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Disques

La Féline – Adieu l’enfance

La Féline - Adieu l'enfance

Un nom qui a souvent tourné dans les sphères musicales que j’apprécie, mais avant la compilation La Souterraine vol.1, je n’avais pas posé l’oreille sur le projet de la Française derrière La Féline (décidément, c’est un truc de félin que d’être difficile à capturer…). Puis le titre « Adieu l’enfance » a fait son entrée dans mon univers, amenant tout d’un bloc une belle sincérité, une simplicité réelle autour de la voix frêle et touchante d’Agnès Gayraud.

Cru, le disque peut sembler l’être : il est surtout délesté de toute production trop riche, d’instruments empilés jusqu’à ne plus les distinguer. Ici, tout est clair, limpide : une basse, une guitare, un clavier et une boîte à rythmes, pour le choix de l’épure, qui sied on ne peut mieux aux chansons, aux textes, et en aucun cas n’empêche une belle variété. Si les teintes dans lesquelles se déclinent l’album sont celles de l’introspection et plutôt sombres, il subsiste toujours des traces d’un ADN pop, qui amène une belle singularité à l’album.

Celui-ci passe d’un style à un autre sans jamais basculer complètement, en gardant toujours la bonne mesure dans son dénuement pour en faire ressortir l’émotion, qu’elle soit complètement à vif (“Dans le doute”, presqu’intimidant avec ces notes de basse qui s’égrènent lentement, “Rêve de verre”, “Moderne”) ou portée par un élan post-punk (“Midnight”, “Adieu l’enfance”). En effet, Agnès Gayraud ne s’empêche absolument pas de rechercher une expression autre que celle du domaine de la confession, il y a une volonté de faire appel au corps, de donner aussi une enveloppe charnelle aux chansons, bref de rendre ça vivant. La Féline ne verse certes jamais dans l’exubérance, mais elle sait nous inviter à danser au rythme de l’urgence (“La Fumée dans le ciel”, “Les Fashionistes”). Avec talent, elle nous amène aussi à nous laisser porter, à ne pas dissocier une forme très pure, dans sa quasi-naïveté, et une belle profondeur qui touche au coeur (“Le parfait état” referme le disque sur un magnifique passage de douceur). Ce mélange subtil n’en garde pas moins une belle évidence, celle d’un disque de mélodies, de textes, de chaleur et de froideur, qui ne s’encombre pas d’une inutile complexité : “Adieu l’enfance” va droit au coeur et y reste longtemps.

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