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Disques

Lamb – Fear of Fours

lamb - Fear of Fours

A l’origine de Lamb, une rencontre improbable: celle d’une chanteuse folk et d’un DJ adepte de rythmes électroniques massifs. Une affaire arrangée, pas vraiment honnête, avait-on pensé avant de découvrir leur premier album. Mais là où d’autres comme Esthero ou Mono ne nous avait offert qu’un trip-hop sans âme, Louise Rhodes et Andrew Barlow profitèrent de leurs oppositions pour créer un son tendu, dépressif, et surtout imprévisible.
Fear of Fours peut donc être vu comme un manifeste de l’anormalité trip-hop, tant les deux compères se plaisent à détruire les structures o˜ on les attendait. Le son s’y fait plus dense, notamment grâce à l’apport d’un contrebassiste et d’un trompettiste. Les breakbeats déjantés, qui oscillent entre drum’n’bass lascive et hip-hop survolté, ne manquent pas à l’appel. Mais là où le jazz technoïde de Red Snapper nous avait étouffé, Lamb fait de ses compositions des pop songs délicieusement dérangeantes. La voix de Louise Rhodes, infantile ou dangereusement cajolante, y est pour beaucoup. On pense donc naturellement à Portishead pour la noirceur et Moloko pour les tons acidulés.
En somme, un album résolument mature, où nos deux monomaniaques ne s’ignorent plus et découvrent dans leurs divergences de vues un ton juste, une unité sonore faite de mélodies et d’anticonformisme salutaire.

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