Loading...
Disques

Télépopmusik – Angel Milk

TÉLÉPOPMUSIK – Angel Milk
(Catalogue / EMI) – achetez ce disque

TÉLÉPOPMUSIK - Angel MilkEn 2002, Télépopmusik lançait un hybride musical qui tentait de secouer le petit monde assoupi de l’électro française. Le disque, très composite, mélangeait douceur vocale, inquiétude électrique et énergie hip-hop, projet qu’on aurait pu taxer de trip-hop tardif s’il n’y avait eu cette manière de cloisonner les ambiances et de changer de style toutes les 5 minutes, ou presque. L’une des meilleures trouvailles de "Genetic World" était la voix d’Angela McCluskey, mais n’oublions pas non plus les arrangements, génétiquement minutieux. Le nouveau disque du collectif (Fabrice Dumont, 2square et Antipop) s’ouvre d’ailleurs avec les susurrements de la même voix, comme pour signaler une continuité dans l’évolution. A part le choix toujours inspiré des chanteurs, ce qui fascine dès le début sur cet album (il faut l’écouter au casque !) c’est le travail sur les textures sonores. On découvre, étonné, que les tympans peuvent fonctionner à la façon des bouts des doigts : chaque morceau offre au contact des oreilles, ou du cerveau, des surfaces acoustiques, tantôt rêches, tantôt lisses, mais chaque fois surprenantes. Musicalement, le groupe fait preuve d’une égale inventivité mélodique et approche parfois des territoires qui évoquent l’Islande sonore d’une Björk, sans la voix de Björk (sur "Stop Running Away"). Alors que "Genetic World" semblait se disperser un peu à force d’explorer dans toutes les directions, "Angel Milk" est plus homogène et cohérent, un style a émergé depuis, qui relie tous les morceaux : même le rap se fait caressant,  façon Télépopmusik. Pourtant, la confirmation indéniable qu’ils font plus que composer de belles chansons, c’est la tendance constante à remettre en cause, en les détournant, l’idée traditionnelle de morceau ou l’identification de l’époque de l’enregistrement (dans un même morceau, la production paraît désuète puis ultra léchée). "Love’s Almighty" commence sur un fond de cordes feutrées bossa-orchestre, manière Rita Hayworth dans "Gilda", s’interrompt brutalement (comme lors de répétitions) et reprend en style big-band, cuivres éclatants et ambiance James Bond. Le fil rouge qui lie ce collage disparate : la voix d’Angela McCluskey. Ailleurs, comme sur "Genetic World", cette voix est elle-même soumise à des modifications rétro-futuristes. Les deux derniers morceaux sont de vrais cadeaux (pas comme les bonus-tracks) : les pistes de 6:38 et de 15 minutes, s’ouvrant par un petit encouragement, restent entièrement vides, un long silence à remplir par chacun à sa façon. Si on rajoute à ça d’autres curiosités et petites merveilles, on comprend que, même s’ils n’auront peut-être jamais une "Victoire de la musique", les expériences de Telepopmusik s’affirment comme le fer de lance d’une post-french-touch en train de naître. Comme le dit la voix d’avant le silence : "From here on to the end, you’re on your own. Have fun, and good luck!" 

Gabriel

Don’t Look Back
Stop Running Away
Anyway
Into Everything
Love’s Almighty
Last Train to Wherever
Brighton Beach
Close
Swamp
Nothing’s Burning
Ambushed
Hollywood On My Toothpaste
Tuesday
Another Day
15 Minutes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.