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VIC
CHESNUTT - North Star Deserter
(Constellation
Records) [site]
- acheter
ce disque
Bon,
avouons-le tout net, j'avais un peu décroché
des précédents albums de Vic Chesnutt, après
cet âge d'or des années 1990 qui avait culminé
avec "Is the Actor Happy?" ("About to Choke"
était un peu en deçà, ainsi que "The
Salesman and Bernadette" en 1998, malgré certains
très beaux morceaux). Alors ne boudons pas notre
plaisir, nous sommes très heureux de voir revenir
cet artiste sur le devant de la scène, surtout avec
un album d'une telle qualité. En effet, pour se renouveler,
celui-ci a fait appel aux Canadiens de A Silver Mt. Zion
/ Godspeed You! Black Emperor et autant les chansons de
l'Américain prennent de l'ampleur grâce à
la créativité des membres du label Constellation,
autant ces derniers profitent du format plus "chanson"
de Vic Chesnutt pour resserrer les mailles de leur musique.
Sans compter que le songwriter d'Athens alterne avec brio
chansons intimes et feux d'artifices sonores : on commence
avec "Warm" et ses paroles entre cruauté
et douceur avant d'embrayer avec "Glossolalia"
dont la fin, avec ses chœurs magnifiquement entremêlés,
est triste et grandiose comme une scène de désolation
dans un film de Kusturica. La suite, ce sont les falaises
de guitares abruptes de "Everything I Say" puis
après "Wallace Stevens", petite comptine
de transition, "You Are Never Alone", autre temps
fort de l'album avec ses paroles déstabilisantes
et ses parties voix superbes. Nouveau changement d'ambiance
avec le très intime "Fodder on Her Wings",
reprise à couper le souffle de Nina Simone et Chesnutt
enchaîne à nouveau les titres très (bien)
habillés ("Splendid", les 8 minutes sous
haute tension électrique de "Debriefing")
et les chansons faussement dénudées comme
"Rustic City Fathers", "Marathon" ou
le très court "Rattle" qui termine cet
album qui étreint autant qu'il étrangle. Un
album dont les cimes sont aussi belles que les abîmes.
Un grand album de Vic Chesnutt.
Christophe Dufeu
A
lire également :
La chronique de "The
Salesman and Bernadette"
La chronique de "Merriment"
(avec Mr and Mrs Keneipp)
Warm
Glossolalia
Everything I Say
Wallace Stevens
You Are Never Alone
Fodder on Her Wings
Splendid
Rustic City Fathers
Over
Debriefing
Marathon
Rattle
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