôt avec le morceau de clôture, flanqué de quelques accords de guitare sèche ennuyeux et de choeurs babas cool - forcément rasant, donc !

Quelques faîtes m'ont donné le frisson, mais globalement, j'en attendais plus de toi. Qui aime bien châtie bien !

David Vertessen

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A lire également, sur Troy Von Balthazar :
l'interview (2009)
la chronique de "3 EP" (2009)
la chronique de "Troy Von Balthazar" (2005)

Catt
Very Very Famous
The Tigers
Happiness and Joy
To a Girl With One Wing Gone
Mt. Balthazar
Diamond Brain
In Limited Light
Wings
Communicate
Santiago
S.
Dots and Hearts
Infinity Face


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